Congo-Kinshasa: Financé à hauteur de 110 millions USD par la BM, la RDC lance un projet pluriannuel de réponse aux violences basées sur le genre

26 Septembre 2019

Près de 785 000 personnes dont 400 mille femmes et filles vulnérables en situation de risque de violences basées sur le genre seront bénéficiaires du Projet de prévention et réponse aux violences basées sur le genre (PRVBG II), dans les provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu, Maniema et du Tnaganyika.

Ce projet financé par la Banque mondiale à hauteur de 110 millions de dollars américains et dont la gestion a été confiée au Fonds Social de la République démocratique du Congo (FSRDC) a été lancé, mercredi 25 septembre à Kinshasa, par la présidente de l'Assemblée nationale, Jeanine Mabunda.

Pétrie d'expérience dans la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre pour avoir été de 2014 à 2018, conseillère spéciale du chef de l'Etat en matière de lutte contre les violences sexuelles et le recrutement d'enfants, Jeanine Mabunda a rappelé aux acteurs la nécessité d'être en action hors du bureau. C'est parce que, souligne-t-elle, les violences faites à la femme et aux enfants se produisent souvent en temps de conflits armés, en des lieux inhospitaliers et par des personnes ramenées à l'état suranné de la barbarie.

Un programme pluriannuel

En présence de la ministre d'Etat en charge du Genre, Famille et Enfant, de la ministre des Affaires sociales, de la conseillère spéciale du chef de l'Etat en matière de la Jeunesse, Genre et violences faites à la femme, des représentants des caucus des députés des provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Maniema et du Tanganyika, du directeur des opérations de la Banque mondiale et du coordonnateur général du Fonds social de la RDC, la speaker de la Chambre basse du Parlement se dit satisfaite que le Programme qui se met en œuvre soit pluriannuel, de 2018 à 2023. « Cinq ans, c'est tout un mandat. Dans cinq ans, c'est donc ensemble que nous aurons à présenter à nos populations un « bilan commun » en matière de lutte contre les violences sexuelles », a-t-elle déclaré.

Dans la foulée, Jeanine Mabunda est heureuse que la bataille contre les violences basées sur le genre ne se soit pas arrêtée au gré des individualités. Elle a ainsi remercié le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, pour sa détermination à poursuivre, au travers le gouvernement et d'autres structures, le combat contre les violences basées sur le genre, un combat amorcé par son prédécesseur.

Kinshasa pas capitale de viol

En évoquant la notion de « bilan commun », la présidente de l'Assemblée nationale a rappelé les efforts récemment fournis par tous les acteurs impliqués dans le domaine, pour débarrasser la RDC de l'étiquette infamante et caricaturale de «capitale mondiale du viol ».

Pour y parvenir, explique-t-elle, il a fallu arrêter la tendance selon laquelle les principaux partenaires (institutions publiques, ONG et partenaires internationaux) engagés dans cette lutte cherchaient à tirer chacun la couverture de son côté. « Notre cause est fondamentalement commune. Donc, notre bilan sera également commun », a tranché Jeanine Mabunda.

De manière chiffrée, l'on note que juste en 2014, il avait été constaté que les juridictions civiles avaient enregistré une baisse de plaintes de 19% et les juridictions militaires un recul de 34%. Pour Jeanine Mabunda, ce léger recul à travers le pays neprocédait pas du miracle. Elle explique : « La réalité est que ma toute première action consistait à lutter contre la crainte intériorisée par les victimes. Leur silence empêchait l'ouverture de toute action judiciaire. Et en conséquence, cela créait l'impression d'une impunité généralisée ».

Campagne « Brisez le silence »

D'où, le vœu de voir se poursuivre la campagne communicationnelle nommée «Brisez le silence ! », traduite en langue lingala : « Kobomba te ! »

L'avantage de la loi congolaise relative aux infractions de viol n'est pas connu. Jeanine Mabunda l'a rappelé. La loi n°06/018 du 20 juillet 2006, qui complète le Code pénal, en ce qui concerne les infractions de viol et d'attentat à la pudeur est vraiment l'une des plus sévères au monde.« Non seulement elle condamne toute attitude brutale qui consiste à obtenir une intimité sexuelles auprès d'une personne de sexe opposé contre son gré, mais surtout elle poursuit et punit toute relation sexuelle avec une personne mineure, quand bien même cette dernière ait été consentante ».

Néanmoins, ce n'est pas l'Etat, lui tout seul, qui peut accomplir et réussir la lourde et longue tâche de formation juridique. La sensibilisation et la formation dépendent, souvent, des structures qui sont mieux aguerries pour de telles activités psychologiques et morales.

Pour rappel, les objectifs du projet sont d'améliorer, dans les zones de santé ciblées : la participation à des programmes de prévention des VBG, l'utilisation des services multisectoriels de réponse de la part des survivants de VBG ; et dans l'éventualité d'une crise ou urgence éligible, apporter un appui immédiat et une réponse effective à ladite crise ou urgence.

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