Zimbabwe: Des médecins manifestent après la disparition d'un de leurs collègues

Hôpital Central de Harare

Plus de 200 personnes ont manifesté ce 16 septembre dans les rues de la capitale du Zimbabwe pour dénoncer la disparition deux jours plus tôt d'un de leurs collègues, le docteur Peter Magombeyi, qui a joué un rôle déterminant dans les grèves du secteur hospitalier.

Plus de 200 médecins et infirmières zimbabwéens ont manifesté le lundi 16 septembre dans les rues de la capitale Harare aux cris de « Pas de Peter, pas de travail ! » pour dénoncer la disparition d'un de leurs collègues.

Président du syndicat des médecins hospitaliers, le docteur Peter Magombeyi est porté disparu depuis samedi soir. Il s'était fait le porte-parole des internes des hôpitaux publics du pays pour dénoncer leurs conditions de travail. « Nous gagnons moins de 100 dollars par mois, explique cette jeune médecin qui n'a pas souhaité donner son nom. Il ne faisait que s'exprimer au nom de tous ses collègues. Transport, nourriture, loyer : nous ne sommes plus en mesure de payer tout cela. Son crime n'a été que de dénoncer nos conditions de travail. Et le résultat est qu'il a été enlevé ».

L'organisation syndicale de Peter Magombeyi accuse les services de sécurité de l'État de l'avoir kidnappé pour son rôle dans une grève qui perturbe le secteur de la santé. Peter Magombeyi, qui dénonçait les bas salaires des médecins, affirmait avoir reçu des menaces de mort ces dernières semaines.

Pire que sous Mugabe

Pour l'avocat Doug Coltard, il ne fait aucun doute que les services de sécurité de l'État sont derrière cet enlèvement. « C'est le même mode opératoire que nous avons pu constater depuis le début de l'année, décrit-il. Des hommes armés, masqués, avec des armes militaires qui forcent la porte des maisons et enlèvent les gens. Pour moi, il est évident que l'État cherche à intimider tous ceux qui dénoncent toute forme d'injustice dans ce pays, que ce soit l'arrestation d'enseignants qui sont devant le ministère des Finances pour déposer une pétition au sujet de leur salaire ou l'enlèvement d'un médecin qui est en train de négocier avec l'État le salaire des docteurs. C'est la même démarche pour intimider toute personne qui ose élever la voix ».

« La situation des droits de l'homme ne s'est pas améliorée dans le pays, poursuit Doug Coltard. Une étude récente menée par une ONG a conclu que depuis l'accession au pouvoir par Mnangagwa, le nombre de violations des droits de l'homme est plus élevé que lors des dernières années du régime Mugabe. La situation des droits de l'homme ne s'est pas améliorée. Bien au contraire ».

Selon le syndicat des médecins hospitaliers du Zimbabwe, 51 personnes qui s'étaient publiquement exprimées contre le gouvernement ont été kidnappées depuis le début de l'année.

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Plus de: RFI

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