Burkina Faso: Machines à sous - Traque à Nouna

Commune de Nouna : «Ces machines qui avalent les sous des jeunes ». Tel était le titre de l'article paru dans notre édition n° 9924 du jeudi 29 août 2019. Eh bien, dans la nuit du lundi 16 septembre dernier, la police a procédé à une traque des casinos flippers à Nouna.

Ces machines qui avaient subitement inondé toute la province avaient causé la montée de l'incivisme. Il était donc temps d'agir.

«La diffusion, l'organisation de toutes formes de jeux de hasard à caractère spéculatif et l'exploitation de tout établissement de jeux de hasard sous quelque dénomination que ce soit sont soumises à autorisation préalable du ministère chargé des finances», dispose la section 1 de la loi numéro 027-2008/AN du 8 mai portant réglementation des jeux de hasard au Burkina Faso.

Ainsi, en plus de leur nature susceptible de porter atteinte à l'ordre public, les machines à sous, qui précipitent la jeunesse dans la déchéance, sont illégales.

Dans la parution du 29 août dernier de L'Observateur Paalga, nous évoquions ce business anarchique et plaidions pour des mesures de réglementation, tant le phénomène prenait une tournure préoccupante.

Les jeunes usaient en effet de tous les moyens pour se procurer de l'argent afin de faire vomir les machines. Ce jeu était devenu le passe-temps favori des enfants. Des débrouillards se condamnaient à y vider leurs maigres revenus. Bref, la faillite guettait plus d'un.

Mais, dans la matinée du mardi 17 septembre, des courses quotidiennes nous ont amené au centre-ville de Nouna.

Nous avons alors jeté des coups d'œil aux points habituels d'attroupement autour des machines à sous et avons croisé les regards affligés de certains accros dont la fameuse machine avait avalé les sous. Constat : pas de foule sur lesdits sites. Nous faisons le tour de la ville : rien.

« La police a fait une patrouille hier nuit pour saisir les machines », nous apprend le gérant ; plutôt l'ex-gérant d'un site qui était des plus fréquentés. Le pauvre prétend pourtant détenir une autorisation d'exploitation des flippers comme d'ailleurs plusieurs autres exploitants.

Après renseignement, nous constatons qu'il y a confusion. En effet, c'est une autorisation d'exploitation d'espace public qu'il se serait fait délivrer et non une permission d'ouverture d'établissement de jeux de hasard.

Cette chasse aux machines est perçue par la majeure partie des Kossilais comme un pas de géant dans la lutte contre la délinquance juvénile et l'incivisme dans cette province.

Sur les réseaux sociaux et dans les grins de thé, l'initiative est vivement saluée. Avec la rentrée scolaire qui pointe à l'horizon, certains s'inquiétaient pour les élèves qui auraient été sans doute tentés de se faire de l'argent facile en misant leur scolarité.

Pour l'anecdote, ces derniers font référence au cas d'un vieil homme de la ville qui est allé toucher la cagnotte de 50 000 FCFA au nom de ses pairs du quartier. A son retour, il eut une soudaine envie de multiplier l'argent et de garder le gain éventuel.

Il fonça au casino et y perdit tout. C'est le gérant qui informera sa famille plus tard du départ improvisé du vieillard pour le Mali et par le système « arriver-payer ». Pour Yacouba Traoré, une ancienne victime du jeu, l'interdiction des machines va faire du bien à la société et surtout aux accros.

«Le jeu crée une dépendance telle que le joueur lui-même essaie d'arrêter en vain », confie-t-il. Si la ville de Nouna est désormais délivrée de ces machines, il serait important d'étendre cette « éradication » aux villages qui en sont inondés pour contenir entièrement le phénomène.

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