Cameroun: FIFF 2019 - Une pionnière couronnée

L'actrice, réalisatrice et productrice ivoirienne Akissi Delta honorée pendant la première édition de ce festival de films de femmes dont elle est la marraine.

Akissi Delta repart de Cotonou doublement honorée. Après avoir été désignée marraine de la toute première rencontre cinématographique béninoise dédiée aux femmes, la réalisatrice de la série populaire « Ma famille » a été auréolée d'une distinction honorifique par le comité d'organisation du Festival international des films de femmes de Cotonou (Fiff Cotonou). Le prix lui a été décerné le 14 septembre 2019 au terme d'une journée à elle consacrée, avec notamment une master class sur la production de film et la diffusion de ses deux séries à succès « Ma Famille » et « Ma grande famille ». Cette nouvelle distinction vient s'ajouter à la longue liste de prix qu'elle a glanés depuis le début de sa carrière en 1977 en tant que figurante dans un film. Et pourtant, rien ne prédestinait « la fille de Dimbokro », comme l'appellent affectueusement ses amis, à devenir une célébrité du 7e art africain.

Née en 1960 dans le Centre-Est de la Côte d'Ivoire, Loukou Akissi Delphine n'a pas été scolarisée. Sa tante lui apprend à manier la langue de Molière alors qu'elle vit chez elle à Abidjan. C'est également cette dernière qui la présente à Léonard Groguhet, célèbre comédien ivoirien et fondateur de la troupe « Comment ça va ». Séduit par la simplicité, la politesse et la bravoure de Delta, il lui propose un rôle de figurante. Après quelques figurations au cinéma, elle suit une formation en hôtellerie puis travaille dans un hôtel d'Abidjan. Sa passion pour la cuisine a failli la séparer de son premier amour, le cinéma. Son cousin, le réalisateur franco-ivoirien Henri Duparc, la ramène au 7e art. Il écrit un rôle sur mesure pour elle dans « Rue Princesse ».

Mais c'est en 1994 qu'elle explose dans l'émission « Qui fait ça ». Elle enchaîne alors les plateaux. En tant qu'actrice, elle incarne des personnages dans « Comment ça va », la série satirique créée par Léonard Groguhet, mais aussi dans « Bal Poussière », « Caramel » et « Joli coeur » d'Henri Duparc, « Bouka » de Roger Gnoan Mbala et « Afrique mon Afrique » du regretté Idrissa Ouédraogo, entre autres. Derrière la caméra, elle a produit et réalisé « Ma famille », « Ma grande famille » et enfin « Le secret d'Akissi ». Après cette dernière, elle mettra un terme à sa carrière de réalisatrice.

Malgré sa notoriété, elle reste humble et disposée à venir en aide à tous ceux qui la sollicitent. Dans ses séries, elle dépeint en général cette souffrance, séquelle d'un violent chagrin d'amour. Elle s'inspire au quotidien de sa vie pour écrire les scénarii de ses films. A 59 ans, « La vieille », comme la surnomment certains cinéastes, n'a pas connu la joie d'avoir un enfant, mais elle profite pleinement de l'amour que lui donnent ses milliers de fans de par le monde. Elle compte ranger sa caméra dans les prochains jours et rencontrer les chefs d'Etat africains afin de les amener à soutenir le cinéma.

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