Congo-Brazzaville: Changement climatique - Une lourde peine pour l'Afrique

En raison de l'acidification des océans, les stocks de poissons sur le continent pourront diminuer de près de 40%, estime le dernier rapport du Groupe international des experts sur le climat (Giec), publié le 25 septembre, à Monaco.

Les conclusions du rapport sur les océans et sur les zones gelées terrestres sont inquiétantes. Sur le continent africain, les conséquences sont très concrètes, notamment pour les pêcheurs. « L'Afrique va subir une importante baisse de la nourriture des poissons, le phytoplancton, dans les eaux tropicales. Cela aura un impact sur les stocks de poissons qui pourraient diminuer de près de 40% », selon les spécialistes.

Les océans ont absorbé environ un quart des émissions de gaz à effet de serre générées par les humains, avec des conséquences palpables : un niveau des mers et des océans qui monte deux fois plus vite, tout en se réchauffant. Autrement dit, les eaux s'acidifient, produisant de moins en moins d'oxygène et de poissons.

Selon Ludovic Frère-Escoffier, responsable du programme « Vie des océans » pour WWF France, cette baisse importante des stocks de poissons va déstabiliser l'économie des pays côtiers d'Afrique, d'autant plus que, comme il le rappelle, certaines régions souffrent déjà de la surpêche, que ce soit en raison de l'exploitation illégale des océans par des pays riches, mais aussi parce qu'il y a finalement trop de petits pêcheurs.

Les auteurs de ce document ont épluché une longue liste d'impacts dévastateurs, à commencer par le sort de la population vivant dans l'ensemble des zones côtières basses de la planète. L'augmentation du niveau moyen et extrême de la mer, parallèlement au réchauffement de l'océan et à l'acidification, devrait exacerber les risques pour les habitants de ces zones.

Aujourd'hui, six cent quatre-vingts millions de personnes vivent dans des régions côtières à basse altitude, ce qui représente près de 10% de la population du globe. Ce chiffre devrait atteindre le milliard en 2050. Six cent soixante-dix millions de personnes habitent dans des régions de haute montagne, là encore, près de 10% de l'humanité. Leur nombre devrait atteindre entre sept cent quarante-huit millions d'ici à 2050.

Les habitants des régions montagneuses menacés

A côté de cela, il faut ajouter les soixante-cinq millions d'habitants des petits Etats insulaires et les quatre millions des régions arctiques. Toutes ces personnes vont être touchées par le réchauffement des océans et de la cryosphère, à des degrés divers.

En attendant, les conséquences sont prévisibles pour les habitants des régions montagneuses qui « sont de plus en plus exposés aux aléas et à la diminution de l'eau disponible ».

La hausse du niveau de la mer a de multiples conséquences. Selon le document, les glaciers, la neige, la glace et le pergélisol sont en déclin et continueront de l'être. D'après les projections, ce recul devrait accroître les risques pour la population, par exemple les aléas tels que les glissements de terrain, les avalanches et les inondations. A cet effet, des zones entières vont devenir inhabitables, car une grande partie des côtes de l'Afrique est faite de sable, donc très vulnérable.

Cependant, le niveau des mers a augmenté 2,5 fois plus vite au début du XXIe siècle qu'au XXe, et va continuer à s'accroître principalement en raison du rétrécissement des calottes glaciaires. Cette hausse pourrait atteindre 30 à 60 cm environ d'ici à 2100 et ce, même si les émissions de gaz à effet de serre sont fortement réduites et si le réchauffement planétaire est limité à une valeur bien en dessous de deux degrés Celsius, mais environ 60 à 110 cm si ces émissions continuent d'augmenter fortement.

Nécessité d'adopter des politiques climatiques ambitieuses

Le changement climatique entraîne aussi une augmentation des vagues de chaleur en mer qui pourrait être multipliée par cinquante à l'origine des cyclones et des ouragans. De plus, cette situation pèse déjà lourd sur les océans et les glaces. Les deux calottes glaciaires de la planète, en Antarctique et au Groenland, ont perdu en moyenne quatre cent trente milliards de tonnes chaque année, depuis 2006, devenant la principale source de la hausse du niveau des océans. Dans le même temps, les glaciers, dont dépendent plus de deux milliards de personnes pour l'eau douce, rétrécissent aussi.

Malgré cet état alarmant de la planète, les experts estiment qu'il est encore temps de réagir. Pour « maintenir le réchauffement planétaire nettement en dessous de deux degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels », ils plaident donc pour « des transitions sans précédent dans tous les secteurs de la société » et surtout l'adoption de politiques climatiques ambitieuses indispensables à la concrétisation de l'Accord de Paris signé en 2015.

« Plus nous agirons rapidement et de manière décisive, plus nous serons en mesure de faire face aux changements inévitables, de gérer les risques, d'améliorer nos vies et d'assurer la durabilité des écosystèmes et de la population du monde entier - aujourd'hui comme demain », a prévenu Debra Roberts, co-présidente du groupe de travail II du Giec.

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