Afrique: Christ Anderson Ahoua Boua - «Les problémes africains doivent trouver solutions africaines»

20 Septembre 2019
interview

En marge de la première édition du concours EDF Pulse Africa Tour, organisée à Dakar, le 12 septembre dernier, le responsable projet EDF Pulse Africa, Christ Anderson Ahoua Boua dans cet entretien, accordé à Sud Quotidien a magnifié le potentiel des jeunes africains à apporter des solutions aux problèmes africains.

M. Anderson c'est quoi Edf Pulse Africa?

Tout d'abord, EDF est la première entreprise de production et de fourniture d'électricité en France. Le groupe EDF est présent en Afrique depuis plus de 50 ans et y développe des programmes d'électrification qui ont permis d'éclairer 50 mille foyers.

Aujourd'hui, Edf Pulse Africa a bâti une stratégie sur l'horizon 2030 visant à inscrire l'Afrique au cercle de l'innovation entrepreneuriale avec des solutions nouvelles.

Concrètement, il s'agit, à travers l'écosystème de l'innovation dans sa globalité d'offrir des opportunités à un large panel d'entrepreneurs par le biais d'un concours.

Mais, c'est quoi l'innovation entrepreneuriale?

L'innovation entrepreneuriale part de trois constats à savoir la digitalisation, la féminisation et le soutien d'Edf aux start-up. Pour ce qui est de la digitalisation, il faut entendre par là, le passage du téléphone sans fil au téléphone mobile.

Et sur ce cas précis, Edf est bien présent avec des solutions d'accès à l'énergie via le mobile au Ghana, en Côte d'ivoire.

Pour le deuxième constat, c'est la féminisation. Aujourd'hui, le nombre de femmes entrepreneurs est de plus en plus en hausse, ainsi que leur présence à des postes de responsabilité au sein des entreprises.

Donc, ceci est incontestablement de l'innovation entrepreneuriale. Et pour ce qui est du troisième constat, relatif au soutien apporté par de grands groupes comme Edf qui n'existe pas à casser son modèle pour aider les startup africaines à se développer, notamment en Côte d'Ivoire où la startup OGE en partenariat avec Edf vend des kids solaires, de même avec sens culture avec des pompes solaires.

Pour cette deuxième édition du genre, tenue à Dakar, combien de postulants et combien ont été primés... ?

L'idée au Sénégal, à travers cette deuxième édition d'Edf, c'est de mettre en avant les solutions les plus innovantes. A ce concours 5 finalistes ont retenu sur un total de 13 participants. Ils ont proposé de super solutions.

Au finish, trois prix exceptionnels ont été retenus. Le premier prix va amener le gagnant à Paris pour défendre le Sénégal et surtout son projet.

Le deuxième prix qui est un "prix coup de cœur", soutenu par la Société générale de banques du Sénégal (Sgbs) va permettre au gagnant d'être incubé par ladite société a été attribué à une coopérative agricole. Le troisième prix, appelé "coup de pouce" a été attribué à Lunos project.

En Afrique, les idées ne manquent pas, mais des financements pour concrétiser ces idées posent problème?

Incontestablement les idées ne manquent pas. Aujourd'hui, la problématique d'un entrepreneur ou même d'une personne lambda, c'est l'accès au crédit. On sait très bien la problématique qu'il y a pour avoir un accès au financement en Afrique surtout un entrepreneur.

Mais justement, le fait d'être incubé, accompagné par Edf pulse Africa, permet à la start-up de gagner en crédibilité et en légitimité auprès des banquiers.

Et nous mêmes dans notre écosystème, avons des banques, des financeurs de projet qui vont pouvoir accorder de la légitimité de projet parce qu'on a des tas d'idées en Afrique, des supers idées mais c'est le défaut de financement qui freine toutes les initiatives entrepreneuriales.

Une collaboratrice, en l'occurrence Eva Sow disait que «les start-up avaient deux ans de vie». Parce que de l'idée à la promotion, il se passe un monde. Et Edf pulse Africa va accompagner ces start-up vers la commercialisation

Quelle appréciation faites-vous des projets soumis?

Ici, au Sénégal pour les 5 projets sélectionnés, ils sont tous différents les uns les autres en termes d'innovation. Je magnifie la qualité des projets présentés par les jeunes. Par exemple le projet domestique en zone rurale.

Vous imaginez dans les zones rurales en Afrique de pouvoir claquer les doigts pour allumer et éteindre la lumière, le ventilateur et l'éteindre etc. Et c'est un jeune qui propose ça. Il faut l'accompagner pour que ça soit réalisable.

Un autre jeune encore propose une pompe solaire agricole connectée avec des Smartphones. D'autres projets nous ont été proposés, mais on va vers une relation Sud-Nord.

Et je pense que tous ces projets émanant d'Afrique vont apporter une solution énergétique au monde de demain. Et c'est dans cette dynamique qu'Edf s'est inscrit en se résolvant à accompagner ces jeunes.

Que dites vous à tous ceux qui n'ont pas été retenu?

Certes, tous les projets ont été pertinents, mais les projets ne peuvent pas être tous retenus. Nous demandons à tous ceux qui ont été laissés en rade de redoubler d'efforts en innovant davantage.

L'essentiel n'est pas de gagner mais de participer à cette initiative qui ne peut être que bénéfique pour les jeunes, en ce sens qu'ils partagent les expériences, apprécient et bonifient l'ingéniosité des uns et des autres découvrent leurs limites pour s'auto-évaluer potentiellement et se projeter. Donc, les prochaines éditions leurs sont ouvertes.

Quelles sont les solutions que Edf Pulse Africa valorise?

Nous privilégions une Pme de moins de 30 personnes et dont le projet porte sur l'accès à l'énergie, à l'eau via une solution énergétique. C'est ça les véritables freins au développement de l'Afrique.

Donc, toute solution innovante allant dans le sens d'améliorer les conditions de vie et d'existence des populations tout en préservant l'environnement nous la soutenons.

Edf Pulse Africa s'intéresse aux initiatives de jeunes africains pour les africains, parce que nous pensons que les problèmes africains doivent trouver solutions en Afrique par les africains euxmêmes.

C'est toute la pertinence de Edf pulse Africa qui s'inscrit dans la démarche Edf pulse national en France dédié aux start-up, aux Petites et moyennes entreprises africaines.

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