Cote d'Ivoire: Lutte contre le terrorisme - L'ancien président nigérien donne des pistes de solution

16 Septembre 2019

Les défis sécuritaires, eu égard au fléau que constitue aujourd'hui le terrorisme, sont énormes, aussi bien au Niger que dans la plupart des pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre. Mahamane Ousmane, ancien chef d'Etat nigérien (1993-1996), déplore la persistance de cette gangrène, avant de tracer des pistes de solution.

«Dans plusieurs parties du territoire national, subsistent des troubles causés par Boko Haram, au niveau de la frontière avec le Nigeria et le Tchad. Au niveau du voisinage avec le Burkina Faso et le Mali, sévissent des groupes terroristes comme Ansar din... Bref, le Niger se trouve confronté à des défis sécuritaires qui vont au-delà de ses frontières», a-t-il fait remarquer, au cours d'un entretien que nous avons eu avec lui, hier, à Abidjan.

Il a salué les synergies d'actions que mènent les différents Chefs d'Etat des pays touchés, dans l'optique de lutter farouchement contre le djihadisme. «La présence des terroristes dans nombre de pays a conduit à la mise en place d'un certain nombre d'organes et d'institutions tels que le G5 Sahel. Il s'agit de conjuguer les efforts des Etats, de mutualiser les moyens de préventions et de lutte, pour atténuer les effets», a-t-il indiqué.

Mais, pour l'ancien président du Niger, en plus de ces actions louables, d'autres pistes méritent d'être explorées, à fond. Il recommande dans ce sens que soit menée, au mieux, la lutte contre le chômage des jeunes. «Imaginez un instant qu'un Etat créé un environnement adéquat offrant des occupations décentes, des millions d'emplois, aussi bien pour les diplômés que les non diplômés, aussi bien également pour les jeunes que les moins jeunes, chacun à la mesure de ses capacités, les recruteurs, les vendeurs d'illusion et les trafiquants n'auront plus l'occasion de trouver des oreilles attentives», a-t-il fait remarquer.

La conséquence, poursuit l'ancien homme d'Etat, c'est que les jeunes, proies faciles de ces recruteurs et vendeurs d'illusions, seraient sainement occupés par leurs différents emplois, au point que, « il n'y aurait plus de personnes oisives à recruter à loisir » pour la cause terroriste. «Pensez-vous, comme c'est le cas aujourd'hui, qu'il y aura des fuites massives de cerveaux et de bras valides qui désertent leurs propres terroirs, pour des aventures incertaines, au risque de leur vie ? », s'est-il interrogé. «Je pense que non», a-t-il rétorqué, en assurant qu'il s'agit avant tout d'attaquer le mal à la racine.

Mieux, poursuit-il, la question d'insécurité se trouve «intimement liée aux choix stratégiques et aux priorités des programmes politiques de développement, non seulement dans nos pays pris de façon isolée, mais aussi au niveau des communautés de nos pays», a-t-il précisé.

Mahamane Ousmane préconise, par ailleurs, que soit prise en compte, au titre des solutions contre le terrorisme, la mise en place de systèmes scolaires, universitaires et de formations professionnelles performants. L'objectif étant de donner aux enfants et aux jeunes des formations conséquentes, pour des lendemains meilleurs.

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