Egypte: Le président égyptien et l'armée visés par des vidéos les accusant de corruption

La guerre médiatique entre le pouvoir égyptien et l'opposition, dominée par les Frères musulmans, a connu une nouvelle escalade en septembre avec la publication sur les réseaux sociaux d'une série de vidéos accusant l'armée de corruption.

Celui par qui le scandale est arrivé s'appelle Mohammed Ali. C'est un entrepreneur en bâtiment, parfois acteur, qui réside en Espagne. Il a publié une série de vidéos accusant l'armée de faire des bénéfices faramineux et illicites en contrôlant le secteur du bâtiment. Il a affirmé avoir été lui-même lésé de dizaines de millions d'euros par les militaires avant de s'en prendre directement au président Sissi accusé de dilapider l'argent du peuple en palais et hôtels de luxe notamment dans la nouvelle capitale administrative. Même s'il n'apporte aucune preuve pour étayer les accusations, ses vidéos sont devenues virales.

Sissi nie en bloc

Les médias égyptiens se sont déchaînés contre Mohammed Ali accusé d'être un escroc qui a fui l'Egypte avec des dizaines de millions d'euros et surtout d'être l'instrument des Frères musulmans cherchant à déstabiliser l'Egypte et son armée par une guerre digitale de quatrième génération. L'annulation par Twitter de dizaines de milliers de faux comptes participant à un hashtag contre le président Sissi est considérée comme une preuve de cette guerre 4G même si des milliers d'autres vrais comptes reprenaient le hashtag. Le président Sissi est lui-même monté au créneau en affirmant que tout ce qui était dit contre l'armée n'était qu'un tissu de mensonges visant à défigurer la nouvelle capitale administrative et tous les projets d'infrastructure entrepris.

Les écarts sur internet sévèrement punis

Pour le moment c'est l'inverse. Le pouvoir annonce des investissements pour accroître la vitesse d'internet. En dehors de pare-feux bloquant quelques deux cents sites plus ou moins liés au Qatar, la navigation sur internet est libre.

Toutefois une loi de 2018 contre le crime digital permet aux autorités de fermer tout site « menaçant la sécurité nationale » et considère tout internaute suivi par plus de 5 000 personnes comme un média. Il peut donc écoper d'une lourde amende et même de prison s'il publie « des informations mensongères ».

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Plus de: RFI

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