Burkina Faso: 74e session de l'AG de l'ONU - SOS pour un climat en dérèglement avancé

(Photo d'archives) - Les maisons ont été inondées à Philippes après les fortes pluies.

Ce lundi 23 septembre, se joue au siège de l'ONU à New York l'acte III de l'interpellation exceptionnelle des décideurs sur les graves conséquences du changement climatique. Une centaine de chefs d'Etat et de gouvernement du monde sont en effet réunis pour renouveler ou prendre de nouveaux engagements contre le réchauffement climatique à l'origine de catastrophes qui mettent à rude épreuve l'écosystème.

Pendant que les décideurs de nos différents Etats seront en conclave, des milliers de personnes, en particulier 500 jeunes venus des cinq continents, manifesteront dans les alentours du siège des Nations unies pour exiger que les gouvernants actuels aillent au-delà des beaux discours en proposant des plans concrets et réalistes de réduction des gaz à effet de serre pour « rompre avec la paralysie » préjudiciable au climat.

Cette manifestation à New York est le prolongement de l'acte II de l'appel à une prise de conscience renouvelée des générations présentes en faveur de la protection de l'environnement. Cet acte II a consisté en une réunion de 500 jeunes venus des quatre coins du monde au siège de l'ONU pour faire un plaidoyer afin que les générations actuelles travaillent à ne pas léguer une planète Terre au climat invivable aux générations futures. C'est une première pour les Nations unies d'offrir une tribune mondiale à la jeunesse militante écologique et aux entrepreneurs verts pour se faire entendre sur l'impérieuse nécessité d'actions urgentes pour préserver l'écosystème.

On retiendra de cette rencontre pas comme les autres au siège des Nations unies que, pour la jeunesse militante écologique, le dérèglement du climat et son impact sur l'environnement constituent la crise politique majeure de notre époque. Voilà qui explique qu'elle ait initié le « Friday for futur », le vendredi de l'espoir en un meilleur avenir au cours duquel, ce 20 septembre, des manifestations de rue ont eu lieu un peu partout à travers le globe pour la protection de l'écosystème terrestre.

Ce vendredi donc en Allemagne, en Argentine, en Australie, en Corée du Sud, aux Etats-Unis, au Japon, etc., a eu lieu « la plus grande grève pour le climat » que l'on peut considérer comme l'acte I de cet appel au réveil des consciences en faveur de la protection de l'environnement. Cette grève a consisté, outre les manifestations de rue, en un boycott des salles de cours, en des conférences publiques et en la diffusion de messages de sensibilisation des adultes à agir ici et maintenant contre le réchauffement climatique.

«La plus grande grève pour le climat » ce vendredi, le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement ce lundi, et la réunion de jeunes écologistes ce samedi sont trois actes d'un même plaidoyer pour des actions vigoureuses de sauvegarde de l'écosystème. Des SOS synchronisés sous l'impulsion du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, pour pousser les dirigeants du monde à respecter leurs engagements pris lors de l'Accord de Paris (COP 21) en 2015.

Pour Antonio Guterres, nos gouvernants doivent même aller au-delà des accords de la COP 21, car les promesses actuelles des Etats exprimées par «les contributions déterminées nationalement » suivent une trajectoire qui pourrait entraîner un réchauffement climatique supérieur à 3 degrés Celsius, encore qu'elles ne soient pas respectées. Pourtant la COP 21 avait retenu l'objectif commun de contenir le réchauffement climatique en dessous de 2 degrés Celsius par rapport à l'ère préindustrielle.

A l'allure où vont les choses, cet objectif primordial de l'Accord de Paris va rester lettre morte comme hélas beaucoup d'accords internationaux surtout que, dans ce domaine précis, les climato-sceptiques ne manquent pas. C'est connu, l'actuel locataire de la Maison-Blanche, qui en est un, a annoncé dès sa prise de fonction qu'il retirerait les Etats-Unis de l'Accord de Paris. Le nouveau président du Brésil, Jair Bolsonaro, apporte lui aussi de l'eau au moulin de ces climato-sceptiques. Il n'en fallait pas plus pour que des pays grands pollueurs comme la Chine et l'Inde freinent dans leur élan de réduction de leurs émissions des gaz à effet de serre.

Ce sommet de l'ONU sur le climat est donc une piqûre de rappel, un lancinant SOS pour sauver l'écosystème de la terre en grande souffrance. Qu'il se tienne alors que des incendies spectaculaires ravagent l'Amazonie, que l'ouragan Dorian a dévasté les Bahamas, qu'une sévère sécheresse affecte la France, et que des inondations noient des contrées guinéennes, nigériennes et maliennes illustre bien son opportunité. Si ce sommet des Nations unies « action climat » n'avait pas lieu, il aurait fallu le convoquer d'urgence.

Car les urgences pour sauver le climat d'un dérèglement irrémédiable, ça ne manque pas : Antonio Guterres les a synthétisées en quatre points, un canevas d'actions pour les Etats afin d'endiguer le réchauffement climatique. Pour lui il faut concevoir des plans pour atteindre la neutralité carbone en 2050 ; trouver les moyens de lutter contre les subventions aux combustibles fossiles ; systématiser la taxation du carbone ; encourager l'arrêt de la mise en route de nouvelles centrales au charbon après 2020.

Pas sûr que les puissances industrielles, grands pollueurs avérés, écouteront l'évangile écologique selon saint Antonio. Leurs intérêts économiques sont comme de gros bouchons dans leurs tympans, et des groupes de pressions comme les lobbies du pétrole, du gaz et du charbon les y maintiennent.

Tant pis alors pour les pays pauvres, notamment ceux du Sud qui, bien qu'émettant très peu de gaz à effet de serre, subissent de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique : désertification, érosion des sols, sécheresses, chaleur caniculaire, inondations, etc. Ce SOS pour sauver l'écosystème devrait donc avoir un grand écho dans nos pays où, si la priorité n'est pas à la réduction des gaz à effet de serre, se conjugue à la lutte contre la destruction abusive des forêt, les incendies de brousse, la divagation des animaux...

C'est dire que chaque pays, chaque homme peut au quotidien agir à prémunir l'écosystème d'un cataclysme. Ce faisant, l'initiative d'Antonio Guterres aura le mérite d'avoir mis en ce mois de septembre l'écologie non seulement au centre de la diplomatie internationale mais aussi au cœur de chaque citoyen du monde. Car comme dit un proverbe indien, « traitez bien la Terre, elle ne vous a pas été léguée par vos ancêtres, elle vous est prêtée par vos enfants ».

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