Congo-Kinshasa: Lutte contre la dépravation des mœurs - La revalorisation de la commission de censure s'impose

26 Septembre 2019

L'immoralité ayant supplanté les notions élémentaires de politesse, ce n'est pas de sitôt que la République démocratique du Congo peut espérer changer la mentalité de la population. À cet effet, le chef de l'État qui tient à réussir son pari de développement, doit veiller à l'application stricte et rigoureuse des lois qui régissent le pays. Autrement, ses décisions risquent d'être qualifiées «de bonnes intentions» pour rire.

Sauf avis contraire, c'est chaque pays qui dispose d'une structure de censure chargée de sanctionner toute œuvre artistique et culturelle qui enfreindrait un règlement. Et en République démocratique du Congo, cette responsabilité revient de droit à la commission nationale de censure. Et pour l'efficacité des décisions qu'elle prend, cette structure, pilotée par un haut magistrat, a été placée sous la tutelle du ministère de la Justice.

Réduire au silence

Conformément à la vision du chef de l'État qui tient à redorer l'image de la République démocratique du Congo en décidant de faire de la lutte contre les antivaleurs son cheval de bataille, le gouvernement est appelé à revaloriser la commission nationale de censure. Car le feuilleton « interdiction de la diffusion et la présentation au public de huit chansons de l'artiste congolais Koffi Olomide » qui défraie la chronique musicalerisque d'entraver les actions à mener dans le cadre de la lutte contre le changement de mentalité.

La montée au créneau des artistes et culturels qui plaident pour la suppression de la commission nationale de censure et la levée de la sanction contre les huit chansons de Koffi Olomide est un comportement incivique. Il est impensable qu'un artiste de renom puisse soutenir que « le Congo ne mérite pas une commission de censure ». Au président de la République qui a énormément des problèmes à résoudre, Koffi Olomide se serait même permis de lui demander de se pencher sur la question en dénonçant « l'abus du pouvoir » de cette commission. « Il a vraiment de l'audace » s'exclament plus d'un observateur.

Aux dernières nouvelles d'ailleurs, nous apprenons que Koffi Olomide a été interpellé, hier mercredi 25 septembre, par la Commission nationale de censure. Lui qui croyait avoir gain de cause en refusant de répondre aux invitations lui adressées par cette instance.

Touchés par cette sanction, des artistes et culturels qui ont réagi contre la commission nationale de censeure doivent ainsi déchanter. Ils doivent savoir que le train de changement de mentalités a démarré. Et s'ils veulent être en odeur de sainteté avec le chef de l'État, ils doivent l'accompagner, avec de bonnes manières, dans sa lutte contre les antivaleurs.

Eu égard à ce qui précède, le gouvernement doit donc attirer l'attention des artistes et culturels qui se plaisent à sous-estimer le pouvoir de la Commission nationale de censure.

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