Congo-Kinshasa: Prix Nansen 2019 - Evariste Mfaume, lauréat de la région Afrique

Le fondateur de l'ONG « Solidarité des volontaires pour l'humanité en République démocratique du Congo » œuvre dans la défense des droits des Congolais déplacés par le conflit, des réfugiés et de leurs communautés d'accueil.

Le prestigieux prix annuel rend hommage à des particuliers, des groupes et des organisations qui n'épargnent aucun effort pour protéger les réfugiés, les déplacés et les apatrides à travers le monde. Les lauréats régionaux pour l'Afrique, les Amériques, l'Asie, l'Europe et le Moyen-Orient ont été sélectionnés parmi plus de deux cents candidats nominés.

Depuis des années, explique le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Evariste Mfaume, 46 ans, défend les droits des Congolais déplacés par les conflits, ainsi que ceux des réfugiés et des communautés d'accueil. Il plaide pour que des terres leur soient allouées afin qu'ils puissent en tirer des revenus et reconstruire leurs vies. Evariste Mfaume a fondé, en 2003, l'organisation « Solidarité des volontaires pour l'humanité » au Sud-Kivu, sa région d'origine.

« J'ai commencé ce travail dans un contexte politique très difficile. J'ai vu des personnes se faire tuer, des femmes se faire violer, des biens être pillés et détruits. Mais en tant qu'être humain, j'ai ressenti en moi cet appel à défendre la dignité humaine, à mobiliser mon énergie pour agir », fait-il savoir. Il a lui-même été déplacé à plusieurs reprises avec sa femme et ses enfants.

Evariste Mfaume a commencé par dénoncer les violations des droits de l'homme en République démocratique du Congo, puis dans les pays voisins en Tanzanie, au Burundi et au-delà, souligne le HCR.

Alors qu'il vivait dans le camp de Nyarugusu en Tanzanie en 2005, il a rencontré beaucoup de réfugiés congolais qui aspiraient à retourner chez eux mais qui n'avaient pas d'endroit où rentrer.« Quand vous rentrez dans votre pays en tant que déplacé et que vous ne pouvez pas trouver d'endroit où redémarrer votre vie, vous êtes dans un état de confusion », a-t-il indiqué.

Pour ce faire, Evariste Mfaume a plaidé auprès du gouvernement pour qu'il alloue des parcelles de terres vacantes aux personnes de retour. Cela a conduit à la création des « villages de la paix » dans les villes de Baraka, Fizi, Sebele et Mboko au Sud-Kivu. Depuis 2006, plus de dix neuf mille familles sont rentrées dans ces villages pour reconstruire leur vie. « Ces zones étaient couvertes de forêts. Quand je les vois aujourd'hui cultivées et habitées, cela me remplit d'espoir et me donne la force de poursuivre ce travail », s'est-il réjoui au HCR.

Cette expérience, a laissé entendre l'agence onusienne, l'a convaincue que l'accès dans des conditions d'égalité à des terres où les réfugiés et la population locale peuvent travailler ensemble est essentiel pour la paix et la stabilité. Cette approche est celle du Pacte mondial sur les réfugiés adopté par l'Assemblée générale des Nations unies, l'année dernière.

Ainsi, des agriculteurs congolais et des réfugiés burundais travaillent dans une ferme de manioc, l'une des trois fermes communautaires de trois hectares de terres qu'Evariste Mfaume a aidé à installer avec l'appui des autorités et des communautés locales. Au total, indique le HCR, cent cinquante agriculteurs, dont des personnes déplacées, ont trouvé un moyen de se reconstruire grâce à la ferme.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU, les années de conflit ont déplacé 4,5 millions de Congolais à l'intérieur du pays et forcé plus de 850 000 autres à franchir les frontières. La République démocratique du Congo accueille aussi un demi-million de réfugiés originaires d'autres pays.

La distinction Nansen pour les réfugiés doit son nom à Fridtjof Nansen, un explorateur et humanitaire norvégien, qui a été le premier Haut Commissaire pour les réfugiés désigné par la Société des Nations en 1921. Cette distinction vise à récompenser les valeurs de persévérance et d'engagement face à l'adversité.

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