Sénégal: 25ème rencontre de la commission cellulaire sur le processus électoral, ce mardi - Le bulletin unique suspendu à la volonté de la majorité

17 Septembre 2019

La Commission cellulaire chargée de conduire les travaux de concertation sur le processus électoral va tenir aujourd'hui, mardi 17 septembre, sa 25e réunion de travail consacrée à l'introduction du bulletin unique dans le processus électoral. Cette rencontre s'annonce décisive en ce sens que le Général à la retraite, Mamadou Niang, président de ladite Commission cellulaire va tenter d'obtenir l'accord de la majorité, le seul des trois acteurs du dialogue politique à rejeter le bulletin unique.

Ce jour du mardi 17 septembre s'annonce décisif pour les acteurs du dialogue politique engagés au sein de la Commission cellulaire chargée de conduire les travaux de concertation sur le processus électoral. En effet, après l'échec des échanges sur la question de l'introduction du bulletin unique dans tous les types d'élections au Sénégal noté la semaine dernière du fait du véto des représentants de la majorité qui l'ont rejeté sans réserve, le Général à la retraite Mamadou Niang, président de ladite Commission cellulaire et ses collègues facilitateurs vont tenter aujourd'hui d'obtenir un accord entre les différentes parties sur cette question qui alimente le débat à la veille de chaque élection au Sénégal. Toutefois, il faut dire que cette tâche risque de ne pas être facile. Pour cause, il n'est pas écarté de voir cette deuxième rencontre sur cette question connaitre le même sort que celle tenue la semaine dernière. Et ce, en dépit de la position favorable des membres du pool des non-inscrits et leurs collègues de l'opposition.

Pour rappel, des 3 pôles politiques engagés dans ces concertations sur le processus électoral, il n'y a que la majorité qui rejette le bulletin unique. D'ailleurs, interpellé hier, lundi, un membre de ce pool de la majorité qui a requis l'anonymat, tout en soulignant que «chacun vient avec ses positions mais en fonction des argumentaires des uns et des autres, chacun va lâcher du lest», précise que son pool a besoin qu'on lui présente des «arguments techniques, des arguments comparatifs» en mesure de le convaincre que le bulletin unique est une avancée majeure pour notre démocratie. «Le Sénégal est une démocratie majeure. Il n'a pas de leçons à recevoir des autres. Toutefois, on est ouverts si les uns arrivent à nous convaincre que le bulletin est une avancée majeure pour notre démocratie, un gain économique et que ça permet aux électeurs de mieux voter. Pour le moment, on ne me convainc pas. Donc, on attend d'en discuter encore une fois en commission pour arriver à une position», a-t-il précisé.

Cependant, il faut dire que cette position de la majorité n'ébranle pas l'espoir des membres des deux autres pools de voir la rencontre de ce jour aboutir sur un consensus autour de cette question. C'est le cas pour Déthié Faye, coordonnateur du pool des non-alignés pour qui l'intérêt du Sénégal finira par prendre le dessus. «Nous considérons que jusqu'ici, c'est des positions qui sont défendues mais que l'intérêt du Sénégal finira par prendre le dessus comme c'est le cas avec le report des élections locales proposé par le pool de des non-alignés. Car, ce report n'aura de sens que si la classe politique parvient à des consensus forts, notamment sur le bulletin unique».

Sous ce rapport, il invite la classe politique à se battre pour qu'il ait un maximum de consensus qui permettra d'avoir un code électoral consensuel qui fera oublier celui de 1992. «Tous les acteurs politiques doivent comprendre les enjeux de ces concertations qui ne sont autre chose que d'avoir un code électoral qui nous fera oublier celui de 1992. Pour y parvenir, aucune entité ne devra avoir une position figée. Il faut qu'il y ait des concessions de part et d'autre si nous voulons vraiment aller dans le sens de l'amélioration de la démocratie sénégalaise par la mise en place d'un nouveau code électoral consensuel».

QUESTION « QUI NE DEVAIT SOULEVER DEBAT », DIXIT SOURANG DU FRN

Abondant dans le même sens, Moctar Sourang, Coordinateur du Front de résistance nationale (Frn) soulignant que tous ceux qui étaient dans l'opposition ont accepté le bulletin unique, estime que cette question ne devait même pas soulever débat.

Poursuivant son propos, le Coordinateur du Front de résistance nationale d'ajouter dans la foulée qu'il y a beaucoup plus d'avantages que d'inconvénients du bulletin unique. «Aujourd'hui, ce bulletin unique est pratiqué dans toute la sousrégion tout simplement parce qu'il présente beaucoup d'avantages. Et je peux citer autres avantages, l'économie de l'argent utilisé dans l'organisation des élections, notamment au niveau de l'impression des bulletins mais aussi la facilitation du processus de vote, ce qui pourrait impacter positivement sur le nombre de votants. Il est également un moyen efficace de lutte contre la corruption électorale. Car, tout le monde sait que le jour des élections, les bulletins des candidats adversaires sont échangés avec de l'argent à l'extérieur des centres de votes et cela est l'œuvre des partisans des régimes en place», a fait remarquer Moctar Sourang.

Par ailleurs, soulignant que « nous attendons à ce que le bulletin unique soit introduit dans le système électoral», ce membre de l'opposition partie prenante à ces concertations électorales dit également rejeter l'argument du «faible taux de scolarisation de la population sénégalaise» évoqué par la majorité pour justifier son refus. Pour cause explique -t-il, «la population sénégalaise est suffisamment informée. La preuve, on les voit tous les jours utiliser sans problème les fonctionnalités des smartphones, faire des transactions financières via leur téléphone portable et envoyer des messages via WhatsApp».

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Sud Quotidien

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.