Ile Maurice: Politique - Eleksion deryer laport!

La date des élections générales demeure un secret jalousement gardé. Mais deux scénarios se dessinent. Le Premier ministre pourrait choisir d'appeler les Mauriciens aux urnes avant le «ruling» dans l'affaire des coffres-forts. Ou alors, tenir le scrutin d'ici début décembre...

Les tractations se multiplient à l'Hôtel du gouvernement depuis peu. D'ailleurs, les nombreuses inaugurations, Bagatelle Dam hier, lundi 30 septembre, ou encore le métro dans quelques jours, font office de feel good factor sur lequel mise le gouvernement. Et à l'occasion de la Journée internationale des personnes âgées, qui a été célébrée au SVICC ce mardi 1er octobre, le Premier ministre a annoncé l'augmentation de la pension de vieillesse. D'ailleurs, pour pouvoir y être, il a choisi de renvoyer la séance parlementaire à mardi prochain...

Ce contexte pré-électoral est propice à diverses spéculations, y compris des fake news. Ainsi, pendant le week-end, les salles de rédaction ont été envahies par une énième rumeur: la tenue d'une réunion spéciale du Conseil des ministres hier. Des députés de la majorité, voire des ministres, recherchaient une confirmation. Après vérification, cette information s'est révélée fausse.

Ce qui est vrai, c'est que le Premier ministre, qui a préféré ne pas participer à la conférence de l'ONU à New York, a eu des consultations avec ses plus proches collaborateurs durant le week-end. Et la dissolution parlementaire ne devrait pas tarder.

Selon des sources du parti soleil et d'ailleurs, les élections générales devraient se tenir d'ici un mois et demi, soit vers la mi-novembre. Ou au plus tard début décembre. La suite qui se dessine, selon des observateurs politiques, est que les élections générales devraient se tenir rapidement. Peut-être même en un mois, comme en septembre 2000. Pravind Jugnauth jouerait une carte stratégique : ne pas donner le temps à ses adversaires de sceller des accords politiques.

L'affaire des coffres-forts

Au niveau du parti soleil, deux cas de figure sont étudiés : la tenue des législatives avant le ruling dans l'affaire des coffres-forts retrouvés chez Navin Ramgoolam, prévu le 15 novembre, ou alors quelque temps après, soit vers la mi-décembre. Si la première option est retenue, quand les élections pourraient-elles se faire ?

Dans les rangs du gouvernement, l'on avance avec insistance que le Parlement sera dissous à la fin de cette semaine ou au plus tard lundi prochain, soit à la veille de la reprise des travaux, prévue le 8 octobre. Un scénario qu'on a déjà vu en 2014 quand le président de la République d'alors, Kailash Purryag, avait dissous le Parlement le 6 octobre, soit la veille d'une séance parlementaire. Le Writ des élections pourrait être émis le même jour ou quelques jours après. La date du 25 octobre serait citée pour le Nomination Day.

Cela justifierait le renvoi des examens du Primary School Achivement Certificate (PSAC), prévus à partir du mardi 29 octobre. Les dates initiales étaient du 22 au 25 octobre. Si du côté du ministère de l'Éducation, on a justifié ce renvoi pour permettre aux candidats du PSAC d'avoir plus de temps pour la révision, aucun pédagogue n'est convaincu de ce raisonnement. «J'ai essayé d'obtenir des explications auprès du ministère de l'Éducation mais personne n'a pu justifier ce renvoi», disait le président de la Governement Teachers' Union, Vinod Seegum, à l'express.

Des sources concordantes des milieux éducatifs avancent qu'aucune activité ou tenue d'un quelconque évènement n'est prévue le 25 octobre. À l'époque, l'explication officieuse du ministère était liée à la mise en route du Metro Express, avec une éventuelle présence du Premier ministre indien, Narendra Modi. Désormais, cet argument ne tient plus.

La Commission électorale aurait alors entre 15 et 60 jours pour organiser les élections. Dans les milieux proches de l'Hôtel du gouvernement, la date du 13 novembre est citée si l'on adopte ce scénario. Ce qui n'est pas impossible, vu que les examens du School Certificate et du Higher School Certificate seront presque terminés dans la première semaine de novembre.

D'autres sources proches du parti soleil font remarquer qu'il est probable que le chef du gouvernement choisisse de braver le ruling dans l'affaire de Navin Ramgoolam et d'appeler les Mauriciens aux urnes le 24 novembre. Dans certains milieux du MSM, l'on avance que cette date aurait été mise en avant par des conseillers religieux. Et finalement, le début de décembre est également cité, notamment dans la fonction publique. En effet, dans les milieux de la police, le mot d'ordre a été donné : aucune demande de congé ne sera considérée... Personne, même au sein du MSM, ne croit plus à la partielle prévue à Piton-Rivière-du-Rempart. Son candidat, Vikash Nuckcheddy, est esseulé sur le terrain depuis le 17 août, jour du Nomination Day. Ce qui renforce la thèse que les élections générales devraient se tenir au plus tard le 8 décembre.

Des législatives entre 30 et 150 jours après la dissolution du parlement

Entre 30 et 150 jours pour la tenue d'élections générales. Une fois le Parlement dissous, le président de la République peut émettre le «writ» des élections le même jour mais il a un délai qui ne doit pas dépasser 55 jours. Quand ce «writ» est émis, le «Nomination Day» doit être organisé dans les 15 à 30 jours. Le jour du scrutin doit ensuite être fixé dans les 15 à 60 jours suivants. Donc, des élections générales peuvent être tenues entre 30 et 150 jours après la dissolution du Parlement.

Plusieurs routes sont réasphaltées

Comme c'est souvent le cas à la veille des élections générales, nombreuses sont les routes du pays qui sont réasphaltées ces jours-ci. Outre les collectivités locales, la National Development Unit dispose d'un important budget pour ces travaux. Si en juillet, ce département du bureau du Premier ministre avait environ Rs 350 millions pour ce poste de dépense, récemment il a reçu Rs 350 millions de plus toujours pour les routes. Cette somme sera investie dans plusieurs circonscriptions. Depuis quelques mois, celle de Piton-Rivière-du-Rempart est privilégiée. Une somme de Rs 20 millions a été injectée dans les travaux de réasphaltage. Mais avec les élections générales qui arrivent à grands pas, différents villes et villages sont concernés. Il nous revient qu'une partie des dons obtenus de l'Arabie saoudite pour l'aménagement de drains sera aussi utilisée pour les travaux routiers.

Vallée-Pitot: «Son domicile» converti en «base» à son insu

La photo parle d'elle-même. Une maison en dur située à la rue Alma, Vallée-Pitot, a été convertie en une «base politique» du Parti mauricien social-démocrate (PMSD). Celle qui se dit être la propriétaire des lieux, une femme âgée de 36 ans, allègue avoir découvert avec stupeur cette transformation. Elle en a alerté la police, hier. Celle-ci s'est rendue sur place et personne ne s'y trouvait. Contacté, le leader du PMSD, Xavier-Luc Duval, parle d'un mauvais tour de ses adversaires...

C'est la semaine dernière que la trentenaire a été surprise lorsqu'elle s'est rendue à la rue Alma. Cela, après deux ans d'absence. «J'habite temporairement chez mon père (NdlR, dans la même localité) car il nous faut rénover la maison sise à la rue Alma. Il fallait attendre que les démarches pour le prêt bancaire de mon époux aboutissent, avant d'entamer les travaux.»

Mais des gens ont enfoncé la porte de sa maison et l'occupent illégalement, déplore cette mère de famille. «Ils m'ont menacée. Maintenant, je ne peux accéder à ma maison», poursuit-elle. Brandissant un contrat, la trentenaire avance qu'elle est en mesure de prouver que la maison lui appartient de droit, en raison de son mariage sous le régime légal de communauté des biens, le 23 septembre 2003. Elle ajoute qu'elle est en présence d'un document du ministère du Logement et des Terres concernant le bail du terrain sur lequel la maison a été érigée.

Hier, l'express s'est rendu à la rue Alma. Sur place, se trouvait un jeune de 21 ans, qui soutient qu'il occupe cette maison depuis cinq ans. Il affirme avoir hérité de la maison qui appartenait à un de ses proches aujourd'hui décédé. La trentenaire qui dit être la propriétaire des lieux a alerté la police. Celle-ci s'est rendue sur place, mais le jeune homme ne s'y trouvait pas.

Sollicité, Xavier-Luc Duval, leader de l'opposition, a affirmé qu'il a interrogé les membres actifs de la circonscription n°2, Port-Louis Sud-Port-Louis Centre, à ce sujet et que ces derniers pensent que c'est peut-être un mauvais tour de leurs adversaires. Ils comptent enquêter aujourd'hui.

Rodrigues: les partis affûtent leurs armes

Les partis politiques rodriguais sont prêts à affronter l'électorat. Francisco François, député de l'Organisation du peuple de Rodrigues, croit que le Premier ministre dissoudra le Parlement en décembre. Même s'il le fait avant, il affirme être prêt. «C'est la démocratie. Le peuple votera celui qui a mieux travaillé et qui a été le plus souvent sur le terrain. Il est le seul juge», soutient-il. Ses adversaires principaux seront deux candidats du Mouvement rodriguais (MR) de Nicolas Von Mally. Celui-ci souligne d'ailleurs qu'il a déjà une liste de potentiels candidats. «Nous choisirons prochainement qui seront nos représentants à l'Assemblée nationale. Il y a déjà quelques noms que nous avons évoqués», dit-il. Le leader du MR ajoute que la campagne électorale est déjà lancée. «Il suffit de regarder la MBC à Maurice ou à Rodrigues. Toutes les indications montrent que ce sera en novembre», croit-il savoir. À ce stade, il est peu probable que le MR s'allie au Front patriotique rodriguais écologique de Johnson Roussety. L'ancien chef commissaire de Rodrigues préfère attendre la dissolution du Parlement pour organiser une série de réunions et de meetings. «Nous ne voulons pas trop fatiguer la population pour le moment, mais nous avons une idée de ce que nous ferons», précise-t-il. Les deux élus de la 21e circonscription sont Buisson Léopold et Francisco François.

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