Sénégal: Délit d'offense au chef de l'Etat - Abdou Latif Coulibaly disqualifie l'article 80

23 Septembre 2019

Selon Abdou Latif Coulibaly, porte-parole du président de la République, l'article 80 du Code pénal qui vise le délit d'offense au chef de l'Etat est suranné. Invité de l'émission Grand Jury de la radio Futurs médias (Rfm privée) hier, dimanche 22 septembre, il a disqualifié ledit article avant d'indiquer au sujet de l'affaire de corruption présumée sur 94 milliards FCFA que «Mamour Diallo n'a rien à voir avec le paiement»

L'ancien journaliste devenu aujourd'hui militant du parti au pouvoir et porteparole du président de la République, Abdou Latif Coulibaly, reste néanmoins intransigeant à l'égard de l'article 80 du Code pénal. Interpellé hier, dimanche 22 septembre, lors de son passage devant le Grand Jury de la Radio futurs médias (Rfm privée) sur cette disposition qui a valu récemment au journaliste activiste Adama Gaye un séjour carcéral d'une quarantaine de jours à Rebeuss, Abdou Latif Coulibaly a jugé suranné le délit d'offense au chef de l'Etat. «Je ne trouve pas normal certains délits qui sont des délits surannés et je l'assume totalement Un délit pénal, il est défini, il est précis.

Le juge n'a pas besoin d'imaginer qu'est-ce que l'offense au chef de l'Etat, parce que la procédure est allégée et permet rapidement au procureur de mettre quelqu'un en prison. Ce n'est pas parce que je suis dans le gouvernement que je le renie aujourd'hui», martèle l'ancien directeur général de la radio Sud fm (privée). Poursuivant son propos, l'ancien ministre de la Culture s'est cependant refusé à tout commentaire sur le cas de son ancien confrère activiste Adama Gaye qui a bénéficié d'une liberté provisoire. Interpellé sur ce sujet, Abdou Latif Coulibaly dit être «plus préoccupé par la situation de cette fille à Sokone qui est allée en prison pour s'être fait avorter qu'à ce cas précis (Ndlr-Adama Gaye) ». « Ma sympathie va plus vers cette fille qu'à ces gens qui disent assumer leurs responsabilités et revendiquer leurs propos», a-t-il tranché.

Par ailleurs, se prononçant sur l'affaire de corruption présumée sur 94 milliards FCFA dans laquelle, l'opposant et leader du parti Pastef, Ousmane Sonko accuse son ancien collègue inspecteur des impôts et domaines, Mamour Diallo, ex directeur des Domaines d'avoir détourné ce montant (94 milliards FCFA), Abdou Lalif Coulibaly soutient qu'il «n'y a aucune zone d'ombre». «Il n'y a aucune zone d'ombre, j'ai tout compris. J'ai lu d'ailleurs un expert qui a écrit un papier fabuleux qui n'a rien à voir avec l'Etat et qui est indépendant. Il a indiqué les procédures par lesquelles on est arrivé aux 94 milliards FCFA», a-t-il laissé entendre avant de laver à grande eau Mamour Diallo qui, selon lui, «n'a rien à voir avec le paiement». Et de la question suivante : «Comment ce dernier peut-il payer de l'argent ? À moins que toutes les règles de finances publiques soient changées. Il ne peut pas payer l'argent et ce n'est pas lui. C'est à la fois le directeur général du Budget et le Trésor public qui vont payer. Mamour Diallo n'a rien à voir avec le paiement».

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