Congo-Brazzaville: Gilbert Ondongo - "Ensemble nous allons faire vivre la nouvelle société de transport fluvial "

interview

La République du Congo vient de signer un mémorandum avec la Chine, pour le développement à terme d'une société mixte spécialisée dans l'entretien des voies navigables sur les axes Oubangui et Sangha. Le ministre de l'Economie et du portefeuille public, signataire dudit mémorandum avec la partie chinoise, a évoqué le sujet lors d'une interview exclusive, le 13 septembre, aux Dépêches de Brazzaville.

Monsieur le ministre, pourquoi avoir entrepris cette négociation avec la Chine alors qu'il existe déjà un service commun d'entretien des vois navigables avec la Centrafrique ?

Merci de me donner la possibilité de parler de la société que nous entendons créer avec nos partenaires chinois. Il faut dire qu'il n'y a pas de société formellement existante, on a un service commun d'entretien des voies navigables avec la Centrafrique, constituée en forme de groupement d'intérêt économique (GIE) en 2017 pour une durée de sept ans, en attendant de mettre en place un cadre institutionnel formel.

A l'occasion de la première assemblée générale, on a décidé que le GIE dure quinze ans. Après cela, on s'est rendu compte qu'on a un groupement sans capital, créé en toute hâte sans forme juridique, à la suite de la disparition de l'ATC en 2000 et de l'Agence des transports fluviaux en Centrafrique en 2001.

Comment le Congo compte-t-il concilier les deux sociétés ?

Dernièrement, nous avons discuté avec la ministre en charge du Plan, de la statistique et de l'intégration régionale, celui des Transports ainsi que celui des Finances pour voir quelles étaient les suites à réserver à cette entente entre les deux pays.

Nous avons décidé d'envisager avec nos partenaires, y compris la République démocratique du Congo (RDC) qui utilise le fleuve, de voir ce que l'on pourra faire. Peut-être irons-nous vers la création d'une société anonyme dans laquelle il y aura des participations des trois Etats associées à celles des entreprises privées.

Au lieu d'attendre, puisqu'on n'en est pas encore là, nous prenons de l'avance, nous avons besoin de transport fluvial, besoin de mettre en place cette société. Le capital n'est pas fermé. Si demain les autres pays sont intéressés à s'associer à son exploitation, naturellement nous ouvrirons le capital pour accueillir, par exemple, la République centrafricaine, la RDC ainsi que d'autres actionnaires, institutionnels ou privés, qui voudront nous rejoindre. Ça sera une société anonyme conformément aux règles de l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires.

Cette nouvelle société sera-t-elle financée essentiellement par la Chine ?

Vous savez que nous traversons une situation financière difficile. Actuellement, lorsque nous concluons des partenariats, généralement, notre apport est essentiellement en nature. Ce sont les partenaires publics ou privés qui apportent du numéraire et des moyens techniques.

Ici, nous avons des actifs en matière de transport fluvial qui sont propres au Congo, notamment des bateaux. Ce sont les actifs que nous apporterons au capital de la nouvelle société. Ensemble nous allons la faire vivre.

À quand le démarrage des travaux ?

Certes, il arrive souvent que la signature ne soit pas suivie d'effets concrets sur le terrain. Lors de nos échanges, nous avons fait comprendre à nos partenaires qu'il n'était pas question de s'arrêter à la simple signature mais qu'il y ait une suite concrète. La mission est confiée aux ambassadeurs de Chine au Congo et celui du Congo en Chine, de suivre au plus près l'enchaînement qui permettrait la naissance effective de la société.

Il s'agit, pour notre ambassadeur en Chine, de travailler en étroite collaboration avec la société chinoise, question de s'assurer que les moyens techniques et financiers sont en train d'être réunis. De notre côté, nous allons travailler à préparer les garanties nécessaires demandées par la partie chinoise.

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