Burkina Faso: Sidwaya et L'Observateur Paalga - L'Enquête, un genre « faiblement » pratiqué

20 Septembre 2019

Pour l'impétrant Moussa Congo, l'enquête n'est pas un genre journalistique suffisamment pratiqué dans les deux quotidiens.

L'étudiant Moussa Congo a soutenu, le mardi 17 septembre 2019, à Ouagadougou, son mémoire de fin de formation à l'Institut des sciences et techniques de l'information et de la communication (ISTIC). Le jury a sanctionné son travail par la note de 16/20.

Moussa Congo est désormais conseiller en sciences et techniques de l'information et de la communication, option journaliste.

En fin de formation à l'Institut des sciences et techniques de l'information et de la communication (ISTIC), il a défendu avec brio, le mardi 17 septembre 2019, son mémoire sur le thème : « L'enquête dans les quotidiens Sidwaya et L'Observateur Paalga en 2017 ».

Après des questions de compréhension et des suggestions, le jury composé de Noël Dah comme président, le suffragant Rabankhi Abou-Bâkr Zida et de son directeur de mémoire, Victor Sanou, a jugé le travail de l'impétrant recevable. Il lui a attribué la note de 16/20, le hissant ainsi au rang de conseiller, après deux années de formation.

Pour M. Congo, son thème pose le débat de la capacité des journalistes des deux quotidiens à réaliser des enquêtes journalistiques. Car, dans leurs colonnes, l'interview et le compte-rendu occupent une place importante.

Or, a-t-il regretté, le traitement des faits d'actualité par la presse écrite est fortement menacé par les médias sociaux et le journalisme citoyen. Pourtant, a-t-il indiqué, les lecteurs veulent savoir des choses cachées à dessein par les acteurs politiques, économiques et sociaux.

Sur la période concernée par l'étude, il est ressorti que L'Observateur Paalga n'a réalisé aucune enquête journalistique contre 1050 comptes rendus.

Quant au quotidien Sidwaya, il a produit dix papiers d'enquête, soit 0,22% de sa production totale. Par contre, il a réalisé au cours de l'année 2017, 3966 comptes rendus, soit 88% de ses écrits.

Pour que l'enquête journalistique occupe une place importante dans les colonnes des deux médias, l'impétrant fait des suggestions.

Il s'agit pour lui, de créer des desks spécialisés dans les grandes enquêtes animés par des journalistes aguerris. Il a recommandé la nécessité de former régulièrement les journalistes à l'investigation, notamment aux techniques de conduite d'une enquête.

Car, a-t-il déploré, ses recherches ont révélé que la majorité des journalistes des deux rédactions sont jeunes dans le métier et 68% des enquêtés n'ont jamais bénéficié d'une formation au journalisme d'investigation.

L'étudiant a recommandé la mise en place d'un réseautage à travers le journalisme d'investigation collaboratif impliquant les différentes rédactions de la place. Il a enfin émis les vœux de susciter, depuis les centres et instituts de formation, des vocations pour l'enquête journalistique.

Le désormais conseiller Moussa Congo est un ancien dans le métier du journalisme. Avant de rejoindre l'ISTIC pour les deux ans de formation, il a servi à Fada N'Gourma où il était chef de service régional des Editions Sidwaya.

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