Tchad: Polémique sur l'organisation des législatives dans le pays

23 Septembre 2019

Le président Idriss Déby demande à la Céni de tout faire pour organiser les élections législatives en décembre ou janvier. L'opposition s'offusque et refuse.

L'organisation des électiosn législatives provoque, une nouvelle fois, des remous. Et ce alors que ces élections ont quatre ans de retard, puisqu'elles auraient dû être organisées en 2015. Cette fois tout est parti d'une note du cabinet civile de la présidence de la république, enjoignant la Commission électorale nationale indépendante (Céni) de tout faire pour organiser les élections législatives et locales, en décembre prochain ou, au plus tard, en janvier 2020.

Poids de l'opinion internationale

Le gouvernement tchadien justifie cette décision par le souci de respecter la promesse faite à la communauté internationale d'organiser ces élections cette année. "Chose promise chose due, nous devons tenir la promesse qui est d'aller aux élections législatives", explique Ruth Tédébé, la secrétaire générale, première adjointe du Mouvement patriotique du salut MPS, le parti au pouvoir. "Même si les choses sont élastiques jusqu'en janvier 2020, on doit tous s'atteler à ce que ce délai soit respecté pour sauver notre visage dans l'opinion internationale. Donc, à mon avis, il est possible qu'en décembre 2019 ou en janvier 2020, on puisse aller aux élections."

Des arguments et un calendrier que confirment certains diplomates américains et français contactés. Mais le problème, c'est que l'opposition ne voit pas les choses de la même façon. Pour Max Kemkoye, président du parti Union pour le développement et le progrès, un parti d'opposition, il est "honteux de vouloir bâcler le processus électoral en cours" pour faire plaisir à la communauté internationale.

Action en justice ?

"Idriss Deby s'est humilié lui-même tout en humiliant tout le Tchad", estime-t-il. "Pour le besoin ou le bon plaisir des partenaires il veut malgré tout organiser vaille que vaille les élections ! Mais c'est un processus jalonné par une succession d'étapes, qui se tiennent les unes aux autres et avec un temps incompressible. Ce n'est pas en moins de 200 jours qu'on peut organiser ces élections". Et d'insister sur l'indépendance supposée de la Céni, en menaçant de "congédier tous ses membres" et de les "astreindre en justice pour parjure", si la comission se plie à la demande d'Idriss Déby.

Pour beaucoup d'observateurs et experts électoraux, aller aux élections en décembre ou janvier n'est pas réaliste car beaucoup reste à faire. Le code électoral doit être révisé, le recensement électoral organisé, le corps électoral convoqué et la campagne électorale organisée. Une partie de l'opposition menace même de suspendre sa participation au processus si la Céni valide le calendrier imposé par le chef de l'Etat.

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