Cameroun: Les avocats disent « ça suffit ! »

communiqué de presse

Les avocats camerounais sont en grève cette semaine pour protester contre l'ingérence des forces de l'ordre dans leur travail et contre les violations des droits de la défense.

Dans un communiqué publié le 31 août, le Conseil de l'Ordre du barreau camerounais a expliqué que les avocats avaient décidé d'organiser une grève de cinq jours pour dénoncer ce qu'ils décrivent comme le déni systématique d'accès à leurs clients dans plusieurs centres de détention du pays, y compris celui du Secrétariat d'État à la défense (SED) à Yaoundé. Les avocats protestent également contre le refus présumé des autorités de reconnaître leurs diverses demandes écrites ou d'y répondre, et s'élèvent contre la détention prolongée et illégale de leurs clients et l'utilisation d'aveux obtenus sous la torture. Dans leur lettre, les avocats disent aussi être « continuellement menacés, arrêtés et détenus » alors qu'ils essaient juste de faire leur travail.

Human Rights Watch a largement documenté l'utilisation généralisée de la détention au secret et de la torture au SED et d'autres violations du droit à une procédure régulière. Récemment, un tribunal militaire a condamné les dirigeants d'un groupe séparatiste à une peine de prison à perpétuité à l'issue d'un procès au cours duquel les prévenus n'ont pas été en mesure d'exercer correctement leur droit à se défendre.

Cette grève intervient environ un mois après une émeute de détenus de la prison centrale de Yaoundé, qui protestaient contre leurs conditions de vie déplorables et contre les retards dans leurs procès. Suite à cette émeute, les autorités camerounaises ont détenu plus de 100 personnes au secret au SED, et ce pendant près de deux semaines. Nombre de ces détenus ont été torturés.

Un avocat nous a confié : « C'est notre manière à nous de dire non aux abus et au déni des droits fondamentaux ».

Les avocats jouent toujours un rôle décisif dans la protection des droits des suspects en détention et des accusés devant les tribunaux, et leur rôle dans la protection des droits humains est déterminant dans le contexte actuel de répression au Cameroun. Ils devraient être autorisés à travailler en toute sécurité, sans ingérence injustifiée, et à rendre visite à leurs clients détenus afin de protéger leurs droits et de préparer leur défense. Cette grève est un signal d'alarme sur l'impossibilité pour les avocats camerounais d'exercer leur métier et sur les violations des droits fondamentaux des détenus au Cameroun.

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