Mali: Un proche d'IBK entendu pour corruption électorale

Photo: Le Pays
Bamako capitale du Mali
19 Septembre 2019

C'est une affaire qui fait grand bruit au Mali. Le président de la chambre d'agriculture, et proche du président Ibrahim Boubacar Keïta, Bakary Togola, a été placé en détention depuis la semaine dernière sur la base de soupçons de détournement de fonds.

Coup de théâtre : au cours de ses auditions par le juge, le prévenu a reconnu les détournements, mais assure avoir agi dans le seul but de corrompre des électeurs en faveur d'IBK.

Chaque jour, la presse malienne se délecte des nouvelles révélations d'une affaire plus qu'embarrassante pour le pouvoir. Une véritable bombe à fragmentation qui met à nu un système de corruption généralisé lors de l'élection présidentielle de 2018.

Peut-être parce qu'il se sent lâché par le clan présidentiel, Bakary Togola déballe des vérités qui font mal à la démocratie malienne.

Selon lui, il a utilisé 3 milliards de francs CFA issus des caisses de la chambre d'agriculture pour corrompre des agents électoraux et faire campagne en faveur d'IBK « Sans moi, au premier tour, IBK n'était même pas troisième dans la zone Office.

Les agriculteurs étaient répartis entre Aliou Diallo et Soumaila Cissé », les candidats arrivés finalement en deuxième et troisième positions du scrutin.

« J'ai dû décaisser des fonds pour aider le RPM (le parti d'IBK) à renverser la tendance », a poursuivi Bakary Togola.

Des déclarations qui font d'autant plus de mal au parti présidentiel qu'elles n'étonnent pas grand-monde à Bamako, qu'elles sont confirmées en off par des proches du chef de l'Etat, et qu'elles confirment surtout les accusations lancées dès le soir du scrutin par la totalité des responsables de l'opposition, qui avaient dénoncé des fraudes massives et une corruption généralisée.

IBK se retrouve donc aujourd'hui dans une situation difficile. Peut-il laisser aller à son terme une enquête puis un procès, qui mettront en évidence le ficelles mises en œuvre pour sa réélection ? Cela semble difficile à imaginer.

Il va désormais falloir trouver un moyen d'exfiltrer discrètement Bakary Togola du Pôle économique de Bamako, où le Procureur Kassogue ne semble pas vouloir lâcher sa proie.

Pour l'heure, on s'attend à d'autres interpellations dans la capitale malienne. Les proches du chef de l'Etat ont surtout peur que Bakary Togola poursuive son grand déballage.

IBK reste prudemment à distance, mais il envoie des émissaires auprès de son ancien compagnon de route pour le supplier de se taire... suffisant pour le convaincre de ne pas en dévoiler plus sur les petits secrets du régime ?

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Fratmat.info

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.