Congo-Brazzaville: Gratuité de l'enseignement scolaire - Adolphe Muzito sème le doute avec des chiffres inquiétants

Se fondant sur des chiffres qui constituent l'un de ses domaines de prédilection, l'ancien Premier ministre et président du parti politique Nouvel élan a émis de sérieux doutes, lors de sa rentrée politique le 14 septembre à Kinshasa, quant à l'application de la mesure dès cette année.

La lancinante question de la gratuité de l'enseignement scolaire a constitué l'un des points abordés par Adolphe Muzito, l'un des leaders de la coalition d'opposition Lamuka.

Dans son discours de circonstance autour du thème « L'avenir du Congo en chiffre », le Premier ministre honoraire et ancien cadre du Parti lumumbiste unifié (Palu) , à travers des chiffres, a soutenu l'inapplication cette année en cours de la gratuité scolaire promise par le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, et garantie par la Constitution. En effet, l'article 43 dans son alinéa premier stipule que « toute personne a droit à l'éducation scolaire. Il y est pourvu par l'enseignement national » ; et l'alinéa 5 souligne que « l'enseignement primaire est obligatoire et gratuit dans les établissements publics ».

Si le cinquième président de la République démocratique du Congo tient à l'application de cet article, lui qui prône un Etat de droit en faveur du peuple, Adolphe Muzito avance des chiffres plutôt inquiétants sur l'effectivité de cette gratuité scolaire. Il a fait savoir que sur les sept cent cinquante mille enseignants de la République démocratique du Congo, trois cent mille ne sont pas pris en charge par le Trésor public, étant supportés financièrement par les parents d'élèves.

A ce nombre, a-t-il indiqué, vont s'ajouter deux cent cinquante mille autres enseignants à recruter d'ici à cinq ans, alors que le budget est famélique. Il a affirmé que l'Etat débourse chaque année cinq cent quarante millions de dollars américains en termes d'enveloppe salariale des enseignants. Les parents d'élèves, eux, supportent les enseignants non payés par l'Etat à hauteur de trois cent soixante millions de dollars américains, en plus de trois cents millions de dollars à ajouter si l'on doit recruter d'autres enseignants.

Selon des analystes du budget, le coût annuel global de la gratuité scolaire avoisinerait les trois milliards de dollars américains. L'on attend voir son exécution qui serait un signal fort du président Félix Antoine Tshisekedi pour marquer la rupture entre son pouvoir et le précédent au niveau de la gestion financière de l'enseignement scolaire.

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