Congo-Kinshasa: Affaire 15 millions USD - Le CLC annonce une grande croisade nationale contre la corruption !

Loin de s'être fait muet, le Comité Laïc de Coordination (CLC) vient de crier tout haut son indignation face à l'affaire des 15 millions de dollars qui se seraient volatilisés du Trésor Public, il y a quelques semaines.

S'exprimant au nom du peuple congolais, cette structure exige, d'ici le 30 septembre 2019, «la suspension, à titre conservatoire, de toutes les personnes impliquées dans le détournement de quinze millions de dollars, afin de permettre à la justice de faire son travail sans entraves». Déclaration faite ce jeudi 19 septembre au cours d'une conférence de presse tenue à la Paroisse Saint Joseph, à Kinshasa.

"Nous pensons qu'on ne peut pas faire une enquête dès lors que les personnes sur lesquelles pèsent les soupçons puissent continuer à gérer les affaires courantes. Ce serait une situation où nous sommes devant des gens qui sont à la fois, juge et partie. Il faudrait qu'ils acceptent de se mettre de côté pour qu'effectivement la justice fasse réellement son travail", a laissé entendre le professeur Isidore Ndaywel.

Le CLC sollicite également «la démission de tous les juges de la Cour constitutionnelle, afin de permettre à cette Haute institution de vivre sa renaissance avec une nouvelle équipe de juges compétents, dignes et intègres».

Dans le cas contraire, le CLC annonce le démarrage à partir du 1er octobre, d'une grande croisade nationale contre la corruption, l'impunité et l'impuissance de la justice et des Forces de l'ordre.

En fait, les membres de ce groupe veulent que cette Cour retrouve la position qui doit être la sienne, une Institution d'excellence. Il est temps, pensent-ils, pour ces derniers, de faire un geste patriotique pour libérer cette institution et lui donner la chance de pouvoir retrouver son crédit. Il faut donc, selon eux, "que le pouvoir public prenne des décisions pour obtenir la démission des neuf personnalités qui constituent actuellement la Cour constitutionnelle pour des raisons évidentes", déclare le professeur Ndaywel. Il précise, cependant, qu'il ne s'agit évidemment pas d'un bras de fer, "c'est une Institution de l'Etat que nous respectons".

Des garanties fermes

Il faudrait pour le CLC, tirer cette affaire au clair car, «la réalité a démontré que les annonces d'enquêtes dites indépendantes, prolongées de manière expresse dans la durée, constituent, bien souvent, de simples stratégies subtiles d'enterrement de dossiers les plus explosifs», ont-ils dénoncé. Ils estiment, en effet, que bien des dénonciations d'injustice, de violence criminelle, de malversation financière, ou d'expropriation immobilière, sont demeurées impunies jusqu'à ce jour. "Si le PGR peut nous donner d'abord les conclusions de tout ce qui s'est passé et pour lequel on nous a dit qu'il y a enquête indépendante, alors là nous serons satisfaits. Sinon nous pouvons considérer que c'est encore une manière d'enterrer simplement le dossier", précise l'un des membres du CLC.

Le Comité Laïc de Coordination dit attendre des garanties fermes du gouvernement et des institutions publiques, «pour arrêter définitivement la banalisation de la corruption, et pour que, plus jamais, aucune autorité de ce pays, quel que soit son rang, ne puisse toucher impunément à la caisse de l'Etat et s'accaparer des biens publics».

Il est important de rappeler que la disparition de cette somme collosale de 15 millions de dollars USD résultent de la décote du montant dû par le gouvernement congolais aux sociétés pétrolières. Le dossier est déjà sur la table du procureur général de la République qui, récemment, a demandé aux uns et aux autres de s'abstenir d'interférer par des actes, propos et autres déclarations intespestifs et inopportuns pour la sérénité des enquêtes en cours.

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