Maroc: Hausse des cas de représailles contre les militants des droits de l'Homme - Un rapport onusien met à l'index 48 pays dont le Maroc

23 Septembre 2019

Le monde connaît une augmentation des actes d'intimidation et des cas de représailles à l'encontre des militants des droits de l'Homme et des membres de la société civile, relève un rapport du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme (HCDH), présenté, jeudi, au siège de l'organisation.

Ce rapport fait état de «cas flagrants de mauvais traitements et de torture de femmes en détention» ainsi que l'utilisation abusive des réseaux sociaux par des discours de haine, des campagnes de calomnie et de harcèlement. Parmi les cibles, des militants victimes de détention et de peines de prison ou d'actes d'intimidation tels que le fait de filmer des participants à des réunions sans leur consentement, parfois même dans les bâtiments des Nations unies. «Nous avons des cas graves où les autorités menacent et harcèlent des membres de la famille des activistes », a déclaré le sous-secrétaire général des Nations unies aux droits de l'Homme, Andrew Gilmour. Ces actes sont observés dans toutes les régions du monde et précisément dans 48 Etats, dont plusieurs sont membres du Conseil des droits de l'Homme.

De 29 Etats en 2017, ce nombre a atteint 38 en 2018 avant de passer à 48 en 2019. Ces pays sont, par ordre alphabétique, l'Algérie, les Bahamas, Bahreïn, le Bangladesh, le Bénin, la Bolivie, le Burundi, le Cameroun, la Chine, la Colombie, Cuba, Djibouti, l'Egypte, l'Erythrée, l'Ethiopie, le Guatemala, le Honduras, la Hongrie, l'Inde, l'Iran, l'Irak, Israël, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la République démocratique du Congo, la Malaisie, le Mali, Malte, la Mauritanie, le Maroc, le Mexique, Myanmar, le Nicaragua, les Philippines, la Pologne, la Fédération de Russie, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Soudan du Sud, le Sri Lanka, l'Etat de Palestine, l'Ouzbékistan, la Thaïlande, la Tunisie, le Turkménistan, le Venezuela, le Vietnam et le Yémen.

Beaucoup de cas de représailles ne sont pas par ailleurs révélés du fait de la réticence de certaines victimes à les mentionner « en raison des risques pour la sécurité des victimes et celle de leur famille », relève le rapport. Lequel «ne présente qu'une partie du tableau, et l'autocensure est également un problème majeur », a précisé Andrew Gilmour qui a noté que les services de l'ONU ont tendance à recevoir plus d'informations lorsque la situation sécuritaire le permet et lorsqu'il existe un réseau actif de la société civile. «Malgré ces limites, après avoir régulièrement mis en lumière le problème pendant dix ans, nous avions espéré que les chiffres diminueraient au lieu d'augmenter », a-t-il fait valoir en notant que le Secrétaire général est préoccupé par «l'utilisation par les Etats d'arguments de sécurité nationale et de stratégies antiterroristes pour justifier le blocage de l'accès aux Nations unies ».

Le rapport fait ainsi état des cas d'individus ou d'organisations « accusés de terrorisme, de coopération avec des entités étrangères ou de porter atteinte à la réputation ou à la sécurité de l'Etat ». «Certains gouvernements semblent prêts à aller jusqu'au bout pour punir ceux qui coopèrent avec nous », a-t-il estimé. Dans ces conditions, les conséquences pour la société civile sont déjà graves, selon le rapport qui note que certaines personnes ne coopèrent pas avec l'ONU «par crainte pour leur sécurité ou dans des contextes où le travail en faveur des droits de l'Homme est criminalisé ou publiquement dénigré».

Bien qu'elle continue de renforcer son intervention à l'échelle du système des Nations unies, notamment en améliorant les rapports sur les allégations et les réponses politiques, l'ONU rappelle que la charge de la preuve incombe toujours aux États membres. «Les Etats membres doivent être tenus responsables de leurs propres actions et pratiques, et assurer un droit de recours en cas de représailles », a déclaré Andrew Gilmour

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