Afrique: Commémorations du 400e anniversaire de l'arrivée des esclaves africains aux États-Unis

Photo: wikipédia
Ile de Gorée (Sénégal) - Monument en mémoire de l'esclavage

Le pays fut l'un des principaux points de départ des navires négriers vers le Nouveau monde. Les Afro-Américains profitent de la célébration de l'événement pour aller sur les traces de leurs racines.

L' année 2019 marque les commémorations du 400e anniversaire de l'arrivée des premiers esclaves africains en 1619 aux Etats-Unis. Pour marquer cet évènement, le Ghana a déclaré 2019 "Année du retour". Le pays espère ainsi atteindre le chiffre de 500 000 visiteurs (350 000 en 2018), dont 45 000 Afro-Américains, et inciter nombre d'entre eux à s'installer définitivement dans le pays.

Ce "concept de retour n'est pas nouveau au Ghana. Le premier président du Ghana, Kwame Nkrumah (1960-1966), prônait déjà l'idée de faire revenir " 'à la maison' les membres de la diaspora, incarnant ainsi la vague de panafricanisme et d'unité noire qui a submergé le continent dans les années 1950 et 1960, lorsque la plupart des pays africains ont obtenu leur indépendance de leurs colons européens", précise le site Equal Times.

A l'occasion de ce 400e anniversaire, le Congrès américain a créé une commission spéciale. La présidente démocrate de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, et une délégation du Congressional Black Caucus, le groupe parlementaire composé uniquement de membres élus de la communauté afro-américaine, se sont rendus au Ghana, en juillet dernier. Ils ont marqué un arrêt à la tristement célèbre forteresse de Cape Coast, à 150 km de la capitale Accra, là où les esclaves étaient enfermés avant d'être transportés vers le Nouveau monde.

En 2009, le président américain, Barack Obama, s'était rendu avec sa famille à Cape Coast. "En tant qu'Afro-Américains, nous ressentons dans cet endroit d'un côté une profonde tristesse, et de l'autre le sentiment que le voyage d'une multitude de (futurs) Afro-Américains a commencé ici", avait-il alors déclaré.

Depuis, chaque année, de plus en plus de citoyens américains noirs se rendent au Ghana pour mieux connaître leurs racines. Dans ce pays, les forts et les donjons construits le long de la côte Atlantique témoignent encore aujourd'hui du sort des esclaves envoyés par bateaux en Amérique. Pendant trois siècles, la Côte-de-l'Or britannique, ancien nom du Ghana, a été l'un des principaux points de départ de ce trafic. Les hommes, les femmes et les enfants capturés par les négriers pouvaient parfois parcourir enchaînés 200 km à pied avant d'être enfermés dans ces lieux de détention. Puis, montés à bord des navires, ils ne revoyaient jamais leur pays.

D'après les estimations de l'Unesco, cette traite a déraciné quinze à vingt millions d'Africains. Dans le cadre de cette "Année du retour", des stars noires d'Hollywood devraient effectuer un pèlerinage au Ghana pour clôturer la fin des commémorations en décembre. Mais comme le précise Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, dans un entretien publié sur le site de la BBC: certains experts affirment qu'il ne faut pas trop insister sur l'importance de l'année 1619 car à cette époque, les Africains étaient déjà utilisés dans les plantations de tabac de la colonie anglaise des Bermudes, dans des missions d'exploration d'aventuriers anglais et espagnols en Amérique du Nord et en Amérique du Sud au XVIe siècle.

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