Egypte: Vague d'arrestations à travers le pays

communiqué de presse

Beyrouth — Les autorités égyptiennes ont arrêté près de 2 000 personnes lors d'une vague de répression à l'échelle nationale, en réponse aux manifestations anti-gouvernementales qui ont débuté le 20 septembre 2019, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch. Les autorités n'ont reconnu que 1 000 arrestations.

Les autorités ont bloqué des sites web d'information et des sites politiques, et ont suspendu d'autres services Internet sur lesquels les manifestants s'appuyaient afin de transmettre et recueillir des informations au sujet d'abus commis par le gouvernement. Les autorités devraient respecter le droit de manifester pacifiquement en évitant tout recours à la force excessive. Le gouvernement devrait aussi libérer toutes les personnes arrêtées uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits, et mettre fin à l'ingérence dans les activités de sites d'informations et d'autres services Internet.

« Les arrestations massives ordonnées par le gouvernement et le blocage de sites Internet visent apparemment à semer la peur afin de dissuader les Égyptiens de manifester, et aussi à dissimuler ce qui se passe réellement dans le pays », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Human Rights Watch.

Les manifestations ayant débuté le 20 septembre ont donné lieu à des appels à mettre fin à la corruption, et à la démission du président Abdel Fattah Al-Sissi.

La vague d'arrestations massives, menées en partie par les forces de sécurité, semble être la plus intense depuis fin 2013, selon Human Rights Watch. Selon des organisations égyptiennes de défense des droits humains, près de 2 000 personnes ont été arrêtées depuis le 20 septembre. Le gouvernement a également arrêté plusieurs personnalités politiques et journalistes.

Human Rights Watch réitère son appel aux partenaires de l'Égypte, notamment les pays de l'Union européenne et les États-Unis, à suspendre toute aide militaire fournie au gouvernement jusqu'à ce qu'il cesse de commettre des violations flagrantes du droit international.

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