Burkina Faso: Session BPN du MPP - Les annonces du camarade Christophe Dabiré

Le camarade Christophe Joseph Marie Dabiré était l'invité vedette de la 3e session du Bureau politique national (BPN) du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) le 28 septembre 2019. Devant les militants réunis au palais de la jeunesse et de la culture Jean Pierre Guingané, le Premier ministre, expansif, a fait le point de la situation nationale et des actions gouvernementales. Il a notamment annoncé que, pour compter du 1er janvier 2019, l'IUTS sera appliqué sur les indemnités et les primes des fonctionnaires.

Christophe Dabiré n'était pas dans ses habits de Premier ministre mais dans ceux de militant du parti au pouvoir. Cette session du BPN, où les participants font la photographie de la vie de leur famille politique, est aussi, selon le Premier ministre, une occasion pour le gouvernement de donner des informations aux militants pour qu'ils puissent être des relais sur le terrain. Il a invité les troupes à faire front pour accompagner le chef de l'Etat dans sa volonté de renouveler son bail à Kosyam par une victoire en 2020. Ces élections, qui s'annoncent à grands pas constituent d'ailleurs, a-t-il estimé, le premier défi que doit relever le Burkina en ce moment. Il a annoncé une table ronde des bailleurs de fonds pour réunir les ressources nécessaires au financement du processus.

Le second défi est sécuritaire selon le chef du gouvernement. Face aux terroristes qui assaillent le pays, le camarade Dabiré a invité les Burkinabè à ne pas oublier que « les FDS viennent de loin. Pendant longtemps, elles n'ont pas été préparées à affronter une quelconque guerre ». Mais on aurait tort de croire, à entendre le PM, que les militaires engagés sur le terrain rendent facilement les armes : « Contrairement à ce qui ce dit sur les réseaux sociaux, les enfants se battent effectivement. Ils se battent, mais ils n'ont pas la compétence nécessaire contre les terroristes qui sont allés se former à l'extérieur, qui reviennent avec un certain nombre de moyens qu'ils ont acquis avec le soutien de certaines puissances». Et le numéro 2 de l'Exécutif d'afficher son optimisme : « Je suis convaincu que, dans un avenir proche, la situation va s'améliorer ».

Le troisième défi que doit relever le Pays des hommes intègres, selon le chef du gouvernement, c'est le développement économique et socialiste. Sur ce point, Christophe Joseph Marie Dabiré s'est longuement penché sur les remous sociaux qui enraillent la machine publique. Concernant la rupture du dialogue avec les syndicats, le Premier ministre a tenu à mettre les points sur les i : ce n'est pas, d'après lui, le gouvernement qui a claqué la porte, mais les partenaires sociaux qui en exigeaient trop. L'orateur du jour estime que « Certaines organisations syndicales ont profité d'erreurs commises dans un passé récent pour justifier le fait qu'elles doivent mettre la barre à un niveau où le gouvernement ne pourra pas accéder de manière à déstabiliser l'ensemble du gouvernement ».

Encouragé par les militants de son parti, le PM a affirmé qu'il tiendrait désormais une politique de fermeté face aux revendications tous azimuts : « Nous allons rester fermes par rapport à un certain nombre de principes. La construction d'un Etat de droit ne veut pas dire que chacun fait ce qu'il veut, dit ce qu'il veut et oblige les gens à suivre ce qu'il veut. Nous allons dire aux organisations syndicales que nous sommes prêts à accepter certaines revendications. Notre rôle en tant que gouvernement est d'apurer le passif dont nous avons hérité des autres gouvernements qui nous ont précédés. Mais, au-delà de ça, ce que nous n'accepterons pas, et je le dis de façon ferme, ce sont de nouvelles revendications qui vont mettre à genou l'Etat. Il faut que ce soit très clair ».

C'est au nom de ce principe que le chef du gouvernement affirme ne pas pouvoir exaucer tous les vœux des agents de santé, actuellement en mouvement : « Si nous acceptons un certain nombre de revendications qui ont été posées soit par les attachés de santé, soit par les médecins, nous n'auront plus jamais dans notre pays une fonction publique qui fonctionne normalement et qui permet de construire un Etat ».

Le chef du gouvernement a indiqué avoir instruit le ministre de la Fonction publique de remettre en branle le processus de remise à plat des rémunérations des agents de la Fonction publique. « Il n'est pas concevable aujourd'hui que, dans ce pays, les indemnités de certains dépassent 3, 4, 5 fois la rémunération de base de certains fonctionnaires », a-t-il dit. Autre grande annonce : le Premier ministre a informé que l'Impôt unique sur les traitements et les salaires (IUTS), qui était jusque-là prélevé sur les salaires, serait instauré à partir du 1er janvier 2020 sur « les indemnités et sur les primes que les fonctionnaires perçoivent ».

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