Rwanda: Un nouvel opposant assassiné au pays

24 Septembre 2019

Le leader du parti FDU-Inkingi, de Victoire Ingabire, a succombé à plusieurs coups de couteaux. Depuis un an, c'est le quatrième meurtre ou disparition d'un proche de l'opposante, libérér de prison en septembre 2018.

Les circonstances exactes de cet assassinat n'ont pas été éclaircies. Mais l'opposition parle de mobiles politiques. Mais selon plusieurs sources, Syridio Dusabumuremyi, le coordinateur national du FDU-Inkingi aurait été attaqué lundi soir (23 septembre) par deux hommes dans un magasin où il travaillait.

Victoire Ingabire, la présidente du parti n'a aucun doute : ce nouvel assassinat s'inscrit dans la série de meurtres non élucidés dont ont été victimes ses partisans. Elle rappelle ainsi l'assassinat en mars dernier de son porte-parole, Anselm Mutuyimana, enlevé puis retrouvé mort dans une forêt de l'ouest du pays.

"C'est un acharnement contre mon parti, contre l'opposition. En fait, le gouvernement rwandais n'est pas encore prêt à accepter l'ouverture de l'espace politique. Notre vice-président a disparu, mon assistant a été assassiné, notre représentant dans l'est a été assassiné et maintenant c'est le tour de notre coordinateur national, lui aussi assassiné. Comment pouvez-vous appeler ça? C'est un acharnement non ?", s'interroge l'opposante libérée de prison en septembre 2018, après huit ans de détention.

Solidarité de l'opposition

Dans un communiqué parvenu à la rédaction de la DW et signé de son président, Bernard Ntaganda, le Parti PS Imberakuri "condamne fermement l'assassinat sauvage et lâche de Syldio Dusabumuremyi."

Il tient aussi à rappeler que "cet assassinat s'ajoute à d'autres qui ciblent les membres éminents de ce parti et porte la marque d'un professionnel bien entrainé pour cet acte ignoble."

C'est pourquoi, le Parti PS Imberakuri "demande à tous les organes rwandais chargés de sécurité d'éclairer l'opinion sur les circonstances de ces assassinats et d'arrêter les coupables faute de quoi ils seraient tenus pour responsables de ces actes ignobles qui continuent à endeuiller les FDU-Inkingi."

Enfin, le Parti PS Imberakuri "demande à la communauté internationale de faire des enquêtes sur tous les assassinats politiques qui visent les leaders politiques de l'opposition rwandaise. Car, conclut le communiqué, les organes chargés de sécurité au Rwanda font preuve d'incapacité notoire. Pour preuve aucun coupable de ces actes ignobles n'a été arrêté et traduit en justice."

Silence des autorités et enquêtes de la police

Joint au téléphone, Jean-Paul Kimonyo, le conseiller spécial de Paul Kagame a déclaré à la DW ne pas disposer d'éléments pour commenter cette actualité.

Cependant, dans un communiqué, le Bureau d'investigation du Rwanda (RIB) a déclaré avoir arrêté deux suspects en relation avec le meurtre et que des enquêtes sont en cours.

Pour sa part, Albert Rudatsimburwa, journaliste et analyste politique, proche du régime rwandais, estime que l'opposition instrumentalise ces cas de meurtre.

"Je me demande si ce n'est pas une façon de rester toujours dans l'actualité. Je ne vois pas ce que le FDU pèse au Rwanda. Je vois beaucoup plus ça comme une tentative de faire une tempête dans un verre d'eau", affirme-t-il.

Inquiétudes

L'ONG Amnesty International a qualifié le meurtre de Syldio Dusabumuremyi d'"extrêmement alarmant" et a réclamé une enquête indépendante.

Selon la directrice régionale de l'ONG Joan Nyanyuki "cela est d'autant plus troublant qu'il (le meurtre) faite suite à de nombreuses attaques suspectes. Il est essentiel que le gouvernement du Rwanda protège les droits à la liberté d'expression et d'association, y compris pour les opposants politiques, et mette fin au climat actuel de harcèlement et d'intimidation auquel ils sont confrontés".

Il est à rappeler qu'un autre membre du parti FDU, Eugene Ndereyimana, a disparu depuis juillet dernier et l'absence de nouvelles, depuis plus de deux mois, laisse redouter qu'il soit mort.

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