Burkina Faso: Hadj 2019 - Bilan mitigé

Après le retour des derniers pèlerins le 6 septembre dernier, l'heure était au bilan le mardi 19 septembre 2019 à Ouagadougou, à l'hôtel Ramada. Au cœur de la conférence de presse, les pertes de vie humaine ainsi que quelques problèmes logistiques sont ressortis.

Après une prière de l'imam Boubacar Yugo, représentant de la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB), afin que la rencontre se passe bien, ce fut au tour du ministre de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion sociale, Siméon Sawadogo, de faire le point.

Cette année, le hadj s'est déroulé sous la supervision du comité national de suivi du pèlerinage à La Mecque mis en place le 20 mars 2018 pour un mandat de 2 ans. Ce sont ainsi 7246 pèlerins, soit 5125 à Ouagadougou et 2121 à Bobo, qui ont été enregistrés à l'aller.

C'est la compagnie Sky Prime qui a assuré le transport des voyageurs vers l'Arabie Saoudite. Au total, ce sont 22 vols dont 16 à Ouagadougou et 6 dans la capitale économique qui ont été nécessaires pour leur voyage.

Afin d'assurer le bon déroulement de l'accomplissement du 5e pilier de l'islam par les fidèles musulmans, 76 agences de voyages, constitués en 4 groupes, ont été chargés de l'organisation pratique du voyage.

Pour cette édition, 2 agences ont été suspendues. La cause : ces 2 offices auraient encaissé l'argent des pèlerins, mais n'auraient reversé aucun sou au comité, a expliqué Siméon Sawadogo.

Des innovations ont été faites, a confié le ministre de l'Administration territoriale : il s'agit notamment de l'amélioration de la couverture sanitaire par l'augmentation du nombre d'agents de santé, qui est passé de 15 à 25, et des ambulances qui sont maintenant au nombre de 3.

En plus de cela, il y a la déconcentration des visites médicales et de la vaccination avant le voyage.

L'enrôlement des pèlerins pour les e-passeports a également été décentralisé dans les villes de Bobo, Ouahigouya et Fada.

Comme autres changements, il a été évoqué notamment : le rapprochement du site de Mina du lieu de lapidation des stèles ; le changement des plateformes d'inscription des pèlerins ; l'identification de chaque bus par mutawif (tuteur affecté à chaque pays pour la gestion pratique du hadj), par agence de voyage en fonction du nombre de pèlerins ; le meilleur emplacement du site de Arafat cette année au bord de la grande voie au lieu de la colline, le libre choix du transporteur aérien.

Cependant des difficultés ont été également notées. En ce qui concerne le bilan humain, 6 décès ont été enregistrés.

La mort de ces personnes, toutes d'un âge assez avancé, 50 ans environ pour le moins âgé, serait due à plusieurs pathologies : entre autres, des problèmes d'insuffisance rénale, d'hypertension artérielle, a confié Moumouni Zoundi Ilboudo, président du comité national de suivi du pèlerinage.

En ce qui concerne les soucis liés aux bagages, il a expliqué que ceux-ci seraient liés, entre autres, à la présence de produits prohibés dans certains colis et aussi au fait que certains n'avaient pas de propriétaires, ce qui en ferait des colis dangereux.

D'autres contraintes ont été ressorties : essentiellement l'arrêt tardif des inscriptions des pèlerins ; le retard des vols retour ; les multiples modifications des programmes de vol ; le départ tardif des derniers pèlerins d'Arafat pour Mouzdalifa ; la non-maîtrise de la nouvelle formule d'acquisition des visas saoudiens par certaines agences ; la mauvaise occupation des tentes à Mina par certaines agences et la circulation sur les réseaux sociaux d'informations contradictoires tendant à discréditer l'organisation du hadj.

Le cas du pèlerin burkinabè Madi Kanazoé, porté disparu à La Mecque lors du hadj 2015, a également été évoqué.

« C'était lors des bousculades à La Mecque qui avaient occasionné des milliers de décès. Des échantillons ont été prélevés sur les corps et conservés en Arabie Saoudite.

Pour écarter ou confirmer cette hypothèse de décès, nous avons demandé à faire un test ADN afin de le confronter à la liste des archives conservées au niveau de l'Arabie Saoudite », a confié Siméon Sawadogo.

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