Ile Maurice: 110 kilos d'héroïne saisis en mer - Tirania incrimine toujours la famille d'Asraf Mohamed Ali

20 Septembre 2019

L'affaire avait fait grand bruit en octobre 2018. La saisie de 110 kilos d'héroïne, valant plus de Rs1,7 milliard, au large du Coin-de-Mire avait soulevé bien de points d'interrogation. Trois suspects avaient été arrêtés, dont celui considéré comme le «cerveau», Oomar Karrimbaccus, alias Tirania.

Mercredi 18 septembre, l'enquête policière a repris, en présence de son avocat, Me Ashwin Kandhai. Il a été question de la vérification des noms des présumés financiers de ce trafic. En mai, Tirania a surpris les enquêteurs quand il a impliqué un homme proche du pouvoir comme étant le financier initial. Il avait même fourni une description de la maison du présumé commanditaire, en expliquant que ce dernier lui avait remis un gros sac d'argent.

Mais après un interrogatoire serré, Tirania s'est rétracté pour dorénavant impliquer les membres de la famille du trafiquant Asraf Mohamed Ali comme étant les véritables commanditaires. L'enquête se poursuit la semaine prochaine.

Mercredi, les enquêteurs de l'Anti Drug & Smuggling Unit (ADSU) ont confronté Tirania à la version de ses coaccusés, les skippers Fabrice Jean-Pierre et Jean Michel Rosette, qui avaient été arrêtés en sa compagnie le jour de la saisie, de même qu'avec les déclarations de Bibi Rehana Peerkhan, Bibi Taslima Peerkhan Bruls (belle-soeur du principal suspect), Bibi Rashida Karrimbaccus et Mohammad Umayr Bin Karrimbaccus, tous arrêtés en novembre dernier. Il semblerait que chacun aurait une version différente mais, toutefois, Tirania aurait maintenu ses dires sur la participation de chacun d'entre eux dans cette affaire.

Financement

Il a été surtout question du financement de l'achat des 110 kilos d'héroïne. Le mois dernier, deux membres de la famille du trafiquant Asraf Mohamed Ali, qui se trouve actuellement en prison, avaient été convoqués par les officiers de l'ADSU. Il y a eu une parade d'indentification et Tirania aurait expliqué que ce sont eux qui étaient venus le voir pour déposer l'argent destiné à monter cette opération.

Toutefois, les deux accusés ont nié leur implication dans l'affaire et n'ont pas été arrêtés. Tirania avait aussi impliqué sa belle-soeur, Taslima Peerkhan Bruls, comme étant celle qui gérait le financement. La police procède actuellement à la vérification des dires d'Oomar Karrimbaccus, avec une enquête séparée sur le mode de financement pour acheter les 110 kilos de drogue. Les enquêteurs veulent des éclaircissements sur les zones d'ombre entre les dires de Tirania et ceux des autres accusés. Il nous revient que l'enquête serait sur le point d'être bouclée.

Rs 1,7 milliard de drogue sur un hors-bord

C'est lors d'une opération de surveillance menée par la National Coast Guard et l'ADSU de la division Nord, le mardi 30 octobre 2018, dans les parages du Coin-de-Mire, qu'environ 110 kg d'héroïne, répartis dans cinq sacs, ont été interceptés sur un hors-bord. Les trois hommes qui s'y trouvaient avaient été arrêtés. Le montant total de la drogue est estimé à plus de Rs 1,7 milliard. Selon la version du principal suspect Tirania, ce serait sa belle-soeur, Taslima Peerkhan Bruls, et le trafiquant Asraf Mohamed Ali qui auraient commandité toute cette affaire depuis la prison. Asraf Mohamed Ali, qui se fait appeler le roi du Brown Sugar, avait été condamné par la Cour suprême à 35 ans de prison en juin 2011, pour une livraison de drogue valant Rs 12 millions. Il avait auparavant échappé deux fois à la prison, pour une affaire d'importation d'héroïne valant Rs 38 millions.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: L'Express

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.