Guinée: Dix ans après le massacre de Conakry - "Une vraie atrocité"

Photo: HRW
Massacre du 28 septembre 2009 à Conakry
23 Septembre 2019

Le 28 septembre 2009, 157 personnes étaient tuées dans le stade de Conakry. Dix ans après, les familles de victimes attendent toujours que la justice fasse son travail.

La Guinée s'apprête à commémorer, cette semaine, la date du 28 septembre 2009. Une date marquée à jamais dans l'histoire du pays.

Ce jour-là un massacre dans le stade de Conakry faisait 157 morts. Dix ans après, on attend toujours que la justice passe et les plaies ne sont pas refermées pour les familles de victimes.

Rassemblement de l'opposition

Ce lundi 28 septembre 2009, toute l'opposition était mobilisée dans un stade de Conakry plein à craquer pour manifester contre la candidature du capitaine Moussa Dadis Camara, le chef de la junte militaire qui s'était engagé, à sa prise de pouvoir par les armes en décembre 2008, à ne pas se présenter à l'élection présidentielle de 2010.

"Ils étaient partis pour dire non à la candidature militaire, ce n'était pas pour une guerre", raconte aujourd'hui Asmao Diallo, présidente de l'association des victimes, parents et amis du massacre du 28 septembre 2009. "Ils ne sont pas partis avec les armes, ils sont partis les mains libres, sans rien d'autre, seulement des slogans. Malheureusement la fin a été une vraie atrocité".

Massacre prémédité

Toute manifestation dans la capitale était interdite la veille des événements, mais les opposants réussissaient un grand rassemblement, qui, contre toute attente, va virer au drame. L'ambiance du stade est subitement interrompue par des coups de feu de militaires qui font irruption : 157 personnes tombent sous leurs balles.

"Mon fils aîné était parti au stade comme tous les Guinéens pour écouter les discours des leaders politiques", se souvient Asmao Diallo. "Mon garçon et les enfants des Guinéens sont tombés ce jours-là."

Outre les 157 tués, 1 500 guinéens furent blessées, 89 portées disparues et 109 femmes violées. Plusieurs enquêtes ont confirmé que le massacre était prémédité et perpétré par des unités d'élite de la garde présidentielle. Dix ans après, c'est toujours le grand flou sur les responsabilités de ces tueries, même si 13 personnes sont inculpées et trois en prison.

Asmao Diallo éspère désormais qu'un procès aura lieu rapidement. "Parmi ces inculpés il y a le capitaine Moussa Dadis Camara, ils ont clôturé l'instruction, le lieu où doit se tenir le procès est connu, tout comme le montant l'Etat a donné pour l'organiser. Il ne nous manque que la date."

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