Burkina Faso: Lutte contre l'extrémisme violent - Sango sort l'arme de la Culture

Le ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCAT) a procédé, le jeudi 19 septembre 2019 à Ouagadougou, au lancement officiel des conférences de diffusion des résultats du colloque national sur l'extrémisme violent et les valeurs de référence, tenu à Dori en novembre de l'année passée.

La cérémonie inaugurale présidée par le chef du département de tutelle, Abdoul Karim Sango, a donné lieu, entre autres, à une présentation de la feuille de route conçue lors du rendez-vous de la capitale du Sahel burkinabè.

L'extrémisme se définit comme la tendance à adopter une attitude, une opinion extrême, radicale, exagérée, poussée jusqu'à ses limites ou à ses conséquences extrêmes.

Ces positions outrancières sont le terreau de fondements théoriques qui font recours à des moyens excessifs, contraires à l'intérêt général, voire agressifs ou violents. L'extrémisme peut alors s'exprimer dans le domaine politique, économique, social ou religieux...

Le Burkina Faso, jadis paisible et exemplaire par le dynamisme des activités socio-économiques qui s'y menaient, a relevé d'entrée de jeu le ministre Sango, depuis bientôt quatre ans, se voit contraint de marquer le pas et de rythmer sa vie à la fréquence des mouvements criminels que lui impose le terrorisme.

Confronté à la dure réalité de ce phénomène pernicieux qui a causé plusieurs milliers de déplacés, a-t-il rappelé, le président du Faso a engagé une lutte sur tous les fronts, convaincu que « la problématique de la lutte ne saurait être que militaro-sécuritaire ».

La religion du gouvernement sur la question est faite : cette lutte doit faire aussi appel à la contribution de chaque Burkinabè et de tous les secteurs d'activité pour favoriser une résolution du fléau.

C'est dans ce cadre que le MCAT a bénéficié d'un concours du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), pour organiser une réflexion des acteurs du monde de la culture et du tourisme pour concevoir une feuille de route sur une contribution du secteur, sur la base des valeurs culturelles du Burkina.

Tenue à Dori en novembre 2018, la rencontre, selon le ministre Abdoul Karim Sango, fut très riche en enseignements divers sur les potentialités que le Pays des hommes intègres a de pouvoir organiser une résilience et une lutte efficaces face au phénomène, à partir de ses valeurs fondamentales.

La rencontre de jeudi dernier, organisée avec le concours de la représentation du PNUD au Burkina, visait à partager avec les participants les conclusions de la réflexion de Dori, ainsi que les résultats des « études sur l'identification des valeurs culturelles de référence au Burkina Faso de juin 2017 ».

Le panel organisé à cette occasion, a indiqué le ministre, est le premier d'une série de 13 conférences destinées à diffuser la feuille de route, conformément aux recommandations du colloque national de Dori.

Il s'agit d'un cadre qui a permis de livrer aux participants le contenu des « actes du colloque » et de l' « étude sur les valeurs de référence ».

Le ministre a souhaité qu'il soit avant tout un espace d'échanges et d'apprentissage sur la question de la cohésion sociale autour des valeurs spécifiques à chacune des régions à parcourir.

Le chef du département de la Culture s'est dit convaincu que le secteur a plus que jamais un rôle à jouer dans la prévention et la lutte contre l'extrémisme violent, dans la mesure où la connaissance des valeurs typiquement burkinabè rappelle ce qu'elles ont représenté dans le passé pour faire des royaumes de solides entités sociales.

C'est de cette inspiration, a-t-il ajouté, que le Burkina a besoin pour consolider le vivre-ensemble, et c'est le rôle de son département d'aller les exhumer pour en parler à la jeunesse, aux hommes et aux femmes burkinabè, afin qu'ils n'oublient jamais qui ils sont et où ils comptent aller dans l'unité des cœurs et des esprits.

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Plus de: L'Observateur Paalga

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