Guinée: Massacre du 28 septembre - Les victimes attendent toujours l'ouverture du procès

Photo: HRW
Massacre du 28 septembre 2009 à Conakry

La Guinée commémore ce samedi les 10 ans du massacre du stade du 28 septembre. Depuis, les autorités ont posé des jalons pour organiser un procès contre les auteurs des violences. Mais dix ans plus tard, ce procès tarde à être organisé. Plusieurs organisations de la société civile appellent les autorités à accélérer le processus.

Il y a 10 ans, des milliers de personnes se rassemblaient au stade pour protester contre la candidature du chef de la junte de l'époque, le capitaine Moussa Dadis Camara. La répression de ce rassemblement avait fait au moins 157 morts. Près de 109 femmes ont été violées.

Depuis 2009 et le massacre au stade du 28 septembre, 13 suspects ont été inculpés. Parmi eux, Moussa Dadis Camara, l'ancien chef de la junte; Mamadouba Toto Camara, qui fut son vice-président ou encore Toumba Diakité, son ancien aide de camp. Pour l'instant, sur les 13 suspects, trois sont en détention.

L'instruction a été close fin 2017, un comité de pilotage a été mis en place pour organiser le procès. 450 victimes se sont portées parties civiles. Mais elles restent frustrées par les lenteurs prises.

« Même si il y a eu des actes posés, nous estimons que la finalité c'est l'organisation du procès en vue de permettre à certaines victimes et certains témoins d'être présents lorsqu'il sera question de ce procès, explique Abdoul Gadiry Diallo, le président de l'Organisation guinéenne des droits de l'homme. En ce sens que certains sont déjà en train de mourir. Nous aurions souhaité que les autorités guinéennes prennent la décision de désigner la cour et de la constituer. Et en plus, d'annoncer la date de l'ouverture du procès. »

De son côté, le ministre de la Justice, Mohamed Lamine Fofana, assure que la « volonté politique » est « sans équivoque ». Restent toutefois deux contraintes pratiques à lever: la rénovation de la cour d'appel qui doit abriter ce procès; et la préparation des magistrats et personnels judiciaires qui seront en charge de ce dossier.

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