Cote d'Ivoire: Koumassi - Bacongo récupère un terrain de plus de 2 milliards bradé à 96 millions

Dans les années 2000, Adou Assalé, maire de Koumassi obtient la cession d'un site appartenant au District d'Abidjan, dans le cadre d'un projet de construction de 309 logements au profit des agents de la mairie. Le site a une superficie de plus de deux hectares ( plus de 20 mille mètres carrés ).

Adou Assalé n'arrive pas à réaliser le projet, jusqu'à son départ. Son successeur, Raymond Ndohi décide de le poursuivre. C'est ainsi qu'en 2005, suite à une délibération du Conseil municipal, le projet est confié au groupement d'intérêt économique (GIE) Abri 2000 Sipim.

L'entreprise immobilière, selon la convention faisant suite à la décision du conseil municipal de septembre 2005 qui demandait des négociations, doit payer 94 millions de Fcfa, sous forme de dation : c'est à dire que sur les 309 appartements à construire, elle en donne à la mairie, soit un appartement évalué à 9, 4 millions Fcfa.

C'est tout ! La mairie ne reçoit rien d'autre en retour ! Pour un projet pouvant rapporter un minimum de 3 milliards Fcfa au promoteur immobilier , sur la base du prix de la « dation », mentionnée dans le contrat !!!!!!

Tout aurait bien pu se passer si le groupement d'intérêt économique Abri 2000 Sipim, qui a effectué la mutation du titre de propriété en son nom, entre-temps , avait souscrit à ses obligations, en réalisant l'opération immobilière, dans le délai de 2 ans prescrit, par la convention signée avec la mairie. Tel n'a pas été le cas, depuis 12 ans, pendant 12 ans (2007-2019), jusqu'à l'arrivée du maire Cissé Bacongo.

C'est lorsque le maire décide de mettre en valeur le site qu'il découvre un propriétaire autre que la mairie. Interpellés les concernés brandissent des titres de propriété.

La nouvelle municipalité s'imprègne alors du dossier , et découvre des anomalies, suite à une consultation auprès des spécialistes et d'experts, dans le domaine foncier.

Ceux-ci sont formels : "le prix de 4688 francs auquel a été cédé le mètre carré des 2 hectares , est totalement sous évalué, même pour la période de 2005. À l'époque ça se vendait déjà autour de 100 mille francs.

Aujourd'hui nous sommes autour de 200 mille francs" . Question : comment le maire sortant a t-il pu céder à 4688 francs le terrain à une entité privée ?

Face à cette situation, le maire Cissé Bacongo a saisi le conseil municipal pour dénoncer la convention.

Il a également occupé le site, et décidé d'y faire réaliser des projets par la mairie, avec l'appui de l'État, et d'autres opérateurs économiques plus soucieux des intérêts de la population et de la commune, au cas où Abri 2000 Sipim, refuse de nouvelles discussions pour une convention plus équitable et plus acceptable.

« Ils disent pouvoir gagner à la justice. Que nous ne pouvons pas leur récupérer le terrain parce qu'ils auraient dépensé de l'argent pour transférer à Abobo, la pépinière de la ville d'Abidjan. Une opération qui ne peut pas coûter 100 millions FCFA.

L'affaire est pendante devant la justice. Le maire est déterminé à garantir les intérêts de la commune et de la population, comme il l'a fait notamment dans le dossier des remblais sauvages , et le dossier du dispensaire de 120 millions FCFA à construire sur 4000 mètres carrés, mais qui n'a jamais vu le jour.

Au contraire, le titre de propriété des 4000 mètres carrés a été muté sans qu'un centime soit payé à la mairie , mieux le terrain a été ensuite vendu à plus de 400 millions FCFA à un autre propriétaire avant que les bénéficiaires, via une notaire viennent proposer , 5 ans plus tard un chèque de 120 millions Fcfa à Cissé Bacongo. C'est une histoire de fou ! », a appris l'IA auprès des équipes du maire Bacongo Cissé.

Contacté lui-même pour réagir , le maire-ministre auprès du président de la République a dit être à Yamoussoukro pour le conseil des ministres.

Il a précisé ne pas vouloir faire de déclaration, et nous a ramené à ce qu'il a déjà donné comme information au Conseil municipal d'une part. Il a ajouté d'autre part s'en tenir à la procédure judiciaire et administrative en cours , avec les requêtes ( pré notation ) faites au niveau de la direction des affaires domaniales.

« Koumassi autrement, c'est vraiment possible », a, de son côté commenté un partisan de Cissé Bacongo.

Rencontré sur le site de la promenade piéton qui longe le cimetière, ce pro Bacongo a assuré que son leader ne procéde à aucune chasse aux sorcières, ni ne vise l'ancien maire Raymond Ndohi ( à l'origine de ces affaires litigieuses ) avec qui il entretient des relations fraternelles et cordiales.

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