Cote d'Ivoire: Tour de Côte d'Ivoire 2019 - De belles découvertes, du plaisir et des difficultés

19 Septembre 2019

Le rideau est tombé sur le 26ème Tour de Côte d'Ivoire, Tour de la Réconciliation. Une compétition internationale non classée à l'Union cycliste internationale (UCI) qui a sacré Daumont Paul (20 ans).

Le jeune cycliste Burkinabè a fait apprécier sa technique, sa maitrise, sa fougue, tout au long du périple de sept jours (8-14 septembre 2019) qui a amené la caravane du Nord au Sud en passant par le Centre et l'Est.

Avec la présence des formations du Burkina Faso, du Cameroun, du Mali, de la Guinée et du Benin, le 26ème Tour de Côte d'Ivoire a plein d'enseignements.

du trophée Alassane Ouattara, président de la République, et parrainée par le ministre des Affaires présidentielles, par ailleurs président du Conseil régional du Tchologo, Birahima Téné Ouattara, la compétition a permis de découvrir la Côte d'Ivoire sous plusieurs facettes.

Retour sur une compétition qui a semé sur son passage des graines de réconciliation, de vivre ensemble, de fortes émotions, de joie et plaisir. Une compétition qui a surtout montré aux Ivoiriens la nécessité de vivre ensemble pour l'intérêt commun. La domination de Daumont Paul.

Le coureur Burkinabè a affiché tout au long de la compétition qu'il demeure un réel espoir du cyclisme africain. Premier vainqueur de l'édition 2019 après avoir franchi en premier la ligne d'arrivée de l'étape 1 (KorhogoFerké), Daumont Paul est resté constant du début jusqu'à la fin. Même quand il a cédé le maillot de leader à son compatriote Sorgho Mathias à Didiévi (étape 2), il n'a pas paniqué.

«Je sais que j'ai les moyens de gagner ce Tour. Je connais les forces, les qualités et les faiblesses de chacun.

Et je me donnerai les moyens de remporter cette compétition avec l'aide de mes coéquipiers», avait-il déclaré, le dimanche 8 septembre dernier, à la place Alassane Ouattara, à Ferké.

Et la 7ème et dernière étape à Agboville lui a donné raison. Après s'être accaparé à nouveau le maillot jaune à Yamoussoukro lors du contrela-montre individuel de la 3ème étape, il n'a plus laissé le doute s'installer.

L'étudiant en Marketing (2ème Année), en grand stratège, a contenu les assauts aussi bien de ses partenaires que de ses adversaires pour signer son nom au prestigieux palmarès de ce Tour. Devenant ainsi le premier coureur du pays des Hommes intègres à remporter l'épreuve.

De Ferké à Agboville, en passant par Tiébissou, Didievi, Yamoussoukro, Daoukro, Abengourou et Adzopé, il a mis 15h47'45" avec une vitesse moyenne de 39,048 km/h pour parcourir les 616,8 km de compétition. Une sacrée performance pour ce jeune coureur qui n'a pas échappé au Directeur de course, Laurent Bezault. «Paul a été formidable.

Il a réalisé une performance qui mérite d'être saluée», a dit le technicien Français. Sur les sept étapes de la course, il a enfilé à six reprises le maillot de leader pour s'offrir un succès mérité et logique. Tellement il a dominé la compétition.

Le Cameroun s'offre le prix de la meilleure équipe Si le Burkina a dominé en individuel avec le sacre de Daumont, le Cameroun peut être fier de sa participation.

Les Lions indomptables de l'entraîneur Tega Martinien ont décroché sur les routes du Tour la palme de la meilleure équipe. Conduits par Tella Artuce (3ème au classement individuel) et Kamzong Abossolo Clovis (4ème), les Camerounais ont remporté deux des sept étapes. Après Mbah Hervé Raoul à Abengourou (5ème étape), c'est au tour de Kamzong Clovis de s'illustrer à Adzopé (6ème étape).

Deux succès d'étapes qui ont consolidé leur statut de meilleure formation de la compétition avec un temps cumulé de 47h24'17". «On est satisfait de notre participation. C'est une très bonne préparation pour nous pour le Prix Chantal Biya.

Au niveau de l'organisation, je salue la Fédération ivoirienne de cyclisme qui a su relever le pari», a confié l'entraîneur des Lions indomptables cyclistes. Avec 76 secondes sur le Burkina Faso et 92 secondes sur la Côte d'Ivoire, le Cameroun est resté solide du début à la fin.

La Côte d'Ivoire, l'énigme Cissé et l'improvisation La Côte d'Ivoire a traversé «son» Tour. Détenteur du trophée avant le premier coup de pédales du dimanche 8 septembre, la Côte d'Ivoire a tout perdu à l'arrivée.

Au classement général individuel a certes placé trois coureurs dans le top 10 mais à des rangs reculés.

Le premier, Lengani Amadou occupe la 5ème place à 41 secondes derrière le vainqueur de l'épreuve. Il est talonné par Sanogo Abou (6ème, 44 secondes de retard). Bamba Karamoko, 8ème du classement, pointe à 1'18", loin derrière Daumont Paul.

Pour retrouver trace d'un coureur de la région du Tchologo, la seconde formation ivoirienne du Tour, il faut monter à la 14ème place avec Soumahoro Ben Ibrahim et ses 210 secondes de retard. Cette situation n'a qu'un seul nom. L'improvisation.

Après avoir manqué les Jeux Africains suite un coup d'humeur du ministre des Sports, les coureurs ivoiriens n'ont pas eu de préparation avant le 26ème Tour.

Pis, beaucoup ont pris connaissance de leurs engins de compétition qu'une fois à Korhogo, point de départ de l'édition 2019. En clair, le Tour 2019 où ils avaient pour mission de faire briller le drapeau national n'a été que la préparation.

Un amateurisme notoire qui ne saurait remettre en cause les qualités des coureurs que sont Sanogo Abou, Yossi Adama, Konté Bassirou, Lengani Amadou, Bamba Karamoko, Kouadio Kouamé Antoine, Kouamé Konan Olivier, Soumahoro Ben Ibrahim, Soro Porolo Yacouba, Kouamé Kouassi Vincent, Ouattara Sindou et tous leurs camarades. Ils se sont battus avec courage pour offrir une 3ème place (Côte d'Ivoire) et une 6ème place (Région du Tchologo) au général au pays.

Alors que la Côte d'Ivoire aurait pu s'attendre à mieux si le cas Cissé Issiaka avait été géré avec professionnalisme. que la Fédération avance ne rien savoir au sujet de l'absence du vainqueur 2018, le concerné dit ne pas comprendre son absence au Tour 2019. Toute une ombre qui a privé la Côte d'Ivoire d'un triomphe final sur les routes du 26ème Tour.

Le Tour, une véritable caravane de vivre ensemble Le sport est un facteur de cohésion, de rapprochement, de cohésion... Mais pour que le sport joue pleinement son rôle de fraternité, de cohabitation, il faut des hommes de conviction pour le conduire. En maître d'orchestre de toute l'organisation, Allah Kouamé Jean-Marie a su inculquer toutes ces valeurs au Tour.

A chaque étape, le message était identique. Le président de la Fédération ivoirienne de cyclisme, profitant de la forte mobilisation autour de la compétition, n'a de cesse d'appeler les Ivoiriens à se donner la main pour construire une nation forte, une nation unie, réconciliée et engagée sur la voie du développement. «Nous sommes appelés à vivre ensemble, à travailler ensemble.

Au niveau du cyclisme, nous avons toutes les nationalités, toutes les religions, toutes les ethnies. C'est ce qui fait la force du vélo. Malgré ces divergences, chacun travaille pour le groupe. C'est ce que nous souhaitons pour notre pays. Se mettre ensemble pour notre bien commun. La Côte d'Ivoire.

C'est ce message que nous en cessons de faire passer. Et nous sommes vraiment contents de l'adhésion des populations, des élus et cadres, au message. Cela montre que nous n'avons pas eu tort», s'est réjoui le président Allah Kouamé. La mission éducative et citoyenne.

Le Tour aussi s'est donné également une mission d'éducation des masses. La participation de certaines sociétés publiques et privées aux côtés de la Fédération s'inscrit dans cette vision.

Même si on peut évoquer des raisons commerciales. L'Agence ivoirienne de marketing social (Aimas) est l'une de ses entités qui donnent un sens au rôle éducatif de la caravane.

La sensibilisation aux comportements sains, la lutte contre les infections sexuellement transmissibles, la lutte contre les grossesses non désirées,... Le champ est vaste pour cette organisation qui, sous la conduite d'Hortense de Laphafiet, a distribué plus de 7000 préservatifs sur le Tour.

A côté de l'Aimas, il y a la Loterie nationale de Côte d'Ivoire (Lonaci) avec son produit Loto Bonheur.

Dans la droite ligne de sa responsabilité sociétale, cette société publique, a décidé d'accompagné le Tour qui œuvre au rayonnement de la Côte d'Ivoire. Une présence que le chef de produit Loto Bonheur Mme Sanogo El Fat n'a pas manqué de souligner.

«La Lonaci, à travers la mission sociale qui est la sienne, contribue au bien-être de la population par des investissements à caractère social, culturel et ou sportif (... )», a-t-elle indiqué. Plusieurs autres entreprises partenaires se sont inscrites dans cette dynamique. Des dettes à solder Le Tour de Côte d'Ivoire a une mission noble.

Celle d'éduquer les populations, les amener à vivre ensemble et aussi mettre en valeur les potentialités du pays. La caravane n'a pas failli à sa mission. Mais à l'arrivée, le Tour doit faire face à ses dettes.

Jusqu'à l'ultime étape à Agboville, l'organisation était toujours en attente de l'accompagnement de l'Etat de Côte d'Ivoire. «Nous croyons que l'Etat ne nous abandonnera pas.

Nous avons pris de nombreux engagements et nous espérons qu'incessamment nos autorités réagiront pour nous permettre de faire face à nos dettes», lâché le président de la fédération.

Avec plus de 300 personnes sur la caravane, à héberger, à nourrir, à transporter,... le Tour coûte excessivement cher.

Il y a certes l'apport des partenaires et sponsors mais cela est vraiment insuffisant pour couvrir les charges. Au sortir de cette belle organisation, où aucun incident majeur n'a été signalé, et où le pire a été évité à deux reprises, il faut solder les dettes.

Une belle tribune d'exposition La caravane du Tour a permis de découvrir les potentialités des régions traversées.

Le Nord et sa végétation essentiellement composée de savane herbeuse, son relief plat dominé par le mont Korhogo, son développement amorcé avec villes bien bitumées, son économie basée essentiellement sur la culture de l'anacarde, l'igname, du vivrier, la transformation du karité,... , le centre et ses vestiges, la Basilique Notre Dame de Yamoussoukro,... , la Côte d'Ivoire s'est ouverte aux délégations étrangères.

Le palais royal d'Abengourou, les monts Mafa à Becedi-Brignan, et bien d'autres potentialités ont été mises en exergue à chaque étape. Convaincu de la vitrine que représente le Tour de Côte d'Ivoire, Agboville et sa région entendent même signer un bail de longue durée avec la compétition.

Le Tour a permis aussi de savoir que certaines routes ont besoin d'une thérapie de choc. C'est le cas de celle reliant Dimbokro à Daoukro en passant par Bongouanou, ou encore celle allant d'Agnibilekrou à Bondoukou où l'état désastreux a privé le Gontougo du Tour de la réconciliation 2019. Le Gontougo qui a connu l'amère expérience de voir l'étape de Tanda du Tour de l'Est annulée du fait de l'état désastreux de la voirie.

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