Afrique: Automobile - L'Afrique en voie de mettre fin au marché de seconde main

Les constructeurs occidentaux et japonais se sont regroupés pour faire pression sur les autorités locales et tenter d'inverser la tendance du marché continental de l'occasion.

"Toute l'Afrique ou presque circule en voitures d'occasion, robustes et réparables", écrivait Le Monde en 2007. L'Afrique est l'un des plus gros consommateurs de ce type de véhicules. Elle en importerait chaque année entre trois et quatre millions, rapporte l'agence Ecofin. Ce phénomène constitue un obstacle majeur sur la route des constructeurs en quête d'un relais de croissance sur le continent.

BMW, Volkswagen, Toyota, Nissan et autres se sont associés pour faire pression sur les pays africains afin de réduire les importations de véhicules. Elles ont créé l'Association of african automotive manufacturers (AAAM), dont l'action commence à porter ses fruits.

Thomas Schäfer, responsable des activités de Volkswagen en Afrique, évalue le marché potentiel des voitures neuves en Afrique subsaharienne entre trois et quatre millions d'unités, contre quatre cent vingt mille vendues en 2017. Mais pour parvenir à cet objectif, il faudrait réduire la proportion des véhicules d'occasion ainsi que les prix des modèles neufs. Dans le même temps, la population et les revenus des ménages en Afrique augmentent rapidement, ce qui accroît leur capacité à acheter des voitures neuves.

Un rapport de la Banque africaine de développement et de l'Organisation de coopération et de développement économiques indique que le continent compterait désormais trois cent cinquante millions de personnes appartenant à la classe moyenne. Le Kenya, le Nigeria et le Ghana sont considérés par l'AAAM comme des pôles potentiels de production. Le Nigeria envisage de taxer à 70% les véhicules neufs entièrement produits ailleurs afin de stimuler la demande pour la production locale. Ce projet de loi n'a pas encore été approuvé. Au Kenya, les constructeurs seront exonérés de droit d'importation et bénéficieront d'un allégement fiscal de 50%.

Le gouvernement kényan prévoit de réduire les importations de voitures de plus de trois ans d'ici à 2021. Cette mesure pourrait entraîner un doublement du prix des modèles milieu de gamme importés, dénonce, cependant, la Kenyan auto bazaar association(Kaba), un groupe de pression de trois cents membres.

"La classe moyenne ne pourra pas posséder un véhicule de son choix", déplore la Kaba. Une baisse des recettes fiscales tirées des véhicules d'occasion importés pourrait représenter aussi un problème pour certains pays africains en cas de durcissement des règles. Autre problème : le manque d'infrastructures routières. La situation est telle que "l'Afrique subsaharienne est la seule région du monde où la densité routière a baissé au cours des deux dernières décennies", constatait la Banque mondiale en 2017. Pour autant, les pays du continent semblent en avoir pris conscience puisque ces équipements absorbent désormais "les deux tiers des investissements d'infrastructure consentis dans la région".

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