Madagascar: Telma - Pour la baisse du droit d'accise

La non-duplication de la fibre optique causera une hausse des coûts et donc une hausse des tarifs de connexion Internet, selon le DG de Telma.

Le groupe Telma s'engage à réduire de 50% son tarif sur la fibre optique, à condition que l'Etat réduise le taux du droit d'accise de 5 points. Le groupe a également annoncé un investissement de 100 millions USD pour déployer 700 nouveaux sites mobiles par an.

« Il faut mutualiser les infrastructures, pour réduire les prix ».C'est le message principal soutenu par le DG du groupe Telma, Patrick Pisal-Hamida, lors d'une conférence organisée hier au Cinepax Ambodivona. En effet, Telma est contre la remise en question de la non-duplication de la fibre optique à Madagascar.

« Nous disposons déjà de 10.000Km de fibre optique pour desservir les différentes régions de la Grande-île. Ce qui représente deux tiers des infrastructures nécessaires pour couvrir tout le territoire national. Notre dernier projet dans ce cadre concerne le premier câble sous-marin national en fibre optique reliant Ambanja et Nosy-Be, avec 2 millions d'Euros investis en 2019. Il reste encore 5.000Km de fibre optique à déployer pour couvrir toutes les régions. Il vaudrait mieux se pencher sur ces zones, plutôt que de mettre en place une fibre parallèle, là où il y en a déjà. Ce serait comme construire une autoroute à côté d'une autoroute déjà existante », a noté le DG de Telma.

Baisse des tarifs. D'après lui, l'enjeu principal de la promotion des investissements est la réduction des prix. Certes, les coûts de la connexion à Internet n'est pas à la portée de tous, compte tenu de la faiblesse du pouvoir d'achat des consommateurs. Selon le DG Patrick Pisal-Hamida, l'Internet est encore considéré comme un produit de luxe à Madagascar, car outre la TVA à 20%, elle est encore frappée par un droit d'accise de 8%. Nous avons déjà discuté avec le ministre de tutelle pour soutenir que la réduction ou la suppression de ce droit d'accise est la solution pour faire baisser les tarifs.

« Pour chaque baisse de 1 point que le Gouvernement accordera sur droit d'accise, nous nous engageons à réduire nos tarifs sur la fibre optique de 10%. Nous avons déjà avancé l'idée d'une baisse de 5 points sur les droits d'accise, afin que nous puissions réduire nos tarifs de moitié. Selon nos calculs, nous pourrons en même temps multiplier par 4, le nombre de nos clients, l'objectif étant que tout le monde soit connecté et que la connexion Internet devienne un véritable produit de première nécessité pour le Malgache », a-t-il promis.

Choix. Pour en revenir à la non-duplication de la fibre optique, le groupe Telma a évoqué un haut risque de hausse de tarif, si d'autres infrastructures parallèles sont construites sur les sites déjà couverts. « La capacité des infrastructures que nous avons installées sont aujourd'hui utilisés à 5%. C'est pour dire qu'on peut augmenter le niveau d'exploitation de ces infrastructures, d'où l'idée de mutualisation comme le font tous les autres pays. Cela permet de réduire considérablement les coûts, en les partageant entre les différents opérateurs, d'autant plus que l'Etat impose un plafond sur les prix proposés à ces autres opérateurs. Par contre, avec la duplication, on ne peut espérer aucune baisse de prix », a expliqué le DG de Telma.

« Le réseau sur l'axe Toamasina-Antananarivo-Mahajanga représente 80% de nos ventes. Si d'autres infrastructures parallèles sont construites sur cet axe, nous ne pourrons plus garder le tarif actuel qui est le même partout à Madagascar, du nord jusqu'au sud du pays. Il faudrait alors s'attendre à une hausse des prix. Ce qui n'est bon pour personne », a-t-il évoqué. Bref, Telma soutient fermement l'idée de mutualiser la fibre optique. Une idée qui n'enchantera pas forcément ses concurrents.

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