Guinée: Télécommunications - Manque à gagner de 9 millions de dollars par an à cause la non opérationnalisation de la SOGEB

30 Septembre 2019

Avant 2011, l'Internet était presque inexistant en Guinée. Quelques rares privilégiés de la République en bénéficiaient avec une mauvaise connexion. En 2008, le taux de pénétration de l'internet était de 0,4% de la population, ça représente à peu près 42000 guinéens.

A l'époque, la Guinée enregistrait un important retard dans le secteur du numérique. Conscient de ce retard, le Chef de l'Etat a l'instar des autres pays, s'est personnellement investi pour pallier à ces carences.

Pour inverser la tendance, le Pr. Alpha Condé a confié une mission à la Société de Gestion et d'Exploitation du Backbone National (SOGEB). Au début personne ne croyait à la réussite de cet ambitieux projet tant le retard était profond et aussi l'ambition de déployer 4500km dans sa première phase qui était une première dans la sous région en terme de distance.

Quelques années plus tard, pari réussi pour le gouvernement guinéen à travers la SOGEB. À ce jour le projet est déployé à hauteur de 97% d'après nos sources. L'Internet est accessible à tous. Désormais, le numérique a une part importante dans la croissance de l'économie nationale. Sur le plan du numérique, le pays est désenclavé. Il peut compter sur les télécommunications pour booster les secteurs de la santé, du commerce, de l'éducation,etc... Depuis, les changements sont visibles sur le terrain. En 2018 le pays est à plus de 33% de taux de pénétration de L'Internet. La Guinée est en train de se diriger vers une véritable démocratisation de l'internet.

La Société de Gestion et d'Exploitation du Backbone National (SOGEB) veut désormais aller plus loin dans son élan de desservir l'ensemble du territoire national à l'internet Haut débit. En toile de fond, le déploiement de la 4G dans l'arrière pays au fin fond du terriroir. Mais le chemin est parsemé d'embuche.

Aujourd'hui, la SOGEB rencontre d'énormes difficultés dans la réalisation de ses innombrables missions. Comme tout projet en difficulté, l'argent, le nerf de la guerre est le principal. La société fait face à d'énormes déficits de financement qui paralysent ses activités dont la mise en service de cette infrastructures de Backbone attendue de pied ferme par les opérations de réseaux et les Fournisseurs d'accès à Internet. Depuis quelques mois, la société devait procéder au lancement du Backbone National mais à cause du manque de financement ce programme est ramené aux calendriers grecques.

Aujourd'hui, certains spécialistes n'hésitent pas à dire que la SOGEB est à l'abandon. Cela s'est manifesté notamment par l'absence de budget de fonctionnement.

Pour les experts, l'absence d'activités de la SOGEB engendre des conséquences fâcheuses notamment un manque à gagner pour les caisses de L'Etat, qui est chiffrable en des dizaines de millions de dollars par an.

Toujours selon les mêmes experts, cela pouvait être évité et rapidement corrigé avec le lancement de la large bande. 6 à 10 milliards de francs guinéens auraient suffit pour lancer l'infrastructure.

La Guinée pourrait ainsi récupérer plus de 9 millions de dollars par an. Ce qui pourrait financer plusieurs projets de développement. L'Etat peut trouver ce montant pour opérationnaliser la SOGEB sans toucher au budget national de développement (BND). Une des régies financières du MPTEN telle que l'ARPT peut faire un prêt à la SOGEB, remboursable, pour financer le lancement de cette infrastructure. Par ailleurs d'autres experts pensent aussi au Fond de Service Universel (FSU), comme le font tous les pays pour financer la construction de leurs infrastructures structurantes de télécommunications. En Guinée ceci représente 3% du Chiffre d'Affaire que les entreprises de téléphonies versent à l'Etat, ce compte est en sur liquidités.

Comme pour dire que l'Etat à des centaines d'astuces pour financer la SOGEB afin de récupérer 9 millions de dollars qu'il perd par an.

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