Tunisie: Ben Ali, 23 ans de dictature dans le pays

19 Septembre 2019

L'ancien président tunisien est décédé en Arabie Saoudite, où il vivait en exil depuis la révolution de 2011, qui l'avait chassé du pouvoir. Portrait de celui qui a dirigé la Tunisie pendant près d'un quart de siècle.

C'est le 7 novembre 1987, à la faveur d'un "coup d'Etat médical", que Ben Ali accède au pouvoir. Alors Premier ministre, il convoque sept médecins, leur intimant l'ordre de déclarer le père de l'indépendance, Habib Bourguiba « dans l'incapacité d'exercer ses fonctions », car frappé de sénilité.

Une fois installé, Ben Ali promet aux Tunisiens l'ouverture démocratique, l'entrée du pays dans la modernité politique et le multipartisme. Mais les promesses sont très vite oubliées. Le président instaure progressivement un régime répressif.

Un homme apprécié à l'étranger

Militaire de carrière, formé notamment en France et aux Etats-Unis, Ben Ali s'appuie sur l'appareil policier pour étouffer toute contestation, surtout celle des islamistes. Des opposants sont également arrêtés et gardés au silence. La presse et les syndicats ne sont pas épargnés. Il met également en place un système méticuleux de surveillance de toute la population.

Pendant ces 23 années de règne, Ben Ali bénéficie du soutien sans faille d'une bonne partie de la communauté internationale pour qui l'homme constitue un rempart contre les islamistes.

Sur le plan social, Ben Ali se vantait de ses acquis et affirmait avoir amélioré le niveau de vie de ses compatriotes et d'avoir fait de la Tunisie un pays moderne. Vrai ou faux ? La rue se chargera de répondre à cette question.

Chassé par la rue

Le chômage, la misère, la corruption et la marginalisation de régions entières s'illustrent dramatiquement le 17 décembre 2010 avec l'immolation du marchand ambulant Mohamed Bouazizi. Ce drame donne le coup d'envoi de la révolution tunisienne et du printemps arabe, un vent de contestation qui va souffler sur plusieurs pays de la région, dont l'Egypte.

Après un mois de manifestations de rue et près de 300 morts, Ben Ali et son régime sont aux abois. Il fuit le 14 janvier 2011 avec sa femme et son fils vers l'Arabie saoudite.

Condamné par contumace à plus de cent ans d'emprisonnement dans différentes affaires de violations des droits de l'homme et de corruption, la justice tunisienne réclame son extradition. Trop tard : en janvier dernier, Ben Ali était réapparu, à l'occasion du mariage de l'une de ses filles, sur une photo sur laquelle il semblait particulièrement vieilli et amaigri. Neuf mois après, il a tiré sa révérence.

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