Mali: 59e anniversaire de l'independance du pays - Il n'y a pas de quoi pavoiser

22 Septembre 2019
analyse

Hier 22 septembre, consacrait le 59e anniversaire de l'accession du Mali à la souveraineté nationale et internationale. En effet, l'on se souvient que c'est le 22 septembre 1960, sous l'égide du père de la Nation, Modibo Keïta, que le pays accédait, tambour battant, à son indépendance. Le rêve d'un Mali grand et prospère, était l'objectif de ceux-là mêmes qui ont affranchi leur pays du joug colonial..

59 ans après, l'on peut se poser des questions sur ce que le Mali a bien pu faire de son indépendance.En effet, dans bien des domaines, les signaux sont franchement au rouge vif. L'insécurité liée à la question terroriste et aux conflits intercommunautaires, a atteint des proportions inquiétantes.

A cela, l'on peut ajouter l'occupation du territoire malien ainsi que la menace de création d'un autre Etat. Par ailleurs, la gouvernance calamiteuse de bien des présidents qui se sont succédé à la tête de ce pays, a véritablement hypothéqué bien des chances de développement de ce pays du Sahel.Aujourd'hui donc, il n'y a pas de quoi pavoiser. Et le président lui-même en est conscient. C'est pourquoi il a, dans son adresse à la Nation, invité ses compatriotes à l'introspection.

Cette introspection doit donc amener le peuple malien à se poser les bonnes questions pour trouver les bonnes réponses. Modibo Keïta avait su poser les bases d'un Mali à l'avenir prometteur. Alpha Konaré a ajouté de la terre à la terre en arrimant le pays à la démocratie. Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a l'obligation morale et politique de faire mieux ; ce d'autant plus qu'il est à son deuxième et dernier mandat. Certes, ce dernier vit un contexte difficile, mais il n'aura aucune excuse à léguer à la postérité un Mali amputé et rongé par la corruption et la pauvreté.

Les Maliens doivent travailler à restaurer le Maliba

Et l'un des défis majeurs qui se posent aujourd'hui à IBK est de faire en sorte que Kidal rejoigne la République. Cela est un impératif catégorique non seulement pour le Mali, mais aussi pour l'ensemble de ses voisins. D'ailleurs, l'un d'eux, le président nigérien, Mahamadou Issoufou pour ne pas le nommer, l'a fait bruyamment savoir à l'occasion du sommet extraordinaire des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et du G5 Sahel tenu à Ouagadougou, les 14 et 15 septembre 2019.

Cela dit, 59 ans après son accession à l'indépendance, le Mali ne doit pas être fier de voir sa sécurité assurée par l'ancienne puissance coloniale. Modibo Keïta qui avait le discours anti- colonialiste et anti-impérialiste chevillé au corps ne manquera probablement pas de se retourner dans sa tombe. Lui qui avait même eu l'outrecuidance de sortir le Mali de la zone CFA.

Enfin, tous les Maliens épris de paix et de démocratie doivent travailler à restaurer le Maliba (le grand Mali). Et cela passe par le vivre-ensemble, toute chose qui est sérieusement menacée aujourd'hui. IBK, à l'occasion du 59e anniversaire de l'indépendance du Mali, a préconisé le dialogue inclusif pour conjurer le mauvais sort. Il reste à savoir si cet appel sera entendu par tous.

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