Mali: "Printemps des routes" - L'Etat s'empresse de réagir

17 Septembre 2019

La colère des manifestants a contraint les autorités à réagir vite pour apaiser les tensions à Kayes dans le sud-ouest ou encore à Ménaka, Gao et Tombouctou dans le nord du pays.

La dégradation avancée des routes et l'insécurité de plus en plus grandissante sur les principaux axes menant au centre, au sud-ouest ou au nord du pays compliquent la vie de la plupart des voyageurs maliens.

Les promesses faites par les autorités pour remettre les routes en état et garantir la sécurité des populations sont restées pour l'instant lettres mortes.

Conséquence : la rue semble déterminée à ne plus rester sans rien faire. C'est ce qu'estime Kalidou Sidibé, enseignant à l'université de Bamako.

"Personnellement cela m'inspire deux choses : la première c'est que la société civile malienne et notamment la jeunesse est en train de prendre conscience de cette situation. C'est donc un éveil de conscience au niveau des jeunes. Deuxièmement, c'est l'impatience qui commence à gagner certains face à l'immobilisme du gouvernement car les chantiers promis ou les promesses faites tardent à se matérialiser."

Le gouvernement s'engage d'ici mars 2020 à débuter les travaux sur la route Gao-Sevaré, un axe incontournable mais presque impraticable vers l'ouest et Bamako.

Yaya Sangaré, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement.

"Hier c'était la route de Kayes, aujourd'hui c'est Tombouctou, c'est Ménaka, c'est Bamako, c'est Gao. Le gouvernement de la République du Mali a conscience des souffrances des populations et reconnait la légitimité de ces actions citoyennes qui sont une façon spécifique de s'exprimer en démocratie. Le gouvernement de la République du mali appelle seulement la jeunesse à plus de retenue dans l'expression de ses revendications citoyennes."

Le texte publié par le gouvernement indique également qu'une escorte sera mise en place à compter de ce lundi (16 septembre) pour les bus empruntant la route Gao-Sevaré qui enregistre des attaques quasi-quotidiennes.

L'exécutif a annoncé en outre, le retour des services de l'Etat à Gao. Des engagements similaires avaient été déjà pris pour les manifestants de Tombouctou.

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