Afrique de l'Est: Grève pour le climat - Les jeunes du monde entier mobilisés

Du Pacifique à l'Arctique, en Ouganda, Madagascar, comme à Tokyo, Hambourg, Bruxelles ou Peshawar, des foules immenses de jeunes ont rejoint vendredi la « grève mondiale pour le climat », afin d'exiger des générations au pouvoir des actions contre la catastrophe climatique annoncée.

A New York, avec Greta Thunberg en chef de file, les manifestants ont envahi Manhattan, transformée en marée humaine. Plusieurs pays dans le monde ont suivi le mouvement.

« Jeunes du monde, levez le poing ! L'heure est venue de résister » En un slogan, le ton est donné. À New York, la jeunesse s'est mobilisée en masse pour cette marche pour le climat. Les manifestants ont littéralement envahi le sud de Manhattan. Ils étaient tellement nombreux que la place principale où a eu lieu ce rassemblement ne suffisait pas à les accueillir. Selon les estimations (non confirmées) des organisateurs du mouvement, 350.org, ils étaient entre 250 000 et 300 000 à New York à défiler dans la Grosse Pomme et quatre millions dans 160 pays.

Dans la foule, il y a des lycéens, des collégiens, des écoliers. Les écoles ont autorisé spécialement leurs élèves à manquer les cours. Certains établissements en ont même fait une sortie pour sensibiliser les plus petits aux questions de l'environnement.

Pour beaucoup, comme Eryn McGrath, c'était une première. Cette lycéenne s'est levée à l'aube et a fait une heure de train pour être là. « Si je ne peux pas changer les choses parce que j'ai 17 ans, alors je vais, au minimum, crier haut et fort jusqu'à ce que quelqu'un d'autre agisse », affirme-t-elle.

« Un tournant en faveur du climat... »

Comme elle, Sofia Suskind s'est engagée récemment dans la lutte pour le climat. À 11 ans, elle estime qu'il est crucial pour sa génération de se mobiliser. « On veut créer un meilleur monde pour nos enfants, pour les animaux parce que, clairement, les générations précédentes ont mal fait les choses. »

Parmi ces manifestants, certains, comme Greta Thunberg ont commencé très jeunes. Morgan Margulies avait 6 ans lorsqu'il a manifesté avec ses parents contre un projet de pipeline dans sa village natal en Californie. Il dit être en colère que les gouvernants refusent de voir les conséquences du changement climatique. « Ma ville a plusieurs fois été touchée par des incendies. La ville voisine a été totalement détruite », raconte-t-il.

Les jeunes sont là en force et ils veulent faire entendre leur voix. « Nous voulons protéger notre avenir », « Sauvons la planète », « Stop aux énergies fossiles ». Autant de slogans répétés ce vendredi. De nombreux adultes se sont également joints à mouvement.

Greta Thunberg a également retrouvé les manifestants. La jeune Suédoise, égérie de ce mouvement, a dit espérer que « cette journée soit un tournant en faveur du climat ». Tous ici disent maintiennent que cette journée de manifestations n'était que le début d'une mobilisation qui va durer le temps qu'il faudra.

À New York, la manifestation, assez symboliquement, se passe à quelques mètres seulement de là ou à eu lieu un autre mouvement de résistance : celui de l'occupation de Wall Street en 2011.

Des milliers de manifestants à New York pour la #ClimateStrike https://t.co/bflsR4hGxY

Sonia Dridi (@Sonia_Dridi) September 20, 2019

Tout le monde parle de mode et tout ça, mais personne ne pense à l'écologie.

En France, des militants de tous les âges 20/09/2019 - par Christine Siebert Écouter

A Madagascar, t-shirts verts sur le dos, une centaine de jeunes comme Mirindra Rakotoarisoa de l'association Climates arpentent différents quartiers populaires de la capitale. Leur but, enseigner 10 éco-gestes faciles à réaliser - comme éteindre la lumière ou la lampe à pétrole, débrancher les appareils électroniques, ou apporter son propre sac au marché-, pour limiter les impacts négatifs du changement climatique.

Après la sensibilisation, dans un jardin public, les bénévoles débattent de leurs futures actions et de leurs difficultés. « Le ministère de l'Environnement nous appelle quand il a besoin de main-d'œuvre gratuite pour ses opérations de reboisement. Ou pour avoir des jeunes sur ses photos devant les journalistes. Mais quand on demande à être entendu pour échanger sur des projets de fonds qu'on développe, là, on n'intéresse plus personne », s'agace une militante.

Billy Rakotonjanahary, membre de l'association Tsy Hanan Droa Nitan (littéralement « On n'a pas de planète B »), déplore également ce manque de considération des autorités à leur égard.

« Soyons obstinés ! Ce que disent l'Etat, les prétendus penseurs, nos parents, ce n'est pas toujours vrai ! Et face à eux, on manque de courage pour affirmer nos convictions. Donc, les jeunes, réveillez-vous ! C'est "nôtre" Madagascar ! Eux, ils ont déjà vécu leur vie ! Nous on va encore vivre ici longtemps, pensez à nos enfants, à nos petits-enfants ! »

En Afrique du Sud, les manifestants, ont décidé de se mobiliser symboliquement devant la centrale thermique de Secunda dans la province du Mpumalanga. C'est l'endroit où il y a le plus de concentration d'émissions de CO2 au monde. Selon Shanon, l'entreprise Sasol est le principal visage de la pollution en Afrique du Sud.

Alors, un millier de personnes a demandé à l'entreprise de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Parmi eux, Sunny Morgan, un activiste qui appelle les Sud-Africains à se joindre aux manifestants. « La société civile est bien consciente. Nous sommes prêts à nous allier et à créer une force considérable pour résister à la pollution continue et la dégradation de la planète par le secteur du charbon, c'est pourquoi Sasol est notre première cible. » Le charbon représente presque 90% de la production d'électricité dans le pays.

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