Sénégal: Année scolaire 2019-2020 - Kolda et Ziguinchor, les fausses notes d'une rentrée

C'est parti pour un objectif de 1296 heures réparties en trois semestres pour l'année scolaire 2019/2020. Conformément au décret 2019- 1363, relatif aux trimestres et à la durée des congés et vacances dans les établissements scolaires, le personnel enseignant a repris le chemin de l'école hier, mardi 1er octobre 2019, en attendant une rentrée des élèves prévue demain, jeudi 03 octobre, sur l'étendue du territoire sénégalais.

Les enseignants ont répondu présent dans la plupart des localités. Sauf qu'à Kolda et Ziguinchor où l'installation des abris provisoires dans certaines écoles et établissements risquent de plomber le démarrage effectif des cours le jour de la rentrée. A Saint-Louis et à Keur Massar (Dakar), les élèves sont invités à se rendre dans leurs écoles respectives.

KOLDA : Les enseignants ont répondu à l'appel

Le personnel enseignant a repris le chemin de l'école en nombre. En attendant l'arrivée des élèves dès demain, jeudi 3 octobre, la question des abris provisoires non encore réglée et certaines écoles transformées en mares naturelles restent une grande équation.

A Kolda, les enseignants ont répondu présents dans certaines écoles et établissements, à l'occasion du premier jour de rentrée hier, 1er octobre, de l'année scolaire 2019/2020. «C'est une mobilisation du personnel enseignant en ce jour de rentrée du personnel», donne le ton M. Sow du haut de ses 15 ans de service au Fouladou. Les enseignants sont allés en nombre dans les différents établissements, à l'image de l'école Sikilo Médina Cherif. M. Sané révèle que le personnel est présent à l'exception de deux absents notés. Le directeur a pointé du doigt «l'insuffisance des tables bancs», avant de rassurer que «cet impair de la rentrée ne peut empêcher le démarrage des cours». Mieux, indique-t-il, «il est prévu un conseil de rentrée pour remettre les différents documents et autres emplois du temps».

A l'école Franco Arabe de Gadapara, on retrouve le directeur et ses adjoints dans la cour. L'école a déjà reçu la visite de la communauté pour le désherbage. Pour un démarrage effectif des cours dès la rentrée, le président des parents d'élèves engage déjà une campagne de sensibilisation auprès de la communauté pour doter les enfants de fournitures scolaires et procéder à l'inscription de leurs progénitures. S'agissant des autres structures scolaires de Gadapara, les autorités sont déjà organisées pour dégager l'eau et aider à la reprise des études dans de meilleures conditions. Dans les collèges et lycées sans abri provisoire, il est attendu un démarrage normal des enseignements et apprentissages. Ce sera aussi le cas des écoles de la Tankanto escale. En revanche, les collèges de proximité qui enregistrent la présence d'abris provisoires, devront attendre quelques jours pour le démarrage des cours. L'installation des huttes ne sera possible après l'arrêt des pluies.

ZIGUINCHOR : Les écoles encore dans un «air de vacances»

Toutes les dispositions matérielles et pratiques sont prises pour un bon démarrage des cours. Les assurances sont des autorités académiques qui ont pu s'enquérir hier, mardi 1er octobre, de la situation sur la rentrée du personnel enseignant dans la circonscription académique de Ziguinchor. Des missions de supervisions envoyées dans différentes zones de la région ont permis d'apprécier la présence certes de quelques enseignants sur place mais aussi de mesurer certaines difficultés qui risquent de compromettre sérieusement l'effectivité de la rentrée dans quelques jours. «Nous avons envoyé des missions de supervisions partout pour s'assurer de l'effectivité de la présence des enseignants de la préparation des salles de classes, constater l'état réel dans lequel se trouvent les établissements et écoles pour pouvoir assurer un bon démarrage des enseignement apprentissages», a déclaré l'inspecteur d'Académie de Ziguinchor, Siaka Goudiaby.

Non sans relever les difficultés rencontrées avec le prolongement de l'hivernage. Certaines écoles encore sous l'emprise des eaux de pluies tardent à matérialiser le concept «école propre» pour accueillir les élèves mais aussi les enseignants qui ont brillé, par moment, dans certains établissements, par leur timide présence. La récente visite du ministre de l'Education nationale, Mamadou Talla, pour diagnostiquer le système et lancer la semaine nationale de la propreté à Ziguinchor, a permis une mobilisation même timide du personnel enseignant dans les écoles où souffle encore l'air des vacances.

En revanche, le personnel administratif est bien en place en présence des rares élèves qui sacrifient aux formalités d'inscription. Le patron de l'école à Ziguinchor déclare : «toutes les conditions sont réunies pour une bonne rentrée surtout que tous ont affiché leur bonne volonté de faire démarrer les cours dès le premier jour de la rentrée, conformément aux instructions nationales. Les différents acteurs (les APE, les chefs d'établissements les enseignant les élus, ... ) ont pris toutes les mesures. Et pour rationaliser et équilibrer les effectifs de nouveaux lycées ont été créés. Il s'agit du nouveau lycée de Kenya Diabir dans la commune de Ziguinchor, le lycée de Souda et le nouveau lycée de Koudioubé. De nouvelles créations qui permettront, selon M. Siaka Goudiaby, de rendre plus fluide le pilotage des structures scolaires au niveau du secondaire. En attendant le retour des élèves prévu ce mercredi, c'est une timide présence des enseignants qui est notée dans plusieurs écoles de Ziguinchor.

SAINT-LOUIS : Les enseignants à l'heure

Le 1er jour de la rentrée a été respecté hier, 1er octobre, par les enseignants et le personnel administratif qui se sont présentés dans leurs différents établissements scolaires. La plupart des écoles sont fin prêtes pour recevoir leurs élèves demain jeudi 3 octobre, jour de la rentrée des classes. Les enseignants et le personnel administratif, à leur tour, invitent les parents d'élèves à laisser leurs enfants aller à leurs écoles respectives, dès jeudi.

La porte grandement ouverte, les salles de classes fermées à l'exception du bureau de la directrice des lieux. Au milieu de la grande cour, des hommes et des femmes sont en pleine discussion après des retrouvailles. Nous sommes à l'école élémentaire François Mbaye Salzmann située au quartier de la Corniche. La rentrée des enseignants et du personnel administratif est bien effective. Ces derniers ont tous répondu présents. «Notre école est fin prête pour accueillir ce jeudi les élèves.

Toute la cour et aussi les salles de classes furent toutes nettoyées. Il n'y a rien qui puisse entraver la rentrée des classes. Ici, on peut dire que le concept "«Ubbi Téy, Jàng Tey» " sera réussi ", a laissé entendre Aïda Gueye Ndiaye, directrice de cette école élémentaire François Mbaye Salzmann. Ainsi, dans tous les autres établissements scolaires visités, la rentrée des enseignants et du personnel administratif a été effective. C'est le cas d'ailleurs pour l'école élémentaire Khayar Mbengue, ex-École des Fils de Chefs, le lycée Charles De Gaules et le lycée technique André Peytavin de Saint-Louis. Sur place, tous les acteurs ont invité les parents d'élèves à laisser leurs enfants aller à leurs écoles respectives le jour de la rentrée des classes.

DAKAR - KEUR MASSAR : En attendant les élèves !

A Keur Massar, précisément dans les écoles élémentaires Keur Massar2, Parcelles Assainies U 4, le Cours privée Sœur Gilbert Plus et au Cem de Keur Massar 2, la quasi-totalité du personnel est au rendez-vous dès 8 heures du matin. L'heure est déjà à la première réunion administrative. Pour les chefs d'établissements, le démarrage effectif des cours dépendra en partie de la mise en place de tables- bancs et de la disponibilité des fournitures

Hier, mardi 1er octobre 2019 marque officiellement la reprise du chemin de l'école pour les personnels enseignants du public comme du privé, sur toute l'étendue du territoire national, au titre de l'année scolaire 2019-2020. C'est le cas au Cem Keur Massar1 où malgré le décor marqué par la présence d'herbes touffues qui envahissent la cour de l'école, quelques enseignants assis devant la salle des professeurs discutent de façon très chaleureuse.

Le Principal du Collège recevait un à un des parents venus inscrire leurs enfants. Selon Monsieur Maguette Diaw, le chef d'établissement du Cem, «sur les 40 agents qui composent le personnel enseignant du Collège, les 30 sont déjà sur place». «Notre établissement compte au total 40 professeurs dont 26 hommes et 14 Dames ; pour l'essentiel», précise-til, «ils étaient tous là à 10 h avant le démarrage la réunion administrative». Abordant la question de la salubrité de l'établissement après les trois mois de vacances M. Diaw de rassurer : «nous avons aujourd'hui (hier, Ndlr) pris rendez-vous avec le service d'hygiène pour la désinfection des lieux pour un coût de 57 000FCfa que nous allons payer nous-mêmes, parce que la Mairie ne subventionne presque plus ces genres d'opérations». Abondant dans le même sens, la Principale du Cem Zone de Recasement, Madame Sokhena Fall Sene, renseigne que «le Corps professoral est bien suffisant et que tous ont répondu présents à la convocation pour la rentrée».

Et de poursuivre : «du côté de l'Administration, les listes et les emplois du temps sont disponibles, pour dire que tout est fin prêt pour le démarrage des cours dès le jeudi, soit deux jours après la rentrée». A l'école élémentaire Keur Massar 2, sur les 14 maitres, il n'a noté qu'une seule absence. «Nous sommes en réunion de rentrée, nous n'avons qu'une seule absente pour des raisons de congé de maladie depuis l'année dernière», selon Demba Ba, directeur de 'école Keur Massar2. Du côté des établissements privés, à l'image de Aiguillon et le Cours privée Sœur Gilberte Plus, deux établissements situés dans la même zone, ne sont également pas en reste. «Dans le cadre du respect du calendrier, nous avons tenu ce matin (hier, Ndlr), comme tous les autres établissements, à organiser la réunion administrative pour préparer le bon démarrage de l'année scolaire 2019/2020», soutient Madame Silvie, la chargée du Secrétariat de Sœur Gilberte Plus.

LES DIFFICULTES N'EN MANQUENT PAS

Ailleurs, certains chefs d'établissements égrènent plusieurs difficultés auxquelles ils se confrontent souvent pour le bon démarrage de l'année. Il s'agit, entre autres, de la présence des élèves, l'indisponibilité des fournitures scolaires à temps. «Il arrive le plus souvent que les personnels soient en place et que les potaches arrivent à l'école sans trouver le matériel», se désole Modou Dao, directeur de l'école PAU4. Profitant de notre présence, il invite les parents d'élèves à bien préparer leurs enfants au moins pour qu'ils puissent venir avec un stylo et cahier».

M. Diaw de déplorer un autre phénomène celui du suivi des élèves par les parents. Il souhaite du côté des parents qu'ils fassent tout pour que leurs enfants soient présents le jour de l'ouverture pour que le concept «Ubbi Téy, Jàng Tey» soit une réalité». Dans l'ensemble des établissements visités, le manque de tables-bancs constitue le mal le mieux partagé par tous. Dans la plupart des écoles, les responsables sont obligés de faire appel aux menuisiers du coin pour des réparations d'urgence. «Nous faisons face depuis des années à un énorme déficit de tables-bancs mais nous essayons de faire tout notre possible pour que les élèves puissent s'asseoir à deux», signale le principal du Cem Keur Massar1.

MBOUR : Un taux de rentrée entre 80 et 95%

Le début de l'année scolaire 2019- 2020 est effectif dans le département de Mbour. Les taux de présence du personnel enseignant ont atteint 95% pour l'enseignement préscolaire ; 92% pour l'élémentaire et 80% pour le moyen. Du reste, ces ratios sont assez révélateurs des mesures conservatoires de l'inspecteur d'éducation et de la formation de Mbour 1 demandant aux enseignants de sa zone de compétences de se présenter dès le 1er octobre pour être opérationnel demain lors de la rentrée des élèves. Un tour dans les établissements du département de Mbour présage d'un démarrage des cours dans la voie du concept "Ubbi tey jang tey ".

Ceci est à l'image des écoles ayant bénéficié de la semaine de la propreté ou bien ayant été entretenus par des mouvements comme Amdem "Agir avec Macky pour le développement de Mbour ". A son actif, dx mille kits scolaires ont été distribués dans le département de Mbour à des élèves, certaines écoles ont été désherbées, reboisées désinsectisées, dératisées et saupoudrées. Au bout du compte, les parents d'élèves parlent des fortunes diverses car toutes les écoles ne sont placées à la même enseigne pour démarrer demain les cours. Si certains parmi eux, parlent du «renchérissement du coût de la vie», d'autres évoquent le «manque de suivi de certaines directives». A leur en croire, «les écoles, chapelles et nos mosquées ne doivent plus être nettoyées lors de grandes fêtes mais au quotidien ou au plus par semaine».

Ils pointent du doigt le manque de promptitude des collectivités territoriales à définir des politiques visant à aller dans l'assistance des écoles au-delà du gardiennage et des fournitures à demander aux mouvements de jeunesse bénéficiant de subventions municipales ou départementales à s'investir dans les emblais des écoles, à les désherber et leur donner une couche de peinture. Des enseignants interrogés nous parlent en milieu rural de «la transformation des conditions difficiles en conditions favorables». Certains enseignants soutiennent une rentrée "différée" car bon nombre d'élèves sont encore dans les champs avec l'installation tardive de l'hivernage. Ainsi, à la période des récoltes, des absences dé début d'année scolaire sont à craindre.

DIOURBEL : L'IA exhorte les parents à être ferme avec leurs enfants pour une reprise effective des cours

L'inspecteur d'académie de Diourbel Seydou Sy a tiré un bilan satisfaisant de la rentrée du personnel enseignant. L'inspecteur d'académie de Diourbel a exhorté les parents à être ferme avec leurs enfants pour qu'ils rejoignent les classes des le premier jour de la rentrée scolaire prévue demain 3 octobre.

La rentrée scolaire du personnel enseignant est effective. L'inspecteur d'académie de Diourbel, Seydou Sy a expliqué que «le bilan de la reprise de service s'établit comme suit : il y a l'inspection départementale de l'éducation de Mbacké, une reprise du service de 98%, à l'Ief de Bambey 82% et à l'Ief de Diourbel 69%. Soit un taux de 74% pour l'ensemble du cycle élémentaire ». «En ce qui concerne l'enseignement moyen, nous sommes à un taux de 73%. Tous les établissements du moyen public ont été recensés et l'état des lieux a été fait. Au niveau des lycées, la reprise est à 83%. Cela montre que les enseignants ont repris service. Ceux qui ne l'ont pas fait, s'expliqueront auprès de leurs chefs d'établissements qui nous rendront compte.»

L'inspecteur d'académie de Diourbel déclare qu'on leur a signale quelques problèmes de toitures soulevées par des tornades dans le département de Diourbel et des cas d'écoles inondées au niveau de Bambey. «Nous espérons que les Cdd organisés permettront à ses écoles d'être fonctionnelles. L'inspecteur d'académie de Diourbel exhorte les parents à être ferme avec leurs enfants pour qu'ils viennent dès le premier jour de la rentrée à venir étudier. Et des instructions ont été données aux chefs d'établissements. «Si nous avons seulement deux élèves en classe, nous démarrerons les enseignements», a-til conclu.

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