Congo-Kinshasa: Un chef de guerre recherché par la CPI a été tué

communiqué de presse

Goma — La mort en République démocratique du Congo d'un chef rebelle faisant l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) illustre la nécessité de rendre justice aux nombreuses victimes de ses forces. L'armée congolaise , le 18 septembre 2019, que ses forces avaient tué, la nuit précédente, Sylvestre Mudacumura, commandant des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), et « ses plus proches lieutenants ».

Les éléments des FDLR placés sous le commandement de Mudacumura ont commis de nombreuses atrocités contre la population dans l'est de la RD Congo et au Rwanda. Il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI depuis 2012 pour des crimes de guerre incluant des meurtres, des mutilations, des traitements cruels, des viols, des actes de torture, des destructions de biens, des pillages, des attaques contre la population civile et des atteintes à la dignité de la personne, actes qui sont présumés avoir été commis dans l'est de la RD Congo entre 2009 et 2010.

« La mort de Mudacumura ne devrait pas signifier que les victimes et leurs familles n'auront pas droit à la justice », a déclaré Lewis Mudge, directeur pour l'Afrique centrale à Human Rights Watch. « Les chefs des FDLR encore en activité devraient quand même être poursuivis en justice et les victimes devraient recevoir réparation. »

Un villageois qui a perdu sept membres de sa famille à cause des forces de Mudacumura, en 2008 dans le territoire de Masisi, a déclaré à Human Rights Watch : « Même si Mudacumura est mort, nous continuons de pleurer avec les nombreux Congolais qui restent orphelins, veufs et veuves. » Un autre habitant de Masisi, dont le village a été attaqué en 2009 par les FDLR, a déclaré : « Mudacumura a tué nos frères, nos sœurs et nos enfants... . Je regrette qu'il ait été tué sans avoir été traduit en justice et amené à répondre de ses actes. »

Human Rights Watch a insisté à plusieurs reprises auprès du gouvernement congolais et de la mission de maintien de la paix des Nations Unies dans le pays, qui a mené une campagne militaire contre les FDLR, pour qu'ils arrêtent Mudacumura et le transfèrent à la CPI à La Haye. Cela aurait constitué une étape majeure dans l'avancement de la justice internationale dans la région.

Human Rights Watch a documenté les meurtres de plus de 700 civils par les combattants des FDLR en 2009-2010. La plupart des victimes étaient des femmes, des enfants et des personnes âgées, que les rebelles ont assassinés à coups de machette ou de bêche ou brûlés vifs dans leurs maisons. Ces attaques ont été accompagnées de viols systématiques et d'autres violences sexuelles.

Certains chefs des FDLR ont participé au génocide de 1994 au Rwanda voisin, lors duquel des extrémistes hutus ont entrepris d'exterminer la minorité tutsie. Depuis lors, des milices hutues rwandaises basées dans l'est de la RD Congo se sont réorganisées politiquement et militairement, changeant plusieurs fois de nom et de dirigeants. Dans sa configuration actuelle, les FDLR, ce groupe rebelle est établi depuis 2000.

Les éléments des FDLR continuent de commettre de graves abus, parfois aux côtés d'autres groupes armés congolais.

Au cours des deux dernières années, les groupes armés actifs dans les provinces du Kivu, dans l'est de la RD Congo, ont tué au moins 1 900 civils et en ont enlevé plus de 3 300. Les autorités congolaises devraient faire de la restitution de comptes pour les crimes graves une priorité nationale et les responsables compétents auront besoin de soutien pour effectuer des enquêtes, appréhender et poursuivre de manière appropriée les commandants auteurs d'abus qui demeurent en liberté, a affirmé Human Rights Watch.

Mudacumura était la dernière personne faisant l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI pour des crimes relatifs à la situation en RD Congo.

Les affaires relatives à la RD Congo dont la CPI a été saisie n'ont pas reflété adéquatement l'ampleur des crimes commis dans ce pays depuis 2002, l'année où la Cour est entrée en fonction. Human Rights Watch a à plusieurs reprises exhorté le procureur de la CPI à élargir le champ des investigations en RD Congo pour y inclure, par exemple, le rôle de responsables politiques et militaires de haut rang de RD Congo, du Rwanda et d'Ouganda qui ont soutenu, armé et financé des groupes armés auteurs d'exactions dans l'est de la RD Congo au cours des deux dernières décennies. La procureure de la CPI devrait formuler une stratégie claire pour faire face aux besoins résiduels en matière de lutte contre l'impunité en RD Congo, y compris en soutenant les autorités congolaises.

« Les groupes armés comme les FDLR vont continuer de tuer, de violer et de piller car trop peu de leurs commandants ont été amenés à répondre de leurs actes », a affirmé Lewis Mudge. « Mudacumura est mort mais ses lieutenants continuent de commettre des atrocités contre les civils dans l'est de la RD Congo. Le gouvernement et la CPI ont tous deux un rôle à jouer en les amenant devant la justice. »

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