Congo-Kinshasa: Infrastructures et énergie - Des clés d'un nouvel essor économique en RDC

Dans une tribune rendue publique le1er octobre, Koketso Lediga, juriste et directrice générale d'Infra-Afrika Advisory, organisation basée en Afrique du Sud, estime que pour la République démocratique du Congo (RDC), la poursuite d'une économie florissante est tout à fait à portée de main compte tenu de sa richesse en ressources naturelles qui pourraient lui permettre de contribuer à la croissance économique de l'Afrique et à l'approvisionnement mondial en matières premières telles que le cuivre.

Le nouveau gouvernement de la RDC, a indiqué l'experte, semble s'être engagé à exploiter ses ressources naturelles, comme en témoignent les nombreuses réformes sectorielles déjà mises en œuvre. « Les plus significatifs, à court et à long terme, sont le développement d'infrastructures d'investissement et les énergies renouvelables, les amendements à la législation sur les mines, le pétrole et le gaz, ainsi que sa participation à l'Initiative pour la transparence des industries extractives », fait savoir Koketso Lediga.

En ce qui concerne les infrastructures et l'énergie, rappelle-t-elle, la RDC a attiré l'attention mondiale grâce au plus grand projet hydroélectrique proposé au monde, connu sous le nom de projet Grand Inga, visant à générer environ 40 000 MW d'énergie à partir d'eau provenant de l'embouchure du fleuve Congo. « Cette quantité d'énergie peut répondre aux besoins d'une multitude de personnes à l'intérieur et au-delà des frontières de la RDC. Bien que ce magnifique projet en six phases ne soit pas devenu réalité, le pays est en train de créer des synergies pour améliorer ses infrastructures et assurer un approvisionnement énergétique durable et stable à ses citoyens », soutient la directrice générale d'Infra-Afrika Advisory.

Ainsi, note-t-elle, en mai dernier, le ministère de l'Energie et des ressources hydrauliques de la RDC et la multinationale des énergies propres, le groupe Hanergy Thin Film Power, ont signé un accord-cadre de partenariat stratégique pour une centrale solaire de 400 MV. « L'ajout de 400 MW sur le réseau contribuera grandement à réduire la pénurie d'électricité qui sévit dans certaines régions du pays. Le ministère a fait part de son engagement à respecter l'objectif initial du pays, à savoir électrifier à 65% d'ici à 2025. Cela contribuera évidemment beaucoup à la réalisation des objectifs de développement durable à l'horizon 2030 de l'accès universel à l'électricité », estime-t-elle.

Pour Koketso Lediga , la RDC devrait être félicitée pour avoir choisi de signer un accord-cadre en vue de la création d'un environnement permettant aux parties d'identifier leurs objectifs commerciaux communs. « Les avantages des accords-cadres ont été acceptés par un certain nombre d'avocats chevronnés. Duncan Wallace, membre du barreau britannique, estime que les accords-cadres peuvent être une motivation commerciale pour que les entrepreneurs se comportent de manière moins opportuniste lorsque des projets supplémentaires, tels que ceux découlant d'accords-cadres traditionnels, sont proposés », indique-t-elle.

Bien plus, renseigne la directrice générale d'Infra-Afrika Advisory, en juillet 2019, les gouvernements de la RDC, du Burundi et du Rwanda ont signé un accord pour la réalisation du projet hydroélectrique de Ruzizi III. « La structure proposée "Construire, posséder, exploiter, transférer (BOOT)" est avantageuse pour tous les pays, car une grande partie du risque revient au concessionnaire et minimise les coûts et la dette publique liés au développement des infrastructures et de l'énergie. En outre, ce partenariat public-privé, s'il est exécuté avec succès, améliorera sans aucun doute la vie de millions de personnes dans les trois pays », se convainc-t-elle.

Outre le développement dans le domaine des énergies renouvelables, poursuit Koketso Lediga, le pays a progressé dans le secteur des infrastructures, avec la nouvelle route de 34 km reliant directement la mine de cuivre Kamoa-Kakula, un projet minier en RDC et l'aéroport de Kolwezi . « Le projet achevé permettra la libre circulation des échanges commerciaux entre la RDC et la Zambie, car il servira à importer du matériel minier et des matériaux de construction, ainsi qu'à transporter des concentrés de cuivre. Compte tenu du lancement par l'Union africaine de la "phase opérationnelle" de la zone de libre-échange continentale africaine, les avantages économiques de ce corridor sont infinis », souligne la directrice générale d'Infra-Afrika Advisory.

Pour cette dernière, bien que la RDC occupe la 184e place (sur 190) dans le rapport Doing Business 2019 de la Banque mondiale, elle a beaucoup progressé dans l'instauration de la stabilité politique et l'amélioration de sa gouvernance pour ouvrir la voie à la croissance économique, au développement énergétique et au développement des infrastructures. Et par conséquent, créer un environnement propice aux investissements directs étrangers.

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