Burkina Faso: Second tour présidentielle tunisienne - Pour Karoui ce sera toujours derrière les barreaux

Nabil Karoui reste dans la course, mais derrière les barreaux.

Ainsi en a décidé la Cour d'appel de Tunis qui a rejeté hier une nouvelle demande de mise en liberté provisoire introduite par les conseils de l'homme d'affaires.

Poursuivi depuis deux bonnes années pour blanchiment d'argent, évasion fiscale et fort opportunément incarcéré le 23 août 2019, à seulement quelques semaines du premier tour de l'élection présidentielle, le prisonnier avait tout de même réussi le tour de force de se qualifier au second tour. Un scénario inédit dans les annales de la politique tunisienne et même mondiale. Et les juristes s'arrachaient les cheveux pour savoir s'il devait même prendre part à la finale qui l'opposera le 13 novembre prochain à l'universitaire conservateur Kaïs Saied passé en tête du premier tour avec 18,40% des suffrages contre 15,58% à son adversaire.

Malgré ses multiples ennuis judiciaires et les demandes répétées de mise en liberté provisoire formulées par ses avocats, l'entrepreneur participera certes à la course à la magistrature suprême, mais du fond de sa cellule. Une situation qui va forcément biaiser la campagne du second tour, car si ses militants et sympathisants, au premier rang desquels son épouse, Salma Smaoui peuvent continuer de battre campagne sur le terrain, ce qu'ils ont fait avec succès jusque là, se pose néanmoins le problème de la participation du candidat « himself » au débat télévisé face à son adversaire. Mais quelle que soit la ferveur de ses partisans, la campagne de l'entre deux tours ne sera pas la même que si leur champion avait été libre de ses mouvements...

Il y a donc comme une certaine forme d'iniquité dans le match qui se prépare, même si celle-ci ne profitera pas forcément au camp adverse. Difficile, en effet, de connaître le comportement de l'électeur tunisien.

Alors, qui de l'exubérant Karoui ou de l'austère Saied aura la faveur des urnes ? Et si, malgré son handicap, le patron de Nessma TV, la première chaîne tunisienne, a déjà pu se hisser au second tour au coude à coude avec le meilleur score, il peut tout aussi bien rafler la mise dans quelques semaines, sa situation pouvant même susciter une certaine sympathie parmi une majorité d'électeurs persuadés à tort ou à raison que tout cela n'est que kabbale politicienne pour mettre des bâtons dans les roues du flamboyant quinquagénaire.

Mais on n'en est pas encore là !

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Plus de: L'Observateur Paalga

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