Burkina Faso: Forum national des jeunes - Les « gbê » de Bala

Réunis à Bobo-Dioulasso pour leur rencontre annuelle avec le chef de l'Etat, les jeunes du Burkina avaient choisi pour parrain le président de l'Assemblée nationale. Alassane Bala Sakandé, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a su, dans un discours riche en enseignements, établir une certaine connectivité avec ses filleuls qu'il invitait surtout à s'assumer pleinement dans une société en pleine mutation et aussi à saisir les opportunités qui leur sont offertes afin de jouer pleinement leur partition dans le développement du Burkina.

Vêtu d'une simple chemise carrelée rouge etblanc fourrée dans un pantalon creton, le président de l'Assemblée nationale avait visiblement fière allure devant les jeunes venus des 13 régions du Burkina.

Parrain de cette édition 2019 du Forum national des jeunes et surtout porteur d'un message plein de sagesse et d'expérience, le chef du Parlement a d'abord su captiver l'attention de ses filleuls par son habillement au goût des jeunes branchés. Il ne lui manquait plus qu'une casquette renversée sur la tête pour être confondu à cette génération montante qui affectionne le reggae. Un rythme auquel Alassane Bala Sakandé n'a pu résisté, lui qui a esquissé des pas de danse au son de « Burkina soldat». Visiblement très inspiré et très à l'aise dans ses faits et gestes à l'ouverture de ce forum, le président de l'Assemblée nationale semblait, par moments, faire fi de certaines formules protocolaires pour, dit-il, « parler gbê gbê » avec ses filleuls. Une chose est sûre, le parrain de cette édition 2019 du forum national des jeunes est apparu à travers son discours comme un éducateur social mais aussi un conseiller technique pétri d'expérience venu pour indiquer la voie à suivre et la posture à adopter par les jeunes afin de mieux s'insérer dans le cercle des grands bâtisseurs de la nation burkinabè.

Citant allègrement et par moments ces slogans-phares qui nous rappellent les heures glorieuses de la révolution d'août au Burkina, le président de l'Hémicycle a d'abord tenu à faire comprendre aux participants que la jeunesse reste le meilleur moment de la vie, les invitant par conséquent à en profiter au maximum. Une période pendant laquelle ils se doivent de mettre en évidence leurs atouts naturels que sont la puissance, l'énergie, l'intelligence et leur ambition de se réaliser et de participer au développement de leur pays. Tout cela, dans un contexte de paix et de sécurité. Ce qui est loin d'être le cas au Burkina où la jeunesse, selon le parrain, est mise à rude épreuve par les attaques terroristes. Bala Sakandé a par conséquent émis le vœu d'un retour de la « formation militaire patriotique pour les jeunes comme au temps de la révolution ». L'accès à un emploi décent, qui reste l'une des préoccupations majeures des jeunes, a été également abordé par le parrain.

Dans un langage direct et franc, Bala Sakandé fera savoir à ses filleuls qu'il serait utopique de leur part de croire que le gouvernement seul peut ou doit résoudre le problème du chômage et du sous-emploi dans notre pays par l'emploi public. Les jeunes du Burkina ont été par conséquent invités à être des créateurs d'emplois et non des chercheurs d'emploi. L'espoir à ce niveau reste grandement permis au regard, selon le parrain, du génie créateur de la jeunesse burkinabè qui a été donné à voir à travers le salon de la créativité et de l'innovation organisé en marge de ce forum. Il est désormais un impératif pour le gouvernement, a-t-il déclaré, de préparer ; avant qu'il ne soit trop tard, « ceux qui se réveillent inquiets et se couchent fâchés » aux défis du monde de demain par la formation aux métiers d'avenir. Bala Sakandé a enfin clos son discours par son projet d'instaurer un quota jeune pour les législatives et pour les nominations aux postes de responsabilité. Un document, a-t-il conclu, est en préparation dans ce sens et devra être soumis à l'appréciation des députés.

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