Congo-Brazzaville: Parc agro industriel - Matata Ponyo exhume le dossier Bukanga Lonzo

L'ex-Premier ministre met l'échec du vaste projet éminemment social sur le dos de ceux qui ont eu à le gérer juste après son départ de la primature.

Lancé avec pompe par l'ancien président de la République, Joseph Kabila, le parc agro industriel de Bukanga Lonzo, érigé dans la province de Kwango, a fait long feu. Tous les bienfaits dont on a fait miroiter la population en termes d'autosuffisance alimentaire se sont révélés de la poudre aux yeux. Aujourd'hui, cet ouvrage qui incarnait l'espoir de tout un peuple est à l'arrêt après avoir englouti des fonds énormes. Près de cent-cinquante millions de dollars partis en fumée ! Ce montant représente le coût global de l'investissement tel que matérialisé par le contrat de gré à gré signé sous le Premier ministre, Matata Ponyo, avec la firme Africom commodities Ltd.

Sujet aux spéculations sur sa gestion de ce dossier, l'ex-Premier ministre a profité de la tribune qui lui a été offerte, le 20 septembre, par la plate-forme « Investir pour un Congo émergent », pour répliquer et donner sa version des faits. C'était dans la salle Show buzz à Kinshasa alors qu'il déroulait sur le thème « Leadership et bonne gouvernance ».

D'emblée, Augustin Matata Ponyo s'est plaint du fait que ce grand projet social n'a pas résisté à l'épreuve du temps. Il a fallu qu'il quitte ses fonctions de Premier ministre pour qu'on en parle plus. Un échec qu'il met sur le dos de ceux qui l'ont succédé à la primature. « Ce fut un projet d'une importance vitale pour les Congolais en général. Il a même servi d'inspiration pour d'autres pays africains. Je regrette qu'il soit négligé aujourd'hui », a-t-il indiqué.

« Bukanga Lokonzo n'a pas été une ferme, parce que les gens ont tendance à confondre. C'est un projet agro-industriel. Laissez-moi vous dire que l'exemple de Bukanga Lonzo a déjà été copié par d'autres pays mais qui sont en train de le finaliser. Moi, je n'étais plus au gouvernement. Un expert d'une institution internationale est venu me chercher pour me dire qu'il ne comprenait pas pourquoi ce projet qui devait servir de modèle dans l'Afrique subsaharienne était étouffé de cette manière (... ). Etant un projet, ça ne pouvait s'arrêter avec le départ d'une personne. Ça ne peut pas être combattu comme si c'était un projet d'une personne ».

En fait, Matata Ponyo tente de se dédouaner de cette affaire et refuse d'y être mêlé car il n'était pas dans son exécution après avoir posé les fondamentaux. « Lorsque l'on me posera la question sur Bukanga Lonzo, je répondrai. Mais il faudra aussi que ceux qui l'ont géré après nous disent pourquoi ils ont arrêté un projet aussi important pour la population congolaise », a-t-il martelé. Il est prêt à en découdre avec ses pourfendeurs lorsque le dossier sera porté sur la place publique pour « que tout le monde sache qui est responsable de l'arrêt de ce projet aussi important ». Au-delà de tout, il pense qu'il est encore possible de relancer ce projet qui permet de produire localement ce que le pays peut importer.

Ce qui est sûr est que Bukanga Lonzo a été mal géré. Les fonds mis à sa disposition ont été dilapidés par des gestionnaires véreux. Jamais les états financiers du projet n'ont été soumis à un audit sérieux. Il est temps que la justice se saisisse de ce dossier afin que les responsabilités soient clairement établies.

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