Mali: Opération mains propres - Jusqu'où s'étendra la nasse ?

Photo: Le Pays
Bamako capitale du Mali
18 Septembre 2019

La semaine dernière au Mali, a été lancée une opération « mains propres » par les autorités judiciaires. Une initiative que la Plateforme de lutte contre la corruption et le chômage (PLCC) a saluée à sa juste valeur tout en souhaitant qu'elle ne mène pas à une justice sélective.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette initiative des autorités judiciaires maliennes est salutaire d'autant que d'aucuns avaient pensé qu'une telle action n'allait jamais voir le jour au pays de Modibo Keita.

Et c'est déjà la panique dans certains milieux d'affaires, milieux politiques, militaires, etc., car le juge Mamadou Kassogué a promis de secouer le cocotier en punissant tous les fils du Mali coupables de malversations financières.

Déjà, certains proches et amis du pouvoir, jadis intouchables, croupissent déjà en prison. Et des dossiers brûlants comme l'affaire des engrais frelatés distribués aux paysans ou encore celle des hélicoptères « Puma » de l'armée malienne cloués au sol, sont sur la table du procureur.

Tout le mal qu'on puisse lui souhaiter, c'est qu'il se montre impartial pour une justice équitable. Cela améliorera à coup sûr la gouvernance au Mali. Mais la question que l'on se pose, est de savoir si cette chasse aux « voleurs » de la République touchera tout le monde.

Jusqu'où s'étendra la nasse ? Bien malin celui qui saurait y répondre par l'affirmative. Toujours est-il que cette initiative devrait restaurer l'image écornée du Mali, qui, comme on le sait, est coutumier des scandales financiers.

Plusieurs proches du président comme son fils Karim Keita, ont déjà été mis en cause. Parmi les personnes épinglées figurent aussi des généraux de l'armée malienne qui, sans retenue, se font de l'argent en puisant dans les fonds réservés à la lutte contre le terrorisme.

Cela dit, ce réveil des hommes en toge, pourra-t-il arrêter l'hémorragie ? Rien n'est moins sûr. Car, force est de constater que la corruption passe pour être une marque déposée au Mali.

Pourvu que cette opération ne soit pas une tempête dans un verre d'eau

En tous les cas, souhaitons que le coup de pied que la Justice veut donner dans la fourmilière révèlera d'autres scandales, car, ce qui a été révélé peut n'être que la partie visible de l'iceberg. La corruption a fait beaucoup de tort aux Maliens.

Surtout dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. On se rappelle en effet, que du matériel militaire nouvellement acheté, était quelques mois après, hors d'usage et ce sont donc les « fous d'Allah » qui se frottaient les mains. Ce scandale avait même poussé la société civile à donner de la voix pour dénoncer la mal gouvernance d'IBK.

Si derrière cette initiative, c'est le régime de Ibrahim Boubacar Keita qui est à la manœuvre, l'on peut croire que le président du Mali veut terminer son deuxième mandat en redorant son blason. Ce d'autant qu'il n'y a pas d'enjeu.

En effet, en principe, il ne sera pas candidat à la prochaine élection présidentielle pour avoir fait deux mandats à la tête de l'Etat, comme le stipule la Constitution malienne. Il a donc les mains libres pour traquer tous les ripoux de la République.

Du reste, l'on se rappelle que « Kankeletigui » avait promis d'éradiquer le mal, si le peuple lui accordait un second mandat. Est-ce cette promesse qu'il essaie de tenir en lançant cette opération ?

En tout cas, les autorités maliennes doivent montrer patte blanche en faisant de la lutte contre la corruption, leur priorité. Et pour cela, elles se doivent de faciliter la tâche au procureur afin qu'il ratisse large.

En tout état de cause, toutes les sombres affaires de détournement de fonds publics doivent être élucidées pour ne pas hypothéquer l'avenir des enfants du Mali. Pourvu que cette opération ne soit pas une tempête dans un verre d'eau.

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