Sénégal: Séminaire international sur les migrations - Les droits humains à l'epreuve de la crise migratoire

19 Septembre 2019

Un séminaire international sur les droits humains à l'épreuve de la crise migratoire s'est tenu, hier mercredi à Dakar, au Sénégal.

Sur initiative de la Médiature de la République, cette rencontre qui prend fin aujourd'hui sert de tribune aux différents représentants des pays de départ et d'accueil des migrants pour voir les voies et moyens à entreprendre afin de trouver des solutions durables et coordonnées à ce problème.

Les migrants à la recherche de l'eldorado entre l'Europe et l'Afrique sont souvent l'objet d'exactions, allant de la servilité à l'esclavagisme, de la maltraitance aux tortures et le plus souvent... au meurtre. En témoigne le Sénégalais Mouhamed Thiam tué au Maroc la nuit de vendredi à samedi dernier et dont le corps sans vie est attendu à Dakar, ce jeudi. De quoi écœurer le Médiateur de la République, Alioune Badara Cissé, qui dénonce ainsi une inégalité dans le traitement et le respect des droits des migrants.

«Le droit à la migration est un droit. Nous avons le droit d'aller et de venir, mais de manière régulée, en respectant les droits des Etats. Quand maintenant nécessité semble faire loi et qu'au mépris de toutes les décisions préalables ou préliminaires, parce que de l'autre côté nous avons des Américains, des Européens, des Asiatiques qui vont et qui viennent sans coup férir et qui intègrent nos territoires, sans visas, sans inquiétudes aucune, alors que notre jeunesse est inquiétée.»

Le Médiateur de la République de poursuivre: «le droit d'aller et venir semble se heurter un peu au surnombre dans les pays dits d'accueil. Donc, le seuil de tolérance semble être atteint; d'où certains cas de violence. On a un de nos compatriotes qui nous arrive sans vie demain (aujourd'hui, ndlr) du Maroc. On en a eu ces derniers temps, à la limite, deux ou trois cas par semaine, ce que nous trouvons anormal».

Alioune Badara Cissé propose des pistes de solution pour juguler ce phénomène qui résulterait de l'exode rurale et du manque d'emploi. «Si nous jugulons déjà l'exode rurale, si nous mettons à la disposition de ces jeunes un emploi ou des opportunités d'affaires ou une formation qui débouche sur un emploi, c'est déjà beaucoup de problèmes de réglés». Lui emboitant le pas, Moise Sarr, Secrétaire d'Etat aux Sénégalais de l'extérieur renseigne que «ce sont des actes que nous regrettons parce que la personne humaine est sacrée. Voilà un monsieur qui a été tué dans un pays où nous entretenons des relations assez particulières. Les relations entre le Sénégal et le Maroc sont très séculaires. Des actes isolés ne sont pas à écartés, même si ces actes arrivent, ce sont des actes à regretter. Maintenant, l'action du cabinet du Secrétariat d'Etat est d'enclencher des discutions avec les autorités des pays d'accueil pour qu'on puisse assurer une meilleure protection pour nos compatriotes».

POLEMIQUE AUTOUR DE LA REDACTION DE L'HISROIRE GENERALE DU SENEGAL : Alioune Badara Cisse s'érige en bouclier contre les détracteurs d'Iba Der Thiam

Interpellé, hier mercredi en marge du séminaire sur les droits migratoires, Alioune Badara Cissé, le Médiateur de la République s'est prononcé sur les 3 premiers Tomes de l'Histoire Générale du Senegal (HGS) parus récemment et qui font déjà couler beaucoup d'encre et de salive. «Il y a des éminences qui ont été chargés du travail, ils ont produit un travail intellectuel. D'autres éminences semblent contester ce travail du point de vue de sa vérité scientifique. Souffrez que le médiateur n'ait pas son mot à dire. Je pense, si une éminence comme Iba Der Thiam se plie devant nous, en toute humilité pour reconnaitre quelque erreur que ce soit, je pense qu'il faut lui en savoir gré et se dire que le Senegal a de beaux jours devant lui»

AFFAIRE DU PORT DU VOILE A L'INSTITUT SAINTE JEANNE D'ARC La cohabitation religieuse mise au défi

Se prononçant par ailleurs sur la question du port du voile à l'ISJA, qui a trouvé écho jusque chez certains guides religieux qui en ont fait leur affaire personnelle, Alioune Badara Cissé, le Médiateur de la République souhaite un apaisement de la tension. «Jeanne D'Arc, c'est réglé. Demain matin (aujourd'hui, ndlr) les élèves voilées vont regagner les classes... Les difficultés de cohabitation interconfrerique ne sont pas récentes, elles ne datent pas de Ahmed Khalifa Niass ou de quelqu'un d'autre; elles sont anciennes au Senegal. Heureusement que l'Islam confrérique a cela de particulier au Senegal que dans chaque confrérie il y a au moins un chef, et que de son autorité dépend notre conduite et notre comportement de tous les jours. Cela ne changera pas au Sénégal et c'est la raison pour laquelle nous échappons au terrorisme et aux tentatives de récupération extrémistes parce que nous avons des patrons dans nos confréries. L'Eglise a son patron, le Mouridisme a son patron, la Tidianya a son patron, la Khadriya a son patron. Et aucun d'entre-nous ne saurait déroger à leurs injonctions»

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