Congo-Kinshasa: Le bief maritime Banana-Boma-Matadi toujours bloqué

27 Septembre 2019

Le bief maritime, entre Banana et Matadi, se trouve toujours bloqué à la suite du mouvement de grève des agents de la CVM (La Congolaise des Voies Maritimes) déclenché depuis le mercredi 18 septembre 2019.

Le préalable posé par le personnel pour la reprise du travail s'articule autour de la signature d'un protocole d'accord entre le Comité de gestion et la délégation syndicale, dans lequel devraient être clairement définies les modalités de liquidation rapide des 22 mois d'arriérés de salaires demeurés impayés. Sur ce point, une fin de non-recevoir est réservée à toutes les propositions de la haute direction de l'entreprise faisant état du règlement tantôt d'un mois de salaires, tantôt de deux, avec comme condition sine qua non le retour des travailleurs à leurs postes de travail sur le fleuve Congo comme dans les bureaux.

Afin de s'assurer que le mor d'ordre de grève ne serait pas violé, notamment par un forcing du Comité de gestion, les travailleurs ont décidé de rester dehors toute la journée d'hier devant le chantier. Ils ont, au finish décidé d'y passer la nuit. Selon certains indiscrétions, ils attendent impatiemment le retour du Président de la République à Kinshasa pour lui présenter leur cahier des charges en vue d'une solution exigée par les circonstances.

Une grave crise de confiance s'est installée entre les masses laborieuses et le Comité de gestion à cause de l'incapacité de celui-ci de faire un geste dans le sens de la satisfaction, même partielle, des revendications salariales. La méfiance s'est accentuée quand le personnel a appris que les mandataires ont fait savoir, dans un rapport adressé aux ministères des Transports et du Portefeuille, que le bief maritime congolais était peu fréquenté, avec une moyenne de deux à trois navires par mois. Par conséquent, le blocage du trafic maritime entre l'Océan Atlantique et les ports de Boma et Matadi n'aurait qu'un impact marginal sur l'approvisionnement du pays en produits pétroliers, alimentaires, pharmaceutiques, industriels et autres.

Autrement dit, la grève des travailleurs de la CVM ne pourrait constituer un motif d'inquiétude pour les opérations d'import et export entre la RDC et l'étranger. Pourtant, des informations fiables et vérifiables indiquent le contraire. Présentement par exemple, une dizaines de navires de haute mer sont bloqués entre Banana, Boma et Matadi.

Contrairement au discours des mandataires de cette entreprise publique, la RDC est en train de courir le risque d'une rupture brutale des produits stratégiques tels que les carburants, les vivres, les intrants entrant dans la fabrication du ciment, de la bière, du pain et autres, etc.

Compte tenu de la radication de la grève des agents de la CVM, d'aucuns pensent que la solution immédiate, pour sortir de l'impasse, serait le limogeage pur et simple du Comité de gestion, dont l'incapacité à répondre à leurs attentes est avérée. On rappelle qu'en 2004, à l'époque où Joseph Olenghankoy était ministre des Transports, sous le régime 1+4, la recette utilisée pour casser une grève du même genre était la neutralisation des mandataires désavoués par le personnel. Le bief maritime représentant un jalon important de la sécurité nationale, la recette d'Olenghankoy peut une fois de plus faire l'affaire pour sortir le pays du bloc économique. Kimp

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