Congo-Kinshasa: Accord-cadre d'Addis-Abeba - Une nouvelle feuille de route avec des objectifs politiques et économiques

La Républiquue démocratique du Congo (RDC) a proposé la construction d'une vision stratégique commune pour aboutir à un véritable plan pour la paix dans le pays et la Région des Grands Lacs. Pour accompagner les efforts de pacification, elle a présenté des incitations économiques pour promouvoir des projets régionaux. Seule une économie régionale forte devrait avoir raison des dernières velléités guerrières.

Six ans après la signature de l'Accord-cadre d'Addis-Abeba pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région, il y a eu des avancées dans certains domaines mais le bilan global reste mitigé. En effet, l'est de la RDC est toujours en proie à des attaques meurtrières. « Diverses estimations font état de plusieurs dizaines de millions de morts parmi les innocents. Ça doit s'arrêter ! Nous devons y mettre un terme », a déclaré le coordonnateur du comité exécutif du Mécanisme national de suivi de ce texte, Claude Ibalanky Ekolomba, lors de l'ouverture de la conférence internationale des pays signataires dudit accord-cadre, le 27 septembre dernier à New-York. La rencontre s'est tenue en marge de la 74e session ordinaire de l'assemblée générale des Nations unies.

En présence du chef de l'Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et d'autres officiels congolais, dont les gouverneurs des provinces touchées, Claude Ibalanky Ekolomba a présenté une situation sécuritaire catastrophique dans cette partie du pays. « Des personnes issues des communautés locales et des pays étrangers s'organisent notamment en bandes armées pour terroriser les paisibles et innocents citoyens, pour exploiter et exporter illicitement et illégalement les ressources naturelles, surtout minières, et pour incendier aveuglement des villages entiers et exterminer leurs habitants. Souvent sans revendications politiques », a-t-il laissé entendre.

Selon lui, la paix ne peut passer que par des actions concrètes non seulement pour dissuader les forces négatives mais aussi pour déterrer les racines des violences. Nommé le 18 mars dernier par le chef de l'Etat, le patron du Mécanisme national de suivi a reçu la lourde mission de mettre en œuvre une nouvelle feuille de route qui comprend plusieurs objectifs importants, dont la lisibilité de l'engagement des parties signataires de l'Accord, la restauration et la consolidation de la paix dans l'est du pays et les opportunités d'investissements transfrontaliers au bénéfice de la région des Grands Lacs pour soutenir les efforts de pacification.

Si la question sécuritaire ne pouvait être éludée lors de cette rencontre, la RDC en a profité tout de même pour promouvoir les incitations économiques de la paix. « Cette conférence entend aussi mettre l'accent sur les investissements dans la perspective de la consolidation de la paix. Il s'agit particulièrement des investissements transfrontaliers qui concourent à l'intégration régionale », a souligné Claude Ibalanky. Le contexte politique congolais avec l'alternance démocratique et pacifique se prête bien à plus d'audace, se convainc-t-il. Il a appuyé totalement l'engagement du président de la République à s'investir dans la paix, la sécurité et la stabilité de la région. « Nous avons donc la responsabilité individuelle et collective, selon nos fonctions respectives, de marquer positivement notre temps et de contribuer significativement a la paix », a-t-il dit.

Rien ne peut freiner les efforts pour atteindre ces objectifs car, a-t-il conclu, « notre détermination peut faire avancer le processus de décision vers un soutien plus fort pour la paix en RDC et dans la région ». Ces travaux doivent baliser le terrain pour avancer dans le processus de paix dans la région.

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